« J’ai l’im­pres­sion qu’elle a lâ­ché l’af­faire »

Lau­rence, qui ne vote plus

Aujourd'hui en France - - FAIT DU JOUR -

QUAR­TIER DU BEAU-MA­RAIS

À l’heure de la sor­tie de l’école, au mi­lieu des tours du Beau­ma­rais, quar­tier po­pu­laire à une di­zaine de mi­nutes en voi­ture du centre-ville de Ca­lais, on ne se pas­sionne pas pour la po­li­tique. A l’image de Lau­rence, 27 ans, la plu­part des mères ve­nues ré­cu­pé­rer leurs bam­bins à l’heure du dé­jeu­ner, ne votent plus : « Ce­la ne sert à rien, on est tou­jours dé­çu. » Lau­rence l’af­firme tou­te­fois sans dé­tour, si elle avait glis­sé un bul­le­tin dans l’urne cette an­née, elle au­rait fait comme 70 % des élec­teurs de son quar­tier au se­cond tour de la pré­si­den­tielle : « J’au­rais vo­té Ma­rine Le Pen. C’est la seule qui parle de nos pro­blèmes. Ici, il y a trop d’im­mi­grés, trop de gens au chô­mage et per­sonne pour s’en oc­cu­per. De toute fa­çon, comme tout le monde fait bar­rage contre elle… » Le 3 mai, elle n’a pas re­gar­dé le dé­bat de l’entre-deux­tours : « C’est as­sez en­nuyeux comme émis­sion. »

Mais cinq mois après l’ac­ces­sion d’em­ma­nuel Ma­cron au pou­voir, elle veut tou­jours faire confiance à Ma­rine Le Pen : « Ce­la m’étonne qu’on ne l’en­tende pas plus. Je suis un peu dé­çue, parce qu’elle pour­rait faire bou­ger les choses. Mais j’ai l’im­pres­sion qu’elle a lâ­ché l’af­faire. »

Ca­lais, le 11 sep­tembre. Dans le quar­tier Beau-ma­rais, la pré­si­dente du FN est « la seule qui parle de nos pro­blèmes », as­sure une ma­man ve­nue cher­cher son fils à l’école.

Ca­lais (Pas-de-ca­lais), le 11 sep­tembre. Pour Fran­çoise, re­trai­tée de 67 ans, Ma­rine Le Pen « a dé­mon­tré qu’elle n’avait pas de sta­ture pré­si­den­tielle ».

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