Mer­cedes Classe C 250 CDI

Classe C ou Classe S ? Ja­mais une “pe­tite” Mer­cedes n’avait pous­sé le mi­mé­tisme aus­si loin.

Auto Moto - - SOMMAIRE - PAR P. LE­FEBVRE, PHO­TOS F. BOLUSSET

Il n’est pas rare que, dans les fra­tries, les ca­dets prennent mo­dèle sur leur aî­né(e). C’est même lo­gique ! Mais pour cette toute der­nière gé­né­ra­tion de Classe C – nom de code W205 –, la res­sem­blance avec la S vire à la co­pie, et pas uni­que­ment en ce qui concerne la car­ros­se­rie. Plus que de­hors, c’est en ef­fet sur­tout de­dans et au vo­lant que cette ber­line pour­rait pas­ser pour plus grande qu’elle n’est.

Si l’em­pat­te­ment al­lon­gé de 8 cm au bé­né­fice de l’ha­bi­ta­bi­li­té et le coffre un peu plus vaste par­ti­cipent à cette im­pres­sion, c’est sur­tout le soin ap­por­té à la pré­sen­ta­tion qui fait par­fai­te­ment illu­sion. Ti­ré à quatre épingles et fruit du travail du bu­reau de de­si­gn ita­lien de la

marque si­tué près du lac de Côme, le poste de conduite en met plein la vue en mê­lant ma­té­riaux raf­fi­nés, dé­tails soi­gnés et sur­tout des­sin épu­ré avec des bou­tons en nombre ré­duit grâce à une nou­velle “in­ter­face” homme-ma­chine dans l’air du temps.

L’écran fixe au centre, d’une taille mi­ni­mum de 18 cm (ou 21,3 cm comme dans notre mo­dèle d’es­sai), se com­mande en ef­fet soit via la mo­lette tra­di­tion­nelle ou les com­mandes vo­cales dé­jà connues, soit, et c’est in­édit, via un pa­vé tac­tile bap­ti­sé Tou­chPad. Plus évo­lué que ce qui est pro­po­sé chez Au­di ou BMW et simple à uti­li­ser, ce der­nier per­met, comme avec un smart­phone, de faire dé­fi­ler les me­nus ou les sta­tions de ra­dio, d’écrire une adresse ou un nu­mé­ro de té­lé­phone d’un doigt ou en­core, avec deux cette fois, de ré­duire ou agran­dir l’échelle de la carte du GPS (voir vi­déo). Et, te­nez-vous bien, cet équi­pe­ment no­va­teur est, une fois n’est pas cou­tume, li­vré en sé­rie. A terme, il se­ra d’ailleurs ins­tal­lé dans toutes les Mer­cedes.

Ce n’est pas le seul privilège ré­ser­vé à la pe­tite der­nière de la fa­mille qui, au pas­sage, s’offre aus­si la pri­meur de l’af­fi­chage tête haute qui pro­jette vi­tesse ou consignes du GPS dans le champ de vi­sion. Que ce­la soit du cô­té des équi­pe­ments de sé­cu­ri­té der­nier cri re­pris

de la S (voir en­ca­dré) ou du cô­té de la conduite, la Classe C n’a vrai­ment rien à en­vier à ses aî­nées. Re­ma­niée avec des voies élar­gies de­vant comme der­rière, elle est sur­tout, d’après ses concep­teurs, plus lé­gère (de 105 à 115 kg se­lon le mo­teur) que sa de­van­cière grâce à une utilisation ac­crue d’alu­mi­nium (48 % de la voi­ture), entre autres pour les ailes avant, le ca­pot ou en­core le pa­villon.

A dé­faut d’avoir pu le vé­ri­fier sur une bas­cule, le ré­sul­tat se res­sent au vo­lant. Par­ti­cu­liè­re­ment agile et dy­na­mique, dé­li­vrant de belles per­for­mances avec son gros die­sel 250 BlueTEC as­so­cié à la boîte au­to­ma­tique 7 vi­tesses re­vi­si­tée pour da­van­tage de ré­ac­ti­vi­té, et do­tée d’une di­rec­tion qui met im­mé­dia­te­ment en confiance, l’al­le­mande place la barre très haut et confirme, après la gé­né­ra­tion pré­cé­dente, que chez Mer­cedes le plai­sir de conduite est de­ve­nu une prio­ri­té. On peut d’ailleurs s’en dé­lec­ter à la carte grâce à l’Agi­li­ty Se­lect qui, se­lon l’un des quatre pro­grammes choi­si (cinq avec la sus­pen­sion pneu­ma­tique op­tion­nelle), per­met d’alour­dir l’as­sis­tance de di­rec­tion, rendre plus vive la ré­ponse du mo­teur ou au contraire pri­vi­lé­gier le confort ou la so­brié­té (en Eco). Le tout est évi­dem­ment per­son­na­li­sable, mais en op­tion sur la plu­part des fi­ni­tions (150 €).

