Re­lan­cer une pri­maire « de toute la gauche »

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. Cette idée s’était sol­dée à l’été par un échec cui­sant. Mais voi­là que les fron­deurs du PS, réunis à La Ro­chelle, la res­sus­citent. A n’y rien com­prendre !

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - La Ro­chelle (Cha­rente-Ma­ri­time) De notre en­voyée spé­ciale PAU­LINE THÉ­VE­NIAUD

DE­PUIS la ci­té ro­che­laise, le dé­pu­té PS de la Nièvre Ch­ris­tian Paul sonne « l’alerte rouge, le toc­sin ». C’est son « ap­pel du 10 sep­tembre ». Réunis ce week-end à La Ro­chelle (Cha­ren­teMa­ri­time) pour leurs jour­nées d’été, les fron­deurs du PS de­mandent à nou­veau l’or­ga­ni­sa­tion d’une pri­maire de toute la gauche, « sans ex­clu­sive ». Com­prendre : ras­sem­blant aus­si bien Jean-Luc Mé­len­chon que Fran­çois Hol­lande, les com­mu­nistes que les éco­lo­gistes. Pro­blème : les dis­cus­sions entre les dif­fé­rents concer­nés ont dé­jà eu lieu au prin­temps. Et se sont sol­dées par un constat d’échec ! Pas ques­tion pour les com­mu­nistes et les éco­lo­gistes de par­ti­ci- per à une pri­maire in­cluant Fran­çois Hol­lande, qu’ils se­raient donc contraints de sou­te­nir en cas de vic­toire. Quant à Jean-Luc Mé­len­chon, il n’était même pas des réunions du jeu­di à l’As­sem­blée na­tio­nale.

Bou­teille à la mer

« Au prin­temps, tout le monde pen­sait ti­rer son épingle du jeu. Or, au­jourd’hui, ce n’est le cas pour per­sonne. S’il y a une mul­ti­tude de can­di­dats, la gauche est ef­fa­cée du se­cond tour avant même que l’élec­tion ne com­mence. Pas un so­cia­liste, pas un homme de gauche ne peut dor­mir tran­quille », alerte le fron­deur Ch­ris­tian Paul, son­dages à l’ap­pui. Can­di­date à la pri­maire mais éga­le­ment in­quiète de cet « émiet­te­ment mor­ti­fère », Ma­rie-Noëlle Lie­ne­mann lui em­boîte le pas. Comme Be­noît Ha­mon, lui aus­si can­di­dat dé­cla­ré à la com­pé­ti­tion in­terne du PS. Voi­là pour les mots. Pour ce qui est de la réa­li­té… « Les condi­tions ne sont pas réunies, ne fai­sons pas comme si ce­la n’était pas le cas », ad­met un par­ti­ci­pant au week-end ro­che­lais, qui ap­pelle pour­tant de ses voeux la te­nue d’une telle pri­maire.

Pour­quoi, dès lors, re­lan­cer cette bou­teille à la mer ? Pour faire pres­sion sur Jean-Luc Mé­len­chon, qui s’est lan­cé en so­lo. Mais aus­si sur Ar­naud Mon­te­bourg, qui n’a tou­jours pas confir­mé sa par­ti­ci­pa­tion à la pri­maire du PS. Sur­tout, avance-ton à La Ro­chelle, « il est im­por­tant d’en­voyer à nou­veau ce mes­sage ». « Il faut dra­ma­ti­ser », ré­sume un proche de Mon­te­bourg. Un autre par­ti­ci­pant dé­crypte : « C’est pour pré­pa­rer la suite. Il faut mon­trer que l’on est ou­verts au ras­sem­ble­ment avant ou après la pri­maire. » Trans­mis aux po­ten­tiels al­liés. (@ Pau­li­ne_Th)

La Ro­chelle (Cha­rente-Ma­ri­time), hier. Le dé­pu­té PS de la Nièvre Ch­ris­tian Paul.

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