La Bre­tagne s’in­té­resse au sucre de bet­te­rave bio

Aujourd'hui en France - - EN RÉGIONS 24 HEURES - PAR NO­RA MO­REAU

Le re­tour de la culture de la bet­te­rave dans la ré­gion pour­rait per­mettre une pro­duc­tion de plu­sieurs mil­liers de tonnes à l’ho­ri­zon 2020.

D’ICI À 2020, la Bre­tagne pour­rait être en me­sure de pro­duire du sucre de bet­te­rave bio. A l’heure où la con­som­ma­tion fran­çaise dé­pend en grande par­tie de la pro­duc­tion des DROM-COM, le re­nou­veau de cette culture s’ex­pé­ri­mente dans tous les dé­par­te­ments bre­tons, mais aus­si en Pays de la Loire. Ber­nard Ca­no, un pro­duc­teur qui s’est in­té­res­sé à la trans­for­ma­tion de cé­réales bio et no­tam­ment à la re­lance de la culture du sar­ra­sin, est à l’ori­gine de Breizh Su­kr, pro­jet de su­cre­rie bio qui pour­rait voir le jour d’ici deux ans, dans la ré­gion de Pontivy (Mor­bi­han). L’idée, à terme, est d’être au­to­nome et donc ca­pable d’en pro­duire lo­ca­le­ment. « Ber­nard Ca­no re­cher­chait des pro­duc­teurs pou­vant s’as­so­cier au pro­jet et nous a contac­tés à la ren­trée », ex­plique Jean-luc Gi­teau, res­pon­sable d’équipe en sys­tèmes de culture et agro­bio­lo­gie au sein de la chambre d’agri­cul­ture de Bre­tagne. L’ob­jec­tif est de ras­sem­bler un cer­tain nombre de pro­duc­teurs ou d’éle­veurs dans l’ouest afin de tes­ter sur de pe­tites par­celles, pour le mo­ment, la culture de ce type de bet­te­rave, aban­don­née de­puis des dé­cen­nies sur le ter­ri­toire.

DES TESTS EN COURS

« Des tests de fai­sa­bi­li­té se font ac­tuel­le­ment aux quatre coins de la Bre­tagne, glisse Jean-luc Gi­teau. Et le pé­ri­mètre s’est même agran­di ; les Pays de la Loire semblent aus­si ren­trer dans le pro­jet. » Ce que ce­la peut chan­ger pour les agri­cul­teurs as­so­ciés au pro­jet ? « Une ou­ver­ture en termes de di­ver­si­fi­ca­tion et avoir l’op­por­tu­ni­té d’ex­pé­ri­men­ter autre chose. » En Bre­tagne, une par­tie im­por­tante de l’ac­ti­vi­té agri­cole est consa­crée aux plantes four­ra­gères. « His­to­ri­que­ment, c’est la culture de la bet­te­rave four­ra­gère qui se fai­sait beau­coup en Bre­tagne », ajoute Ch­ris­tèle Bu­rel, co­or­di­na­trice de la chambre d’agri­cul­ture du Mor­bi­han. « Comme dans les Hauts-de-france, les sols et le cli­mat sont pro­pices à ce type de culture. Le vrai pro­blème, c’est la main-d’oeuvre. Il y en a trois fois moins qu’il y a qua­rante ans. Et ce genre de culture est ex­trê­me­ment tech­nique et dif­fi­cile. » No­tam­ment le désher­bage, par­ti­cu­liè­re­ment exi­geant. « Pour le mo­ment, on en est à un iti­né­raire tech­nique qui puisse te­nir la route, ajoute Ch­ris­tèle Bu­rel. D’au­tant que le bio est le pi­lier de l’agri­cul­ture de de­main. » Les tests conti­nuent et des se­mis sont dis­tri­bués aux agri­cul­teurs as­so­ciés au pro­jet Breizh Su­kr.

L’éta­blis­se­ment d’un consor­tium, struc­ture qui im­pli­que­rait dif­fé­rents par­te­naires fi­nan­ciers pour sou­te­nir l’ini­tia­tive, est vi­sé. Se­lon « le Té­lé­gramme », la fu­ture su­cre­rie pour­rait pro­duire, à terme, près de 15 000 t de sucre par an.

Saint-thé­gon­nec (Fi­nis­tère), juillet der­nier. Un es­sai de culture de bet­te­rave bio est me­né sur cette par­celle dans le cadre du pro­jet Breizh Su­kr.

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