Ma­soe, tou­jours au con­tact

Aujourd'hui en France - - SPORTS - PAR OLI­VIER FRAN­ÇOIS AVEC D.O.

Ce mi­di à Co­lombes, l’an­cien All Black se­ra au bord de la pe­louse par­mi le staff du Ra­cing 92. Un nou­veau rôle qu’il dé­couvre avec pas­sion.

LE CHEF EST LÀ. Pas très loin, juste de l’autre cô­té de la ligne blanche. C’est ras­su­rant. Croi­ser son re­gard suf­fit, par­fois, à re­trou­ver ses es­prits, même dans les mo­ments les plus durs. Ch­ris Ma­soe est un guide. Alors quand l’an­cien troi­sième ligne des All Blacks a fi­ni par rac­cro­cher ses cram­pons, à 38 ans, en fin de sai­son der­nière, Laurent Tra­vers et Laurent La­bit, les deux en­traî­neurs du Ra­cing 92, ont sai­si comme une au­baine son dé­sir de conti­nuer l’aven­ture au sein du staff. « Quatre mois avant mon der­nier match (NDLR : la de­mi-fi­nale de Top 14 contre Cler­mont), je suis al­lé voir les coachs, ra­conte Ma­soe. Je leur ai dit que ma vie, c’était le rug­by et que je ne me voyais pas faire autre chose. » Il s’en ex­cu­se­rait presque, d’un pe­tit sou­rire dis­cret qui tranche sin­gu­liè­re­ment avec la boule de muscles au vi­sage fer­mé qui a fait tant de ra­vages sur tous les ter­rains du monde.

IL AP­PORTE SA FRAέCHEUR ET SON EN­THOU­SIASME

Ch­ris Ma­soe vient donc com­plé­ter un staff plé­tho­rique com­po­sé de Tra­vers et La­bit, Ro­nan O’ga­ra, leur ad­joint char­gé des bu­teurs et de la dé­fense, et Pa­tri­cio No­rie­ga, consul­tant pour la mê­lée. « Mon rôle, c’est de tra­vailler le fran­chis­se­ment des rucks, les contacts, les pla­qua- ges, ex­plique Ma­soe. C’est dif­fi­cile de com­man­der des mecs avec qui je jouais il y a quelques mois et qui sont mes co­pains, mais c’est mon chal­lenge. »

Après quatre ans à Castres, trois à Tou­lon et deux chez les Ciel et Blanc, le voi­là en­ga­gé au sein du club fran­ci­lien jus­qu’en 2019. « La vie me plaît, ici, sou­ligne-t-il. Et j’ai une en­tière confiance en To­to et Lo­lo, que je connais de­puis Castres. On es­saie de trans­po­ser un peu l’es­prit des All Blacks au Ra­cing. Sous le maillot noir, il y a des Sa­moans, des Fid­jiens, des Ton­guiens, des Néo-zé­lan­dais, des cultures très dif­fé­rentes mais tout le monde parle le même lan­gage et re­garde dans la même di­rec­tion. Le but est de créer la même chose ici. La sai­son pas­sée a été ter­rible avec toutes ces af­faires ex­tra­spor­tives. Nous nous sommes re­trou­vés dans un tour­billon mé­dia­tique mais au­jourd’hui, tout ça, c’est du pas­sé et on peut construire de nou­veau. »

Son au­ra suf­fi­ra-t-elle ce­pen­dant à re­do­rer le bla­son du cham­pion de France 2016 ? « Il fau­dra voir sur la du­rée, es­time Laurent Tra­vers. Il ap­porte de la fraî­cheur, de l’en­thou­siasme et des idées, que des choses po­si­tives, et c’est ce que l’on re­cherche. » Ma­soe, lui, peut conti­nuer à vivre dans son sport. Il s’ap­prête même à en­fi­ler le maillot d’an­to­ny (Fé­dé­rale 2). « Pour m’amu­ser le di­manche », dit-il. Fi­na­le­ment, ce qui l’in­trigue le plus, c’est de de­ve­nir pa­pa, dans un mois. Pas sur le ter­rain mais pour de vrai.

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