Nou­veau vote à hauts risques pour An­ge­la Mer­kel

Aujourd'hui en France - - LA UNE - PAR NI­CO­LAS BERROD

d’an­ge­la Mer­kel pour­rait se pour­suivre au­jourd’hui. En Ba­vière, les conser­va­teurs de la CSU risquent d’ob­te­nir un score his­to­ri­que­ment bas aux élec­tions ré­gio­nales (33 % se­lon les son­dages, soit 15 points de moins qu’en 2013). Le « par­ti frère » de la CDU, di­ri­gé par la chan­ce­lière, de­vrait souf­frir dans son fief ba­va­rois de la forte mon­tée du par­ti d’ex­trême droite AFD (Al­ter­na­tive pour l’al­le­magne, don­né à 10 %) et des Verts (19 %).

Du coup, de plus en plus de cadres conser­va­teurs dé­fient la chan­ce­lière, qui di­rige le par­ti de­puis 2000 et a « ap- pe­lé tout le monde à ces­ser les cha­maille­ries ». Pour son der­nier mee­ting de cam­pagne ven­dre­di soir, quelques jours après la fin de l’ok­to­ber­fest (la Fête de la bière), la CSU a aban­don­né la tra­di­tion d’in­vi­ter An­ge­la Mer­kel et lui a pré­fé­ré le chan­ce­lier de l’au­triche, qui gou­verne son pays avec l’ex­trême droite.

Sous les ac­cla­ma­tions des mi­li­tants en te­nue tra­di­tion­nelle et chope de bière à la main, le jeune Se­bas­tian Kurz a fus­ti­gé une Eu­rope qui « perd le contrôle » de ses fron­tières. Cette stra­té­gie droi­tière de la CSU vise à ré­duire la per­cée de l’afd qui a no­tam­ment fait cam­pagne sur l’im­mi­gra­tion, dé­non­çant le sup­po­sé laxisme de la chan­ce­lière qui a ou­vert les portes de l’al­le­magne à un mil­lion de ré­fu­giés en 2015 et 2016. De­puis, Mer­kel et ses al­liés lo­caux de la CSU ont dur­ci le ton sur ce su­jet.

« Mais ceux qui veulent du ra­di­ca­lisme de droite pré­fèrent l’ori­gi­nal à la co­pie », dit Bé­né­dicte Lau­mond, cher­cheuse en sciences po­li­tiques, spé­cia­liste de l’al­le­magne. Avec cette stra­té­gie, la CSU a aus­si pris le risque de perdre son élec­to­rat le plus mo­dé­ré. En té­moigne la per­cée des Verts. L’AFD avait dé­jà don­né du fil à re­tordre à la chan­ce­lière après les élec­tions de sep­tembre 2017 : 94 dé­pu­tés du par­ti avaient été élus — une pre­mière his­to­rique. Mer­kel avait dû né­go­cier pen­dant six mois pour for­mer un gou­ver­ne­ment avec, d’un cô­té, les so­ciaux-dé­mo­crates et, de l’autre, son par­te­naire his­to­rique de la CSU. L’équi­libre s’est ré­vé­lé fra­gile et a failli se bri­ser au dé­but de l’été lorsque Horst See­ho­fer, le mi­nistre de l’in­té­rieur is­su de la CSU, avait me­na­cé de cla­quer la porte si la chan­ce­lière n’était pas plus ferme sur l’im­mi­gra­tion.

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