Doigts pour Ca­mille »

Les joueurs sud-afri­cains re­pré­sentent le plus grand contin­gent d’étran­gers dans le Top 14.

Aujourd'hui en France - - RUGBY -

La Fé­dé­ra­tion fran­çaise a an­non­cé un dé­fi­cit net pour l’exer­cice 20172018 de 7,35 M€, lié « aux évé­ne­ments ex­cep­tion­nels », comme l’ar­rêt du pro­jet de nou­veau stade, le li­cen­cie­ment du sé­lec­tion­neur Guy No­vès, l’or­ga­ni­sa­tion du Mon­dial des moins de 20 ans et les in­ves­tis­se­ments pour la can­di­da­ture à la Coupe du monde 2023.

Le nombre de vic­toires, en 8 ren­contres, de Jacques Bru­nel, le sé­lec­tion­neur, de­puis son ar­ri­vée à la tête des Bleus il y a dix mois. Le der­nier suc­cès re­monte au 10 mars contre l’an­gle­terre (22-16).

La der­nière vic­toire des Bleus contre l’afrique du Sud re­monte à neuf ans, le 13 no­vembre 2009 à Tou­louse (20-13). De­puis, le XV de France s’est in­cli­né à six re­prises. VAN DER MERWE, Du Ples­sis, Steyn… Ces noms ve­nus d’afrique du Sud ont tel­le­ment fleu­ri sur les pe­louses de l’hexa­gone ces der­nières sai­sons que le pays des Spring­boks re­pré­sente au­jourd’hui le plus grand contin­gent étran­ger. Cin­quante Su­da­fri­cains évo­luent en Top 14 dont l’ai­lier tou­lou­sain Ches­lin Kolbe rem­pla­çant ce soir. Sur les 227 joueurs qui n’ont pas la na­tio­na­li­té fran­çaise, on compte aus­si 42 Néo-zé­lan­dais, 29 Fid­jiens et 22 Aus­tra­liens.

Cette pré­do­mi­nance s’ex­plique. Les clubs, en­ga­gés dans une course à l’ar­me­ment que le sa­la­ry cap ne semble pas ar­rê­ter, puisent al­lè­gre­ment dans ce ré­ser­voir géant, le plus grand en termes de joueurs de haut ni­veau. « Les rug­by­men sud-afri­cains ont des pro­fils que l’on ne ren­contre pas ailleurs, pré­cise Mi­guel Fer­nan­dez, agent spor­tif, co­di­rec­teur de CSM France.

CER­TAINS ONT PRIS LA NA­TIO­NA­LI­TÉ FRAN­ÇAISE

Ils pré­sentent des mor­pho­types dont les équipes fran­çaises ont be­soin : des joueurs grands, puis­sants. » Si, de leur cô­té, les Sud-afri­cains sont pous­sés à émi­grer, c’est d’abord en rai­son de la nou­velle po­li­tique des quo­tas de leur fé­dé­ra­tion. Dans ce sport his­to­ri­que­ment ré­ser­vé aux Blancs, l’ar­ri­vée de joueurs de cou­leur im­po­sés dans les clubs (le but est de par­ve­nir à 50 % dans toutes les équipes de cham­pion­nat) a pous­sé les Blancs à l’exode.

Comme en plus, con­trai­re­ment aux Néo-zé­lan­dais, leur fé­dé­ra­tion leur per­met d’évo­luer dans leur équipe na­tio­nale même s’ils sont ex­pa­triés, les Su­da­fri­cains cherchent des terres d’asile. Pour­quoi la France ? « La si­tua­tion éco­no­mique y fait beau­coup, ajoute Mi­guel Fer­nan­dez. Ils se sentent bien et ils ap­pré­cient le fonc­tion­ne­ment de la Sé­cu­ri­té so­ciale, des hô­pi­taux, de la po­lice. »

Au point que cer­tains d’entre eux, comme le Ra­cing­man Ber­nard Le Roux ou le Cas­trais Scott Sped­ding, fi­nissent par prendre la na­tio­na­li­té fran­çaise et por­ter le maillot bleu. « Cette dy­na­mique va s’ar­rê­ter car les clubs fran­çais sont sou­mis à la loi des Jiff (NDLR : joueurs is­sus des fi­lières de for­ma­tion), re­prend l’agent. Le re­cru­te­ment se­ra bien­tôt plus qua­li­ta­tif que quan­ti­ta­tif. »

O.F. AVEC D.O.

Stade de France (Saint-de­nis), le 18 mars 2017. La der­nière ap­pa­ri­tion de Ca­mille Lo­pez (vic­time d’un pla­quage haut) avec le XV de France re­monte au match contre le pays de Galles dans le Tour­noi des Six Na­tions.

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