Breaks com­pacts de charge et de charme

308 SW / OC­TA­VIA COM­BI

Auto Moto - - SOMMAIRE - PAR N. BRIOUZE, PHO­TOS L. LA­COSTE

Chez Peu­geot, on a le res­pect des tra­di­tions. Par­mi celles-ci fi­gure en bonne place la culture du break. Ain­si, cette se­conde gé­né­ra­tion de 308 SW est la sep­tième d’une li­gnée dont les ori­gines re­montent à 1965 avec la 204. Mais ce n’est pas uni­que­ment par conser­va­tisme que le Lion aime ce genre de car­ros­se­rie. Il re­pré­sente près de 30 % des ventes de 308 sur cer­tains mar­chés eu­ro­péens. Mar­ché eu­ro­péen do­mi­né par la Sko­da Oc­ta­via Com­bi. Une confron­ta­tion s’im­po­sait.

Vivre

D’ha­bi­tude, le client po­ten­tiel de ce genre de voi­ture com­mence par re­gar- der le coffre. Mais avec cette 308 SW, il fe­ra peut- être la vi­site à re­bours. Et pour cause, iden­tique à celle de la ber­line, la planche de bord épu­rée du break fran­çais, pom­peu­se­ment bap­ti­sée i-Cockpit, vaut le dé­tour. Mi­nus­cule vo­lant, bloc comp­teurs en po­si­tion haute et re­pous­sé vers le pa­reb­rise, dans le champ de vi­sion, et grand écran mul­ti­mé­dia tac­tile do­mi­nant la con­sole cen­trale, à por­tée de main, c’est épu­ré et sur­tout très no­va­teur. Si l’on y ajoute une très bonne er­go­no­mie mal­gré – ou grâce à – un nombre de bou­tons ré­duit

Avec 33 cm de plus que la ber­line, la 308 SW se rap­proche de la grande Oc­ta­via

à l’ex­trême et une pré­sen­ta­tion très soi­gnée, il y a de quoi cra­quer. En tout cas plus que pour le poste de conduite de l’Oc­ta­via qui, en com­pa­rai­son, montre un clas­si­cisme presque désuet.

Mais, aus­si élé­gante que soit la mise de ces breaks, on n’omet­tra en au­cun cas de leur de­man­der d’être des bonnes à tout faire. Al­lon­gée de 11 cm en em­pat­te­ment et de 22 cm en porte-à-faux ar­rière, soit au to­tal 33 cm de plus que la ber­line, ce SW ri­va­lise avec l’Oc­ta­via Com­bi, qui fit long­temps ré­fé­rence dans le seg­ment. Si cette der­nière conserve l’avan­tage d’être plus spa­cieuse pour les pas­sa­gers ar­rière, la Peu­geot fait jeu égal en volume de char­ge­ment à cinq oc­cu­pants avec

610 litres. Pour avoir plus, il faut pas­ser au lu­dos­pace ! Mais en volume cargo avec ses dos­siers 40/60 ra­bat­tus, grâce à sa lon­gueur su­pé­rieure de 8 cm à celle de la fran­çaise, la tchèque reste la meilleure, d’au­tant qu’elle pro­pose éga­le­ment un dos­sier avant droit re­pliable (90 €) bien pra­tique pour char­ger très long, et même un hayon élec­trique (390 € tout de même). La lionne se rat­trape avec un seuil de char­ge­ment en­core plus bas et sur­tout un plan­cher par­fai­te­ment plat grâce à des as­sises qui s’es­ca­motent sous les dos­siers. Et ces der­niers se ra­battent d’un seul doigt de­puis des ma­nettes si­tuées dans le coffre ; un raf­fi­ne­ment que l’Oc­ta­via pro­pose mes­qui­ne­ment en op­tion (90 €), même sur cette fi­ni­tion haut de gamme.

Un peu moins confor­table que la ber­line à cause d’un amor­tis­se­ment af­fer­mi pour sup­por­ter de lourdes charges, cette 308 SW fait tou­te­fois mieux que la Sko­da pour me­ner à bon port, frais et dis­pos, ses hôtes. Ces der­niers trou­ve­ront éga­le­ment son 2.0 HDi moins so­nore que le 2.0 TDI VW, tou­jours un peu bruyant

Match nul pour les coffres, mais sièges ra­bat­tus, la Sko­da garde l’avan­tage

en ac­cé­lé­ra­tion. En­fin, pour les dis­traire et leur an­non­cer la mé­téo à des­ti­na­tion, la fran­çaise peut, con­trai­re­ment à la tchèque, dis­po­ser d’une connexion In­ter­net sur abon­ne­ment, le tout se com­man­dant de­puis l’écran tac­tile. Un écran tac­tile qui, sur l’Oc­ta­via, fait par­tie d’un pack fac­tu­ré au prix fort.

308 : 46/60

OC­TA­VIA : 44/60

Conduire

Si la sil­houette est dif­fé­rente, un break reste une voi­ture “nor­male” à conduire. Avec son pe­tit vo­lant, sa di­rec­tion douce

et pré­cise et son train avant in­ci­sif, ce SW per­met de re­trou­ver toutes les qua­li­tés re­con­nues de celle qui a été dé­si­gnée “voi­ture eu­ro­péenne de l’an­née”. Plus en­core avec des Mi­che­lin Pi­lot à l’adhé­rence sans com­mune me­sure avec celle des pneu­ma­tiques à “ul­tra-basse ré­sis­tance au rou­le­ment” que nous avions tes­tés sur d’autres ver­sions plus mo­des­te­ment mo­to­ri­sées.

