« Il faut trou­ver son corps »

Mo­ha­med Ben­hel­lal,

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - P.É.

Sa convic­tion, Mo­ha­med Ben­hel­lal, frère de Ka­ri­ma, l’avait dé­jà for­gée il y a des an­nées : « Je sa­vais que [Kar­bal Dan­dou­ni] l’avait tuée. Je l’ai com­pris dès que j’ai ap­pris qu’il avait fait ren­trer sa deuxième épouse du Ma­roc en France avec les pa­piers de ma soeur. » Reste que les confes­sions de Kar­bal Dan­dou­ni l’ont to­ta­le­ment bou­le­ver­sé, lui et toute la fa­mille. « Sa­voir les condi­tions… Qu’elle au­rait été égor­gée, son corps cra­mé. C’est hor­rible… » Mo­ha­med Ben­hel­lal se dit per­du. Emu parce que le deuil de Ka­ri­ma, faute de corps, était jus­que­là im­pos­sible. « Il faut trou­ver son corps. Quand elle au­ra une tombe avec son nom, là je se­rai sou­la­gé », sou­pire-t-il. Mais sa ran­coeur, en­core à vif, tient à ces onze an­nées d’une âpre quête de vé­ri­té. Celles du dé­but d’abord, après la « dis­pa­ri­tion » de Ka­ri­ma, lorsque Mo­ha­med frap­pait en vain à toutes les portes. « Du­rant deux ans, per­sonne ne nous a crus. Et moi j’étais le frère qui fa­bule » , se sou­vient-il. Il y a eu celles en­suite, une fois Dan­dou­ni épin­glé par la jus­tice, des constantes dé­né­ga­tions de cet homme et du com­por­te­ment de ses proches. « Aux deux pro­cès, c’était le bal des men­songes et des amné­siques ! s’in­digne Mo­ha­med. Ils nous ont fait souf­frir. Jus­qu’à sa­lir la mé­moire de Ka­ri­ma. Jus­qu’à nous ac­cu­ser nous de l’avoir fait dis­pa­raître. » Mo­ha­med Ben­hel­lal le sait : les « aveux » de Dan­dou­ni doivent être mi­nu­tieu­se­ment vé­ri­fiés. Il y pressent tou­te­fois « une part de vé­ri­té ». « Main­te­nant, af­firme-t-il, j’ai confiance en la jus­tice ».

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