Hau­rus mis en exa­men dans une nou­velle affaire

Aujourd'hui en France - - LA UNE - PAR JEAN-MI­CHEL DÉCUGIS ET JÉ­RÉ­MIE PHAM-LÊ

L’ex-agent la DGSI est soup­çon­né d’avoir ven­du des in­for­ma­tions sen­sibles ayant ser­vi à fa­ci­li­ter des as­sas­si­nats à Mar­seille. Il a été lais­sé libre sous contrôle ju­di­ciaire à l’is­sue de sa garde à vue.

HAU­RUS échappe à la case pri­son. Dé­jà pour­sui­vi pour avoir ven­du des in­for­ma­tions confi­den­tielles ti­rées des fi­chiers de po­lice sur le Dark­net, l’an­cien po­li­cier de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI) sur­nom­mé Hau­rus a été mis en exa­men ven­dre­di soir pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs cri­mi­nelle » et « cor­rup­tion pas­sive » dans une nou­velle affaire liée à des rè­gle­ments de comptes à Mar­seille (Bouches-du-rhône). En re­vanche, contrai­re­ment aux avis du par­quet et du juge d’ins­truc­tion, ce bri­ga­dier de 34 ans n’a pas été écroué et a été li­bé­ré sous contrôle ju­di­ciaire à l’is­sue de sa garde à vue.

Les en­quê­teurs de la PJ de Mar­seille soup­çonnent que cer­taines in­for­ma­tions com­mer­cia­li­sées par Hau­rus aient pu fa­ci­li­ter des as­sas­si­nats dans la ci­té pho­céenne. Un in­ter­mé­diaire connu de la jus­tice, Ch­ris­tophe N., éga­le­ment mis en exa­men ven­dre­di mais avec pla­ce­ment en dé­ten­tion pro­vi­soire, lui avait en ef­fet com­man­dé sur la plate-forme Black­hand au cours de l’an­née 2018 di­vers ren­sei­gne­ments sur des gros voyous mar­seillais liés no­tam­ment au tra­fic de stu­pé­fiants : états ci­vils, adresses, re­le­vés té­lé­pho­niques…

Sus­pen­du de la po­lice, il at­tend son pro­cès

En tant qu’en­quê­teur en ter­ro­risme à la DGSI, Hau­rus pou­vait consul­ter tous les fi­chiers liés aux iden­ti­tés, im­ma­tri­cu­la­tion, an­té­cé­dents ju­di­ciaires et même ef­fec­tuer des ré­qui­si­tions aux opé­ra­teurs pour ob­te­nir des géo­lo­ca­li­sa­tions de té­lé­phones por­tables. Par­mi les cibles fi­gu­rait Jean-louis Gri­mau­do, fi­gure mon­tante du ban­di­tisme mar­seillais, tué au ka­lach­ni­kov à Mar­seille huit jours après des re­cherches ef­fec­tuées par le bri­ga­dier de la DGSI. Les po­li­ciers soup­çonnent éga­le­ment que des in­for­ma­tions ache­tées à Hau­rus soient tom­bées entre les mains des tueurs de la fa­mille Tir, très connue à Mar­seille.

L’an­cien bri­ga­dier de la DGSI, qui a été sus­pen­du de la po­lice et at­tend son pro­cès dans le vo­let gé­né­ral sur son bu­si­ness sur le Dark­net, a tou­jours plai­dé qu’il igno­rait à qui étaient trans­mis ses pré­cieux ren­sei­gne­ments et à quelles fins ils étaient des­ti­nés, ne connais­sant ses clients que par des pseu­do­nymes. Contac­té, son avo­cat, Me Yas­sine Bouz­rou, n’a pas sou­hai­té faire de com­men­taires.

Mar­seille (Bou­ches­du-rhône), le 5 avril 2018. Jean-louis Gri­mau­do a été tué huit jours après des re­cherches ef­fec­tuées par Hau­rus.

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