« Des cri­tiques, j’en en­ten­drai tou­jours »

Aujourd'hui en France - - SPORTS - PAR ÉRIC MI­CHEL

le cham­pion olym­pique des poids lourds, dis­pute ce soir au Zé­nith de Pa­ris son deuxième com­bat pro­fes­sion­nel. Il parle de sa pa­ter­ni­té et ré­pond aux cri­tiques sur ses ad­ver­saires, ju­gés trop faibles.

LA CONQUÊTE du titre de cham­pion du monde de To­ny Yo­ka passe par l’amé­ri­cain Jo­na­than Rice (30 ans, 2,02 m, 118 kg), ce soir, dans une salle pa­ri­sienne qui af­fi­che­ra com­plet. An­cien ac­teur de sé­rie B, agent im­mo­bi­lier et bas­ket­teur, Rice (10 com­bats ; 7 V, 1 N, 2 D) pré­sente un pro­fil plus sé­rieux que Tra­vis Clark, le­pre­mier ad­ver­saire du Fran­çais en juin. Yo­ka l’avait en­voyé au ta­pis au bout du deuxième round. Un com­bat cri­ti­qué car ju­gé trop fa­cile. De­ve­nu père en août, le cham­pion olym­pique pré­tend prendre un risque im­por­tant avec cette deuxième confron­ta­tion. ni­veau, la pre­mière per­sonne pour qui il boxe, c’est lui-même.

Pour­quoi l’avez-vous pré­nom­mé Ali ?

En ré­fé­rence à Mo­ha­med Ali, qui était toute mon en­fance. J’ai com­men­cé la boxe car mon père était fan de lui. C’est un clin d’oeil à ce grand cham­pion.

De­puis sa nais­sance, vous êtes par­ti seul à San Fran­cis­co. Comment l’avez-vous gé­ré ?

C’était dur. Pour le pre­mier com­bat, j’avais lais­sé Es­telle. Cette fois, j’ai lais­sé ma femme et mon fils. J’au­rais vou­lu être là, voir comment il com­mence à sou­rire, à ou­vrir les yeux. Seule­ment, je sais qu’il me faut faire des sa­cri­fices pour al­ler là où je veux.

Quel genre de père êtes-vous ?

Il n’a que 2 mois : il ne com­mu­nique pas en­core. Il com­mence à me sou­rire. Es­telle parle beau­coup avec lui. Moi pas ! Je me dis qu’il ne me com­prend pas. (Rires.) Je suis en re­vanche très tac­tile. plus lourd que moi. Il est sur­tout mieux clas­sé : je suis 140e mon­dial, lui est 98e. On mise tou­jours plus haut pour en­trer dans le top 100. Ça va être plus com­pli­qué que le pre­mier com­bat. Je prends un risque bien plus im­por­tant cette fois-ci.

Votre pre­mier com­bat n’était-il pas trop fa­cile ?

Non. C’était un pre­mier com­bat pro. Nous sommes 1 500 boxeurs poids lourds dans le clas­se­ment mon­dial. Tra­vis Clark était 300e, ce qui en lais­sait 1 200 der­rière. Si j’avais ga­gné aux points, on au­rait dit : « Il n’est même pas ca­pable de battre le 300e mon­dial. » Comme je l’ai bat­tu ra­pi­de­ment, on dit qu’il n’était pas as­sez fort. Des cri­tiques, j’en en­ten­drai tou­jours. C’est pas grave.

Que ré­pon­dez-vous à ces cri­tiques ?

Je vois le cô­té po­si­tif : si je gagne vite, c’est que je suis bien meilleur et que je peux as­pi­rer à plus. On cri­ti­que­ra for­cé­ment si je gagne vite en­core une fois. Si c’est plus dur, on di­ra : « Re­garde, il veut ta­per Jo­shua (NDLR : le cham­pion du monde an­glais) et il n’est même pas ca­pable de battre ce­lui-là. » C’est comme ça. Les Jeux de Pa­ris 2024 font-ils par­tie de votre plan de car­rière ?

Ce se­ra un ob­jec­tif, un truc qui n’a ja­mais été fait. Si ma car­rière pro me le per­met, j’ai­me­rais dé­fendre les cou­leurs de la France à Pa­ris pour ai­der notre pays à avoir le plus de mé­dailles pos­sible et re­don­ner au pu­blic fran­çais ce qu’il m’a of­fert au Bré­sil. Rio a chan­gé ma vie. Votre jeune frère Vic­tor y se­ra-t-il aus­si ?

En 2024, à part moi, on pour­rait avoir trois autres Yo­ka : mon frère Vic­tor qui au­ra 26 ans, mon frère Axel qui en au­ra 24 et ma pe­tite soeur (Shan­non)

qui en au­ra 23. Quatre Yo­ka, ce se­rait beau­coup, mais avec Es­telle, avant Rio,, on se di­sait : « Deux mé­dailles d’or, c’est beau­coup ! » On les a eues quand même, alors on ne sait ja­mais…

Vin­cennes, mar­di. To­ny Yo­ka a pré­pa­ré à l’in­sep son deuxième com­bat pro.

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