Le cham­pagne de Jay-z vient de Chi­gny

Aujourd'hui en France - - 24 HEURES EN RÉGIONS - PAR MA­RIE BLANCHARDON

C’EST SANS au­cun doute la « suc­cess sto­ry » la plus mar­quante de ces der­nières an­nées dans le vi­gnoble cham­pe­nois. L’as­cen­sion ful­gu­rante d’une marque de cham­pagne qua­si in­con­nue jus­qu’à ce que le rap­peur de Brook­lyn Jay-z se l’ap­pro­prie. Et ce­la dans tous les sens du terme.

« Jay est très pas­sion­né par la marque. On a tra­vaillé main dans la main sur l’édi­tion des der­nières bou­teilles de blanc de noirs, sur la cou­leur de l’as de pique sur le fla­con. Il sait exac­te­ment ce qu’il veut : il a une per­cep­tion exacte de ce que doit être ce pro­duit », dé­taille Sé­bas­tien Bes­son, PDG d’ar­mand de Bri­gnac. Cette marque a été lan­cée en 2006 par la mai­son Cat­tier, une fa­mille de vi­gne­rons de­puis onze gé­né­ra­tions ins­tal­lée dans la pe­tite com­mune de Chi­gny-les-roses (Marne), au coeur de la mon­tagne de Reims.

Elle pos­sède plus de 30 ha de vignes au­tour du vil­lage. « Jay est le pro­prié­taire unique d’ar­mand de Bri­gnac de­puis 2014. Il en a ra­che­té en­tiè­re­ment les parts. Il a iden­ti­fié un ta­lent et a dé­ve­lop­pé un bu­si­ness là-des­sus », ré­sume Sé­bas­tien Bes­son. Une simple ap­pa­ri­tion dans un de ses clips a fait de ce cham­pagne le vin le plus bran­ché de la pla­nète « bling­bling ». Il faut dire que le fla­con, ha­billé de mé­tal do­ré brillant et d’un as de pique en guise de bla­son, ne passe pas in­aper­çu.

LA CU­VÉE S’EX­PORTE DANS PLUS DE 120 PAYS

Mais la star n’in­ter­vient ab­so­lu­ment pas dans le pro­ces­sus de fa­bri­ca­tion du breu­vage, un as­sem­blage de trois mil­lé­simes. C’est bien à Chi­gny-les-roses, à 27 m sous terre, dans des caves bien gar­dées der­rière une grille, que les bou­teilles sont éla­bo­rées et re­posent en­suite. Sur la qua­ran­taine d’em­ployés de la mai­son, dix-huit sont spé­cia­le­ment af­fec­tés à la cu­vée Ar­mand de Bri­gnac.

En quelques an­nées, la pro­duc­tion a bon­di, pas­sant de 20 000 à 100 000 bou­teilles. La cu­vée s’ex­porte au­jourd’hui outre-at­lan­tique à un prix moyen de 300 € mais éga­le­ment dans plus de 120 pays. Quant au rap­peur et à son épouse, Beyon­cé, ils ren­contrent ré­gu­liè­re­ment Jean-jacques Cat­tier et sa fa­mille, aux Etats-unis et même en France. Leur der­nière visite à Chi­gny re­monte à 2010. « C’est l’his­toire de deux fa­milles en somme, les Car­ter* et les Cat­tier, qui ont cha­cune des ob­jec­tifs à long terme. Jay m’a fait confiance pour faire du­rer cette marque pour ses en­fants et pe­tits-en­fants », as­sure Sé­bas­tien Bes­son. L’his­toire ne dit pas en­core si le rap­peur songe à ra­che­ter un vi­gnoble en Cham­pagne pour an­crer l’hé­ri­tage fa­mi­lial.

Chi­gny-les-roses (Marne), no­vembre 2014. Jean-jacques et Alexandre Cat­tier, pré­si­dents des Cham­pagnes Cat­tier, et les bou­teilles à l’as de pique, une cu­vée créée conjoin­te­ment avec le rap­peur Jay-z (en haut à droite), qui a ache­té l’en­tre­prise.

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