Le FAP es­sence est-il utile ?

Après les die­sels, c’est au tour des mo­teurs es­sence de re­ce­voir un filtre à par­ti­cules.

Auto Moto - - AUTO MENU - Par j.-L. mo­reau

Pour ré­pondre à la norme an­ti­pol­lu­tion eu­ro 6c, qui entre en vi­gueur ce mois-ci, les nou­veaux mo­dèles ho­mo­lo­gués, do­tés d’un mo­teur à es­sence, doivent s’équi­per d’un filtre à par­ti­cules. Jus­qu’alors, la ré­gle­men­ta­tion les au­to­ri­sait à émettre 10 fois plus de par­ti­cules qu’un die­sel fil­tré (6 x 1 012 vs 6 x 1 011). Eu­ro 6c met tout le monde sur un pied d’éga­li­té. Tou­te­fois, le FAP es­sence s’avère beau­coup plus simple que le FAP die­sel. Plus pe­tit, il ne traite que 75 % des par­ti­cules, ce qui est suf­fi­sant pour pas­ser la norme. Il est aus­si moins cher et, grâce à une tem­pé­ra­ture des gaz d’échap­pe­ment plus éle­vée, il se ré­gé­nère en per­ma­nence lors­qu’on re­lâche l’ac­cé­lé­ra­teur ou lors des phases de pleine charge. Cette éli­mi­na­tion qua­si conti­nue des suies n’en­gendre pas de sur­con­som­ma­tion et évite les pannes par col­ma­tage. Bref, ce sys­tème de post-trai­te­ment sup­plé­men­taire ne semble pas pé­na­li­sant pour les au­to­mo­bi­listes. Mal­heu­reu­se­ment, son ef­fi­ca­ci­té en ma­tière d’im­pact sa­ni­taire semble

très dis­cu­table. Comme l’ex­plique le pneu­mo­logue Gilles Dix­saut, pré­sident du co­mi­té fran­ci­lien contre

les ma­la­dies res­pi­ra­toires : “Le FAP es­sence di­mi­nue, certes, le nombre de par­ti­cules, mais il est sur­tout ef­fi­cace sur les ag­glo­mé­rats, des re­grou­pe­ments de par­ti­cules plus fines. Les par­ti­cules iso­lées, de faible dia­mètre,

elles, ne sont pas ar­rê­tées.” Or, nous avons tous ap­pris, en ma­thé­ma­tiques, que deux par­ti­cules sphé­riques ont une sur­face dé­ve­lop­pée plus im­por­tante qu’une par­ti­cule sphé­rique de taille double. En clair, si un FAP n’ar­rête que les grosses par­ti­cules et laisse pas­ser les plus fines, la sur­face dé­ve­lop­pée de toutes celles qui filent dans l’at­mo­sphère de­meure en­core très im­por­tante. “La dan­ge­ro­si­té des par­ti­cules étant fonc­tion de leur sur­face, on ne règle pas le pro­blème sa­ni­taire”, en conclut Gilles Dix­saut. Bref, ce FAP es­sence ne va pas ser­vir à grand-chose !

Plus émet­teurs de par­ti­cules que les mo­teurs à in­jec­tion in­di­recte, les mo­teurs es­sence à in­jec­tion di­recte re­pré­sentent en­vi­ron 50 % des ventes au­jourd’hui.

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