« On vit au mi­lieu des ca­fards et des arai­gnées »

Ma­thias Echène dé­crit des condi­tions de dé­ten­tion dif­fi­ciles.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE -

APRÈS SEPT MOIS dans un centre de ré­ten­tion sans voir le jour, Ma­thias Echène est dé­sor­mais in­car­cé­ré dans une pri­son ba­li­naise. « Nous dor­mons à 5 dans une cel­lule de 12 m2, dé­crit-il. Heu­reu­se­ment, on a le droit de sor­tir pen­dant la jour­née. L’am­biance est pai­sible, il n’y a pas d’agres­sion. »

Les condi­tions de dé­ten­tion sont mal­gré tout ex­trê­me­ment dif­fi­ciles. « L’hy­giène est dé­plo­rable, on vit au mi­lieu des ca­fards et des arai­gnées et la nour­ri­ture est un hor­rible glou­bi-boul­ga, dé­taille l’en­tre­pre­neur, joint par té­lé­phone. Une amie vient ré­gu­liè­re­ment m’ap­por­ter des fruits et des lé­gumes pour amé­lio­rer l’or­di­naire. »

Pour s’oc­cu­per, Ma­thias Echène in­gur­gite des livres à haute dose. Il s’en­tend éga­le­ment très bien avec An­tho­ny Lam­bert, un étu­diant fran­çais condam­né l’an der­nier à cinq ans de pri­son pour avoir pos­sé­dé 14 g de can­na­bis et qui est dé­te­nu dans la même pri­son.

AU­CUNE DATE DE SOR­TIE

Les avo­cats de l’homme d’af­faires s’in­quiètent sur­tout pour sa san­té. « Je souffre d’aryth­mie et, se­lon le car­dio­logue, je de­vrais être en per­ma­nence à cô­té d’un dé­fi­bril­la­teur. Ce n’est pas le cas, re­late-t-il cal­me­ment. Mais de son propre aveu, c’est psy­cho­lo­gi­que­ment que la si­tua­tion est la plus dif­fi­cile : « Quinze mois sans voir mes en­fants, c’est in­sup­por­table. C’est d’au­tant plus com­pli­qué que je ne sais ab­so­lu­ment quand je vais me sor­tir de cette si­tua­tion. Si je m’en sors un jour. »

T.B.

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