Toutes les vies de

GIA­CO­MET­TI

Aujourd'hui en France - - JEUX -

On ré­duit trop Al­ber­to Gia­co­met­ti (1901-1966) à ses fi­gures fi­li­formes en­trées dans l’his­toire. Le mu­sée Maillol à Pa­ris en ex­pose de splen­dides, mais re­vient sur le par­cours d’un sculp­teur is­su d’une dy­nas­tie d’ar­tistes et qui sa­vait mo­de­ler avec vir­tuo­si­té dès ses 13 ans, quand il sculpte la tête de son frère, comme on le constate dans la pre­mière salle. Sa pé­riode sur­réa­liste est pas­sion­nante. Il peint aus­si sur ses plâtres, comme ceux re­pré­sen­tant sa com­pagne An­nette, au vi­sage sen­suel et plein. Une phrase ré­sume son amour de la fi­gure : « Mais l’aven­ture, la grande aven­ture, c’est de voir sur­gir quelque chose d’in­con­nu chaque jour, dans le même vi­sage. Ça vaut tous les voyages au­tour du monde. » « L’homme qui marche », ou ces femmes de­bout, d’une no­blesse de reines — il s’ins­pire de pros­ti­tuées —, montre sa pas­sion pour le mou­ve­ment, l’ex­pres­sion, la di­gni­té et la splen­deur hu­maine au-de­là de tout a prio­ri so­cial. Gia­co­met­ti ma­gni­fie le moindre signe de vie.

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