Le sanc­tuaire des élé­phants

PRE­MIÈRE. Dans le Li­mou­sin, un re­fuge pour pa­chy­dermes, unique en Eu­rope, doit bien­tôt voir le jour. En 2017, des mas­to­dontes re­trai­tés du cirque s’y ins­tal­le­ront.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Em­ma­nuel Dexet, maire de Bussière-Ga­lant FLO­RENCE MÉRÉO

ILS AVANCENT à pas de sou­ris. « Il y a beau­coup de dé­marches à faire : on n’ac­cueille pas des élé­phants comme on ac­cueille­rait des la­pins », éclate de rire So­fie Goet­ghe­beur. Avec To­ny Ve­rhul­st, son com­pa­gnon, cette an­cienne soi­gneuse au zoo d’An­vers, en Bel­gique, s’ap­prête à ou­vrir… la toute pre­mière mai­son de re­traite d’Eu­rope pour pa­chy­dermes ! Ele­phant Ha­ven (le re­fuge des élé­phants) pour­rait même hé­ber­ger ses deux pre­miers pen­sion­naires de poids dé­but 2017 sur un ter­rain de 30 ha si t ué dans l e vil l age de Bussière-Ga­lant, en Haute-Vienne. « Nous avons com­men­cé les tra­vaux de clô­ture cet été avec des bé­né­voles », re­prend So­fie.

Le maire de Bussière-Ga­lant, Em­ma­nuel Dexet, le pro­met : ce n’est pas parce qu’il est so­cia­liste qu’il se ré­jouit d’ajou­ter des élé­phants aux 1 4 0 0 â me s d e s a c o mmu n e . « A 60 ans, tout le monde a le droit à une re­traite mé­ri­tée ! Eux aus­si, plai­sante-t-il. Et ce­la va contri­buer à l’at­trac­ti­vi­té de Bussière. »

Les fu­turs hôtes se­ront es­sen­tiel­le­ment des re­trai­tés du cirque. « Il y a en­vi­ron 140 élé­phants dans des cirques en Eu­rope. Souvent, ils y meurent, mais ce ne sont pas les meilleures condi­tions. Les pays eu­ro­péens sont, qui plus est, en train de re­voir leur ré­gle­men­ta­tion con­cer­nant l’ex­hi­bi­tion d’ani­maux de cirque. Ici, on leur offre une so­lu­tion », note So­fie Goet­ghe­beur, en in­di­quant que le re­fuge au­ra la forme d’une as­so­cia­tion fi­nan­cée par des dons et au­ra vo­ca­tion à faire ve­nir du pu­blic.

Mais que peut bien faire un élé­phant à la re­traite ? « Comme tout le monde : il pro­fite de la tran­quilli­té et de l’es­pace, note la soi­gneuse. Nous vou­lions ça très grand pour qu’ils puissent se ca­cher et avoir des han­gars adap­tés », et ain­si prendre le temps de dé­gus­ter foin, branches, lé­gumes et fruits dont ils raffolent. Bref, cou­ler des jours heu­reux… jus­qu’à leur mort. « Quand un élé­phant meurt, la lé­gis­la­tion veut qu’il soit au­top­sié puis in­ci­né­ré. On n’en­terre pas un élé­phant dans son jar­din », rap­pelle Ro­dolphe De­lord, le di­rec­teur du Zoo­Parc de Beauval. Ici aus­si, la fa­mille va s’agran­dir. Quatre fe­melles vont bien­tôt ve­nir re­joindre M’Ka­li, N’Da­la, Lim­bo, Rungwe et Marge, 31 ans, la plus âgée.

« A 60 ans, tout le monde a le droit à une re­traite »

To­ny Ve­rhul­st a été soi­gneur d’ani­maux pen­dant plus de vingt ans. Son pro­jet de re­fuge pour élé­phants à la re­traite de­vrait abou­tir l’an­née pro­chaine.

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