La sus­pen­sion est éga­le­ment à la carte. Rien qu’en sé­rie, le client pour­ra op­ter entre un châs­sis confort, un châs­sis sport abais­sé de 15 mm et la ver­sion AMG line. S’il ne trouve pas son bon­heur avec tout ça, Mer­cedes pro­pose aus­si une sus­pen­sion pneu­ma­tique op­tion­nelle qui, en re­vanche, ne nous a pas to­ta­le­ment convain­cu. Pei­nant à conte­nir les mou­ve­ments de caisse à basse vi­tesse et ne fil­trant pas as­sez ef­fi­ca­ce­ment les gros rac­cords, phé­no­mène am­pli­fié par les pneus épais comme une

tranche de rô­ti de notre voi­ture d’es­sai, cette sus­pen­sion s’avère pa­ra­doxa­le­ment plus agréable lors­qu’on bas­cule sur les pro­grammes de conduite Sport ou Sport+. Il n’y a rien de rédhi­bi­toire, mais de fu­turs es­sais de ver­sions “stan­dard” nous per­met­tront de vé­ri­fier si ce­la vaut le coup d’in­ves­tir.

En ma­tière d’op­tions, il faut dire que la Classe C donne plus qu’à ré­flé­chir avec, comme ses soeurs de gamme, une liste d’équi­pe­ments qui oc­cu­pe­ra quelques week-ends au coin du feu. Mais si cer­tains d’entre eux sont utiles, comme la vi­sion à 360° qui per­met, grâce à des ca­mé­ras pla­cées de­vant, der­rière et sous les ré­tro­vi­seurs, de se ga­rer sans ris­quer la moindre éra­flure, d’autres se­lon nous ne le sont pas comme le dif­fu­seur de par­fum avec fil­trage de l’air et io­ni­sa­tion. “Io­ni­sa-quoi ?” Ce sys­tème dé­jà vu dans la Re­nault La­ti­tude pro­duit des atomes d’hy­dro­gène ac­tifs et des ions d’oxy­gène né­ga­tifs. Et comme les ions né­ga­tifs dy­na­misent et apaisent tan­dis que les po­si­tifs fa­tiguent et stressent, le sys­tème mul­ti­plie les pre­miers pour neu­tra­li­ser les se­conds. Pour nous, ce­la tient sur­tout de la po­tion de char­la­tan à 450 € et prend beau­coup de place dans la boîte à gants. Mais si ce­la peut prê­ter à sou­rire sur notre mar­ché, cet équi­pe­ment plé­bis­ci­té par les Asia­tiques prouve que Mer­cedes n’a né­gli­gé au­cun dé­tail pour que sa Classe C soit un best-sel­ler mon­dial. Ce n’est pas pour rien qu’elle se­ra d’ailleurs pro­duite sur quatre conti­nents !

Une voi­ture pour le monde en­tier, mais cer­tains équi­pe­ments pré­vus sur­tout pour l’Asie

ON AIME Pré­sen­ta­tion et fi­ni­tion Conduite plai­sante Equi­pe­ments de pointe

ON DÉ­TESTE

Prix et op­tions à go­go

Moins de bou­tons, un des­sin soi­gné et une fi­ni­tion au cor­deau : bra­vo.

En gran­dis­sant, la Classe C marque sa dif­fé­rence avec la pe­tite CLA. Elle pro­pose no­tam­ment bien plus de place der­rière.

La car­touche de par­fum (op­tion­nelle) prend beau­coup de place dans la boîte à gants et n’est pas très utile.

+ En op­tion, on peut ou­vrir le coffre élec­tri­que­ment de­puis l’ha­bi­tacle, mais aus­si le fer­mer : pra­tique !

La Classe C va évi­dem­ment se dé­cli­ner en break. C’est pré­vu

avant fin 2014.

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