Le ma­laise Evra

Aujourd'hui en France - - LIGUE 1 FOOTBALL - PAR NOTRE COR­RES­PON­DANT CLÉ­MENT CHAILLOU À MAR­SEILLE (BOUCHES-DU-RHÔNE)

Les per­for­mances de l’an­cien ca­pi­taine des Bleus (36 ans) sont in­suf­fi­santes. Tout le monde le voit, sauf lui… Et ce­la em­bar­rasse L’OM.

IL AVAIT DÉ­BAR­QUÉ à la Com­man­de­rie un soir de jan­vier comme un ar­tiste sur scène, en­chaî­nant les bons mots et les dé­cla­ra­tions pleines d’ego. Neuf mois plus tard, Pa­trice Evra ne fait plus rire per­sonne à Mar­seille, où la blague de­vient un su­jet de cris­pa­tion. Jeu­di soir, contre Ko­nya­spor, il est le seul joueur de L’OM à avoir été di­rec­te­ment vi­sé par une ban­de­role : « Evra-le-bol. »

Ras-le-bol de ses per­for­mances, pour com­men­cer. Evra, 36 ans, de­vait être une so­lu­tion à gauche, il est au­jourd’hui un pro­blème. Dé­jà en dif­fi­cul­té lors de ses pre­miers mois en Pro­vence, le la­té­ral en­chaîne les pres­ta­tions in­di­gentes de­puis cet été. La der­nière en date, di­manche contre Rennes (3-1), a ul­cé­ré les sup­por­teurs. Pris de vi­tesse sur chaque ac­cé­lé­ra­tion, plus qu’ap­proxi­ma­tif dans le re­pli — on ne parle même pas de son ap­port of­fen­sif —, en re­tard dans les duels, Ton­ton Pat avait des jambes de pa­py.

Pour­tant, contre les Bre­tons, l’an­cien ca­pi­taine des Bleus a fi­ni la par­tie, à la dif­fé­rence de Sa­kai. Bé­né­fi­cie­rait-il d’un trai­te­ment de fa­veur, du fait de son CV et de son rôle dans le ves­tiaire ? « Per­sonne n’est ti­tu­laire in­dis­cu­table. Et sur la pre­mière pé­riode contre Rennes, tout le monde est à blâ­mer », s’est dé­fen­du Ru­di Gar­cia, en­voyant même un mes­sage : « Au bout d’un mo­ment, ceux qui ne sont pas per­for­mants ne pas, je ne re­garde ni l’âge ni le sta­tut. »

Pas sûr qu’evra l’ait en­ten­du. L’in­té­res­sé, et c’est son deuxième sou­ci, semble évo­luer dans un monde pa­ral­lèle, où l’au­to­cri­tique a dis­pa­ru. Dans une in­ter­view ac­cor­dée à « la Pro­vence » la se­maine pas­sée, il se di­sait « content » de son tra­vail et sûr de sa forme. « Je ne suis pas ve­nu pour jouer un match sur deux, as­sure-t-il, je n’ai pas l’âge pour faire ça. »

IL DÉ­NONCE LES « JALOUX » SUR LES RÉ­SEAUX SO­CIAUX

On le pointe du doigt, le dé­fen­seur ré­pond en évo­quant les Bleus et son pal­ma­rès, se montre en sueur sur les ré­seaux so­ciaux et dé­nonce les « jaloux », dans des vi­déos de plus en plus em­bar­ras­santes. Comme celle pos­tée lun­di, où il se fait fil­mer dis­tri­buant de la nour­ri­ture à des SDF. Cer­tains le sus­pectent d’avoir ain­si ten­té de dé­tour­ner l’at­ten­tion de sup­por­teurs écoeu­rés par la dé­faite de la veille. « C’est as­sez sur­pre­nant de voir que per­sonne au club ne lui dit rien, s’étonne à ce su­jet un con­seiller de joueur, il est en roue libre. »

Va-t-il s’ar­rê­ter, ou va-t-on l’ar­rê­ter ? En cou­lisses, le na­tif de Da­kar — en fin de contrat en juin — reste pour l’heure écou­té de ses par­te­naires et, dit-on, ap­pli­qué à l’en­traî­ne­joue­ront ment. « Pat est un cham­pion, et les grands cham­pions se re­lèvent tou­jours », veut croire Ru­di Gar­cia. Un homme pour­rait tou­te­fois pré­ci­pi­ter sa chute : Jor­dan Ama­vi. Re­cru­té cet été, l’ex-ni­çois, 23 ans, a en­fin pu se mon­trer contre Ko­nya­spor, avec un match so­lide à la clé. Le bon sens vou­drait qu’il soit de nou­veau ali­gné à Amiens, cet après-mi­di. « C’est au coach de faire son choix, mais je me sens très bien, et je suis à sa dis­po­si­tion », souf­flait Ama­vi jeu­di soir. Le mes­sage est en­voyé.

Pa­trice Evra est de plus en plus dis­cu­té dans et en de­hors du club.

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