Mea culpa

Auto Moto - - EDITORIAL - PAR C. BOU­LAIN

Une mo­to­ri­sa­tion élec­trique, mais au­cun pro­blème d’au­to­no­mie. Une struc­ture lé­gère, mais pas un gramme d’alu­mi­nium. Et un ha­bi­tacle épu­ré, mo­derne et connec­té, mais jo­li, bien fa­bri­qué et luxueux. Avec des per­for­mances suf­fi­santes, com­pre­nez suf­fi­santes pour prendre du plai­sir au vo­lant, c’était jus­qu’il y a peu ma dé­fi­ni­tion de la voi­ture du fu­tur, de mon idéal au­to­mo­bile des an­nées 2020. De­puis, j’ai es­sayé la BMW i3... qui est tout ce­la à la fois. Et je dois le confes­ser, j’en suis tom­bé amou­reux. Pour­tant, les dif­fé­rents pro­to­types dé­voi­lés par BMW ne m’avaient fait au­cun ef­fet. Ou pas grand-chose. Je les avais ran­gés dans la ca­té­go­rie “vi­sion ca­ri­ca­tu­rale d’un ave­nir au­to­mo­bile en­nuyeux”. Parce que toutes les pro­po­si­tions de vé­hi­cules élec­triques à pro­lon­ga­teur d’au­to­no­mie n’étaient pas si convain­cantes que ce­la, parce qu’une voi­ture en car­bone abor­dable ne pou­vait pas vrai­ment exis­ter, parce que BMW avait ou­blié, se­lon moi, de se re­mettre en ques­tion de­puis des an­nées. Jeune, j’avais été “fan” des mo­dèles or­nés de la fa­meuse hé­lice blanc et bleu. Des voi­tures comme des mo­tos. Mais ré­cem­ment, la marque ba­va­roise m’avait sem­blé s’oublier, à dé­voi­ler des voi­tures tou­jours plus grandes, plus grosses, mo­to­ri­sées par des die­sels tou­jours plus sobres. Qu’il était triste de se dire que les meilleurs mo­teurs n’étaient plus fa­bri­qués en Ba­vière, que les ber­lines les plus spor­tives bat­taient pa­villon en­ne­mi. Que la créa­ti­vi­té, c’était dé­pas­sé. Et puis il y a eu cette i3. On m’avait bien pré­ve­nu, mis en garde. Ce n’était pas suf­fi­sant. Pen­dant tout ce temps, BMW ne mou­rait pas. Pen­dant tout ce temps, BMW tra­vaillait à ça ! Au diable les car­ros­se­ries en alu­mi­nium, au diable les pe­tites hy­brides, re­char­geables ou pas. Toutes ces étapes in­ter­mé­diaires ont été grillées pour ar­ri­ver d’un bond à la meilleure so­lu­tion. Dès les pre­mières se­condes à bord, on com­prend la dé­marche, la vo­lon­té de tout ré­in­ven­ter, de l’er­go­no­mie du poste de pi­lo­tage au de­si­gn du mo­bi­lier. On n’est plus dans une voi­ture, on est dans le fu­tur. Et l’im­pres­sion ne nous quitte plus dès que l’on se dé­place. Ou­bliez le verbe rou­ler, ap­pre­nez à conju­guer dé­pla­cer. C’est tel­le­ment plus mo­derne, tel­le­ment plus ro­man­tique, tel­le­ment plus i3. J’en en­tends dé­jà ron­chon­ner sur son ta­rif, pré­ten­du­ment hors de prix. Pour­tant, la meilleure voi­ture pour à peine plus de 30 000 €, c’est ca­deau. Je n’écri­rai pas souvent ça d’une BMW. Re­trou­vez le mode d’em­ploi pour lire nos com­plé­ments vi­déo page 8

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