Pa­ris ne tourne plus rond

Ligue 1. PSG.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - DO­MI­NIQUE SÉ­VÉ­RAC

IL EST IM­POS­SIBLE de ju­ger un en­traî­neur au bout de quatre matchs de Ligue 1, cinq avec le Tro­phée des cham­pions. Im­pos­sible de dire si sa mé­thode va mar­cher ni quand. Pour le confort d’Unai Eme­ry, le plus tôt se­ra le mieux, mais dres­ser un bi­lan avant le 1er oc­tobre et la ré­cep­tion de Bor­deaux n’a pas de sens. Pa­ris au­ra alors dis­pu­té onze ren­cont res dont deux de Ligue des cham­pions, en par­tie suf­fi­sant pour prendre le pouls de ce nou­veau PSG. L’en­traî­neur n’est évi­dem­ment pas me­na­cé. Au club, on a conscience qu’il lui faut du temps pour réus­sir.

Eme­ry, le style in­vi­sible

En re­vanche, son tra­vail, ses choix, son coa­ching, ses com­po­si­tions s’ana­lysent. Force est de consta­ter que, pour l’ins­tant, peu com­prennent ce qu’il tente de mettre en place. Il n’y a au­cun fil conduc­teur chez lui. Per­sonne ne sait dans quel sys­tème il veut ins­tal­ler son équipe, mul­ti­pliant les ani­ma­tions. On ne connaît pas non plus sa hié­rar­chie. Le Basque s’est pris les pieds dans le ta­pis dès le mois d’août à Bas­tia, dé­cla­rant après la ren­contre que chez les gar­diens, entre Trapp et Areo­la, « il n’y a pas de n° 1 et de n° 2 ».

Thia­go Sil va, Mar­quin­hos, Au­rier, Ver­rat­ti, Di Ma­ria et Ca­va­ni s’ima­ginent dans le confort de ti­tu­laires in­dis­cu­tables. Pour le reste, c’est flou. Ma­tui­di s’est long­temps de­man­dé pour­quoi il ne com­men­çait pas une par­tie. Ra­biot a cru qu’il avait ga­gné sa place avant d’être pla­cé sur le banc contre Saint-Etienne. La ges­tion de Ben Ar­fa in­ter­pelle. « Tu as réus­si une sai­son for­mi­dable avec Nice. Tu vas mar­quer 25 buts cette sai­son avec le PSG », lui a confié Eme­ry au mo­ment de sa si­gna­ture. De­puis, il ne cesse de le cri­ti­quer pu­bli­que­ment, l’in­verse de ce qu’il convient de faire avec l’an­cien Lyon­nais, qui n’au­ra joué pour l’ins­tant que 45 mi­nutes à son poste de­puis le dé­but de sai­son, lors de la pre­mière pé­riode contre les Verts. Pen­dant ce temps-là, Eme­ry en­cense Ca­va­ni et reste muet sur Lu­cas, de plus en plus mé­diocre.

Des joueurs dé­bous­so­lés

Ch­ris­tophe Jal­let nous avait glis­sé un jour peu après l’ar­ri­vée de Car­lo An­ce­lot­ti et de son sa­pin de Noël : « On ne com­prend pas ce qu’il veut faire. » Il est pos­sible que la nou­velle mé­thode d’Eme­ry ne soit pas en­core as­si­mi­lée par son groupe. Les Pa­ri­siens semblent per­dus sur le ter­rain. Hor­mis le Tro­phée des cham­pions, le pres­sing a dis­pa­ru, la pro­fon­deur est qua­si in­trou­vable en Ligue 1 et la pro­messe d’un jeu ver­ti­cal res­semble pour l’ins­tant à une pro­messe élec­to­rale.

Le che­min em­prun­té par Eme­ry reste obs­cur, faute d’ex­pli­ca­tions et de ré­sul­tats concrets, mais il n’est pas ai­dé par des joueurs en mé­forme (Je­sé), en manque de re­pères ( Meu­nier, Je­sé en­core), trop souvent bles­sés (Pas­tore, Thia­go Sil­va) ou à peine re­ve­nus de sé­lec­tion. Mar­di vient la Ligue des cham­pions. Elle trans­cende le club de­puis quatre ans, ra­re­ment dé­ce­vant en phase de poules avant que les choses ne se com­pliquent en­suite. Contre Ar­se­nal, il ne fau­drait pas non plus que cet élan ait dis­pa­ru.

Parc des princes (Pa­ris), hier. Les Pa­ri­siens Je­sé, Lu­cas, Meu­nier et Ben Ar­fa (de haut en bas) ont tous été très dé­ce­vants face à Saint-Étienne.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.