Comment Ma­cron veut mar­cher sur Pa­ris

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PAR NATHALIE SCHUCK (AVEC M.-A.G.)

Les élec­tions mu­ni­ci­pales n’au­ront lieu qu’en 2020, voire en 2021, et pour­tant la ba­taille de Pa­ris est dé­jà dans tous les es­prits. “LE PRÉ­SIDENT VA FAIRE LE BOA CONSTRICTOR. IL VA CÂLINER HI­DAL­GO ET SE RAP­PRO­CHER D’ELLE POUR FAIRE EX­PLO­SER SA MA­JO­RI­TÉ. UN PROCHE D’ANNE HI­DAL­GO

« J’AI FAIT 35 % au pre­mier tour de la pré­si­den­tielle à Pa­ris (NDLR : en tête avec 34,83 %), c’est pour nous ! » ré­pète Em­ma­nuel Ma­cron en pe­tit co­mi­té. Le pré­sident ne s’en cache pas, il veut mettre la main sur la ca­pi­tale lors des pro­chaines mu­ni­ci­pales de 2020… ou 2021 si l’exé­cu­tif dé­cide d’en dé­ca­ler la date.

« Il veut prendre Pa­ris et étouf­fer Hi­dal­go », se dé­lecte un fi­dèle du chef de l’etat. Sa stra­té­gie face à la maire de Pa­ris, avec qui il a souvent eu des ex­pli­ca­tions mus­clées ? Celle de l’étouf­feur ot­to­man. « Ma­cron va faire le boa constrictor. Il va la câliner et se rap­pro­cher d’elle pour faire ex­plo­ser sa ma­jo­ri­té à la mai­rie et que les com­mu­nistes la lâchent », dé­crypte un proche d’hi­dal­go. « On n’a au­cun in­té­rêt à l’at­ta­quer sur les bagnoles. Ce qu’elle fait va dans le sens de l’his­toire », convient un ma­cro­niste.

LES AM­BI­TIONS BOURGEONNENT

En coulisses, si per­sonne n’est ou­ver­te­ment can­di­dat, les am­bi­tions com­mencent tou­te­fois à fleu­rir au sein de LREM. A com­men­cer par celles du mé­dia­tique se­cré­taire d’etat Ben­ja­min Gri­veaux. « Le voir s’afficher avec le maire de Londres Sadiq Khan, fran­che­ment… » iro­nise l’un de ses « amis » po­li­tiques. Dans l’en­tou­rage de Ma­cron, une autre fi­gure ob­serve de très près ce scru­tin : Hugues Ren­son, dé­pu­té du XVE ar­ron­dis­se­ment et vice-pré­sident de l’as­sem­blée, qui a pour atout d’être un proche de Jacques Chi­rac, illustre an­cien maire de Pa­ris. Dans son bu­reau au Pa­lais-bour­bon, l’homme montre vo­lon­tiers les Mé­moires dé­di­ca­cées de Chi­rac, qui lui avait don­né un pe­tit sur­nom af­fec­tueux du temps où il était son conseiller à l’ely­sée : Bar­bi­chu.

Alors qui de Gri­veaux ou Ren­son em­por­te­ra la mise ? A ce stade, pas ques­tion de pri­maires, le pré­sident les a en sainte hor­reur. Et les deux hommes ont com­pris qu’il ne fal­lait sur­tout pas ou­vrir de guerre fra­tri­cide, dont la droite pa­ri­sienne est cou­tu­mière. Se­lon nos in­for­ma­tions, ils se sont ren­con­trés lun­di pour scel­ler un pacte de non-agres­sion. Gri­veaux pour­rait être ex­fil­tré de la ca­pi­tale et ap­pe­lé à di­ri­ger le parti LREM, qui se cherche un lea­deur. « Et le parti n’a pas vo­ca­tion à s’oc­cu­per que de Pa­ris », lâche un ma­cro­niste à titre d’aver­tis­se­ment. Se­lon plu­sieurs sources, Em­ma­nuel Ma­cron ver­rait, en outre, d’un mau­vais oeil les ap­pé­tits de Gri­veaux. « Il trouve qu’il com­mence à prendre la grosse tête », lâche un proche. Reste, en­fin, l’op­tion d’en­voyer un mi­nistre au front.

Dans cette ba­taille, le mou­ve­ment du pré­sident bénéficie d’un atout : l’ab­sence de can­di­dat de poids qui fasse l’una­ni­mi­té à droite (lire ci-dessous).

Le se­cré­taire d’etat Ben­ja­min Gri­veaux ai­me­rait conqué­rir Pa­ris. Un ap­pé­tit qu’em­ma­nuel Ma­cron bien dé­ci­dé à choi­sir le bon can­di­dat pour mettre la main sur la ca­pi­tale, ver­rait d’un mau­vais oeil. Hugues Ren­son dé­pu­té du XVE ar­ron­dis­se­ment, est aus­si sur les rangs.

(ici à l’ho­tel de Ville après son élec­tion),

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