O’ga­ra, l’autre gar­dien du temple

Aujourd'hui en France - - RUGBY COUPE D'EUROPE - PAR OLI­VIER FRAN­ÇOIS (AVEC D.O.)

L’an­cien ou­vreur du XV d’ir­lande joue un rôle im­por­tant au sein du staff du Ra­cing 92 qui af­fronte Lei­ces­ter cet après-mi­di à Co­lombes.

DU TEMPS où il jouait sous le maillot du Muns­ter et de l’équipe d’ir­lande (128 sé­lec­tions), il n’y avait pas meilleur que lui pour ta­per dans les coins.

Son coup de pied était lé­gen­daire. Au­jourd’hui, à 40 ans, Ro­nan O’ga­ra, an­cien mo­nu­ment à l’ou­ver­ture de­ve­nu en­traî­neur-ad­joint du Ra­cing 92 ne cherche pas à ar­ron­dir les angles. « D’ac­cord, je dis quand les choses ne vont pas mais je sais aus­si sou­li­gner quand ça va bien, sou­ligne-t-il. C’est mon tra­vail, il faut tout re­gar­der en face. » Pas de faux-fuyant avec lui. Entre les murs du centre d’en­traî­ne­ment du Ples­sis-ro­bin­son (Hauts-de-seine), il a poin­té ces der­niers jours les fai­blesses de son équipe, en manque de confiance au mo­ment de re­ce­voir les An­glais de Lei­ces­ter pour son en­trée dans la Coupe d’eu­rope, cet après-mi­di à Co­lombes.

« IL NOUS A PER­MIS DE COM­PRENDRE LA CULTURE AN­GLO-SAXONNE » LAURENT LABIT, CO­EN­TRAέNEUR DU RA­CING 92

« Nous ne sa­vons pas tuer les matchs, c’est le pro­blème et ça ne peut pas conti­nuer, tonne-til. Vous ima­gi­nez si on perd contre Lei­ces­ter avant d’al­ler au Muns­ter ? La com­pé­ti­tion se­rait dé­jà pra­ti­que­ment ter­mi­née pour nous. »

Alors, il a par­lé haut et fort, dans le sillage des ma­na­geurs Laurent Tra­vers et Laurent Labit. De­puis son ar­ri­vée chez les Ciel et Blanc en 2013, le rôle de Ro­nan O’ga­ra, à qui il reste deux ans de contrat, n’a pas ces­sé de gran­dir. Ve­nu pour s’oc­cu­per des bu­teurs et du jeu au pied, il a très vite pris en charge l’en­semble du sec­teur dé­fen­sif. « Son évo­lu­tion a été na­tu­relle, ex­plique Laurent Labit. Quand nous avons re­pris l’équipe avec Laurent (NDLR : Tra­vers, co­en­traî­neur), nous avons vou­lu in­té­grer quel­qu’un dans le staff qui nous per­met­trait de nous re­mettre en ques­tion car ce­la fai­sait dix ans que nous ne fonc­tion­nions qu’à deux. Ro­nan est un pas­sion­né, très exi­geant, très poin­tu. Il fait les choses à fond. On voit le ré­sul­tat de son tra­vail. Il nous a aus­si per­mis de com­prendre la culture an­glo-saxonne. »

O’ga­ra a en­suite été re­joint dans le staff par Pa­tri­cio No­rie­ga, spé­cia­liste de la mê­lée, et Ch­ris Ma­soe cette sai­son, pour les rucks. « Cha­cun est concen­tré sur sa tâche, pré­cise l’ir­lan­dais, père de cinq en­fants. Ça marche bien entre nous. Nous avons connu beau­coup de sou­cis l’an­née pas­sée (NDLR : une suc­ces­sion d’af­faires extrasportives) mais nous ne pou­vons pas prendre ça comme ex­cuse. Pour moi, seuls les pro­blèmes de san­té sont im­por­tants, quand ils touchent les joueurs ou leurs proches. Si­non, le reste, ce n’est ja­mais grave. » Même la der­nière his­toire, le cha­hut mus­clé et al­coo­li­sé à la sor­tie d’une boîte de nuit pa­ri­sienne entre les pi­liers fran­ci­liens Afa­tia et Ta­mei­fu­na qui a conduit ce der­nier au poste de po­lice il y a deux se­maines, ne l’émeut pas.

« Le monde est de­ve­nu comme ça, souffle-t-il. Dès que l’on fait quelque chose, ça se re­trouve dans la presse. Il y a des ca­mé­ras par­tout. Les joueurs font des er­reurs, d’ac­cord, mais qui ne s’est ja­mais trom­pé ? L’es­sen­tiel, pour l’image du Ra­cing, c’est de ga­gner des matchs. » A com­men­cer par Lei­ces­ter.

TA­BLEAU DE BORD

DÈS QUE L’ON FAIT QUELQUE CHOSE, ÇA SE RE­TROUVE DANS LA PRESSE

RO­NAN O’GA­RA, EN­TRAέNEUR AD­JOINT DU RA­CING À PRO­POS DES AF­FAIRES EXTRASPORTIVES

Stade Ar­man­die (Agen), le 2 sep­tembre. Ar­ri­vé au club en 2013 pour s’oc­cu­per des bu­teurs et du jeu au pied, Ro­nan O’ga­ra a aus­si en charge le sec­teur of­fen­sif des Ciel et Blanc.

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