Les ha­bits neufs de Sens com­mun

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PAR VA­LÉ­RIE HACOT CH­RIS­TOPHE BILLAN

La dé­mis­sion de Ch­ris­tophe Billan, qui avait évo­qué une « plate-forme » com­mune avec Ma­rion Ma­ré­chal-le Pen, va fa­ci­li­ter la fin de la cam­pagne de Laurent Wau­quiez.

C’EST UNE dé­mis­sion qui va dans le bon sens pour les Ré­pu­bli­cains et pour… Laurent Wau­quiez. Ch­ris­tophe Billan a an­non­cé hier dans les co­lonnes du « Fi­ga­ro » qu’il quit­tait la pré­si­dence de Sens com­mun, l’éma­na­tion de la Ma­nif pour tous au sein des Ré­pu­bli­cains. Une dé­ci­sion prise un mois après la po­lé­mique sus­ci­tée par ses pro­pos sur la pos­si­bi­li­té d’une « plate-forme » com­mune avec Ma­rion Ma­ré­chal-le Pen.

« Tant que je reste un point de cris­pa­tion, Sens com­mun ne peut pas rem­plir sa fonc­tion qui est de pe­ser sur le dé­bat des idées. Il faut que l’on sorte de cette es­pèce de pro­cès sta­li­nien, de cette tem­pête dont le but est de ré­duire au si­lence Sens com­mun », ex­plique Billan. Il est vrai que sa dé­cla­ra­tion fra­cas­sante avait sus­ci­té un vé­ri­table tol­lé : Ch­ris­tian Es­tro­si, Gé­rard Lar­cher, Jeanf­ran­çois Co­pé… de nom­breuses voix s’étaient éle­vées pour ré­cla­mer son ex­clu­sion, quand ce n’était pas celle de Sens com­mun en gé­né­ral.

Si l’in­di­gna­tion est aus­si forte, c’est aus­si qu’elle est mon­tée en épingle par les op­po­sants de Wau­quiez, qui a le sou­tien de l’as­so­cia­tion très conser­va­trice. Le dé­part de Billan re­tire donc une épine dans le pied des di­ri­geants du par­ti, à peine re­mis du feuille­ton de l’ex­clu­sion des Cons­truc­tifs et des mi­nistres LR de Ma­cron. Et c’est éga­le­ment une bonne nou­velle pour le fa­vo­ri dans la course à la pré­si­dence du par­ti. Ch­ris­tophe Billan ris­quait en ef­fet de de­ve­nir bien en­com­brant pour Wau­quiez, qui mar­tèle que toute al­liance avec le FN est une « ligne rouge » à ne pas fran­chir. « Sa seule pré­oc­cu­pa­tion, sans vou­loir s’in­gé­rer dans la gou­ver­nance de Sens com­mun, c’est de s’as­su­rer que ce mou­ve­ment n’a en rien la vo­lon­té de tra­vailler avec le FN », ex­plique son di­rec­teur de cam­pagne, Geof­froy Di­dier. « Cette dé­mis­sion em­pêche l’in­cen­die de se propager », constate un té­nor LR.

Reste que Ma­de­leine de Jes­sey la rem­pla­çante — par in­té­rim — de Ch­ris­tophe Billan à la tête de Sens com­mun n’a peut-être pas le pro­fil idéal pour cal­mer le jeu.

IN­TER­VIEW CROI­SÉE AVEC… MA­RION MA­RÉ­CHAL-LE PEN

L’an­née der­nière, elle avait dé­frayé la chro­nique en ac­cor­dant une in­ter­view croi­sée avec… Ma­rion Ma­ré­challe Pen. Les deux jeunes femmes se connaissent d’ailleurs très bien, puis­qu’elles ont toutes deux fait leurs études à l’ins­ti­tu­tion Saint-pie-x à Saint-cloud (Hauts-de-seine).

De quoi don­ner du grain à moudre aux ad­ver­saires de Sens com­mun et in­quié­ter un des fon­da­teurs de l’as­so­cia­tion, Sé­bas­tien Pi­lard, qui est aus­si dans la garde rap­pro­chée de Wau­quiez. Hier soir, il a en­voyé un mail aux membres du mou­ve­ment pour ré­cla­mer une « gou­ver­nance col­lec­tive » à la tête de Sens com­mun.

Cirque d’hi­ver, Pa­ris (XIE), le 21 sep­tembre 2016. Ma­de­leine de Jes­sey, ici au mee­ting de sou­tien à Fran­çois Fillon à l’élec­tion pré­si­den­tielle, prend pro­vi­soi­re­ment la tête de Sens com­mun.

Ch­ris­tophe Billan.

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