Tout aus­si sûre mais un peu moins en­thou­sias­mante, l’Oc­ta­via – qui par­tage sa plate-forme avec sa cou­sine la VW Golf 7 – n’offre pas tout à fait la même pré­ci­sion de conduite, avec une di­rec- tion plus pa­taude et un amor­tis­se­ment un peu moins ri­gou­reux. En re­vanche, la tchèque au­ra les fa­veurs de ceux qui ha­bitent ou partent souvent à la mon­tagne car elle peut être do­tée d’une trans­mis­sion à quatre roues mo­trices pour 1 950 € de plus à fi­ni­tion iden­tique, mais sans la boîte de vi­tesses DSG.

Sur le plan mé­ca­nique, d’ailleurs, et mal­gré un couple net­te­ment in­fé­rieur, le 2.0 TDI de la tchèque, ef­fi­ca­ce­ment se­con­dé ici par la trans­mis­sion ro­bo­ti­sée à double em­brayage DSG 6 rap­ports,

Même avec la sus­pen­sion raf­fer­mie, la 308 est plus agréable

relance mieux que le 2.0 HDi Peu­geot de même puis­sance. Si le Lion a pré­fé­ré res­ter fi­dèle à une trans­mis­sion au­to­ma­tique clas­sique, cette toute nou­velle gé­né­ra­tion de boîte Ai­sin 6 vi­tesses qu’inau­gure la 308 SW pré­sente un ni­veau d’agré­ment sen­si­ble­ment équi­valent mal­gré quelques in­fimes à-coups à la mon­tée des rap­ports en mode sport. Quoi qu’il en soit, et dans les deux cas, les pres­ta­tions et les per­for­mances de ces mo­to­ri­sa­tions die­sels hautes sont très lar­ge­ment suf­fi­santes, ce qui vaut mieux sur des mo­dèles ap­pe­lés à être char­gés comme des mules.

Cô­té équi­pe­ments de sé­cu­ri­té, si ces deux fi­ni­tions haut de gamme (la plus haute pour l’Oc­ta­via et la deuxième plus haute pour la 308) offrent beau­coup plus que le mi­ni­mum syn­di­cal, la tchèque dis­pose en plus d’un airbag de ge­noux conduc­teur et peut re­ce­voir des air­bags la­té­raux ar­rière. Quant à son ré­gu­la­teur de vi­tesse adap­ta­tif op­tion­nel, ap­pré­cié des gros rou­leurs,

Très bien équi­pées, ces ver­sions hautes ne sont pas don­nées

il offre une fonc­tion frei­nage, ab­sente sur la Peu­geot. Cette der­nière pro­pose en re­vanche un dé­tec­teur de pré­sence dans les angles morts.

308 : 49/60 OC­TA­VIA : 49/60

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Un peu moins bien équi­pée, la 308 SW est fac­tu­rée sen­si­ble­ment au même ta­rif que l’Oc­ta­via, qui n’est dé­jà pas “ca­deau” dans cette fi­ni­tion haute souf­frant pour- tant de quelques mes­qui­ne­ries d’équi­pe­ment. Hor­mis des pneu­ma­tiques lé­gè­re­ment plus coû­teux à rem­pla­cer et un che­val fis­cal de plus sur la carte grise, la tchèque fait jeu égal avec la fran­çaise en coût de fonc­tion­ne­ment. Quant à la re­vente, le bla­son Peu­geot et le sa­voir-faire re­con­nu de la marque pour les breaks de­vraient as­su­rer à ce SW une cote plus sou­te­nue.

308 : 54/80

OC­TA­VIA : 52/80

SKO­DA OC­TA­VIA Com­bi 2.0 TDI 150 GreenTec DSG Elé­gance, 150 ch 30 950 €

PEU­GEOT 308 SW 2.0 BlueHDi BVA6 Al­lure, 150 ch 30 700 €

1 Les places ar­rière sont ac­cueillantes, mais l’es­pace aux jambes moins gé­né­reux qu’à bord de la Sko­da. 2 Fa­cile d’ac­cès et cu­bique, le coffre se ré­vèle très pra­tique ; les cro­chets d’ar­ri­mage sur rails sont ici de sé­rie. 3 Mal­gré 33 cm de plus que la ber­line, le SW offre une ligne très dy­na­mique.

1

2

48 cm

106 cm

107 cm

187 cm

Le mi­nus­cule vo­lant sur­prend avant de sé­duire, tan­dis que le des­sin épu­ré de la planche de bord re­pose les yeux.

3

– Seule pe­tite cri­tique, il manque un cro­chet pour évi­ter que la cein­ture ar­rière ne vienne se coin­cer der­rière les dos­siers quand on les re­met en place.

SKO­DA OC­TA­VIA COM­BI

1

2

3

112 cm 56 cm

190 cm

101 cm

1 Si la fi­ni­tion n’appelle pas de cri­tique, on est loin du des­sin mo­derne et épu­ré de la planche de bord de la 308. 2 L’ha­bi­ta­bi­li­té ar­rière reste l’un des points forts

de l’Oc­ta­via. 3 Dos­siers ra­bat­tus, le coffre de l’Oc­ta­via est en­core plus vaste.

1

+

2

3 1 Le double plan­cher per­met aus­si de com­par­ti­men­ter le coffre. 2 L’es­pace aux jambes est presque digne de ce­lui d’une li­mou­sine. 3 En op­tion, il est pos­sible de pa­ra­mé­trer la ré­ponse de l’ac­cé­lé­ra­teur, l’as­sis­tance de la di­rec­tion et la ré­ac­ti­vi­té des phares di­rec­tion­nels. Le tout est per­son­na­li­sable.

Les as­sises fixes em­pêchent d’ob­te­nir un plan­cher par­fai­te­ment plat. C’est dom­mage.

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