Clo­nage en règle

Renault se lance dans la benne. Avec cet en­gin dé­ri­vé du Nis­san Na­va­ra, le construc­teur au lo­sange in­ves­tit le mar­ché des pick-up.

Auto Moto - - PASSION À L'ESSAI - PAR L. PINEL, PHO­TOS DR

Clone : “in­di­vi­du pro­ve­nant de la re­pro­duc­tion d’un autre, fruit de l’imi­ta­tion d’un ob­jet, moins coû­teuse que l’ori­gi­nal.” La dé­fi­ni­tion du La­rousse colle par­fai­te­ment à l’Alas­kan, le nou­veau pick-up “fran­çais”. Hor­mis sa face avant spé­ci­fique, le Renault re­prend tout du Nis­san NP300 Na­va­ra, de la benne aux mo­teurs, en pas­sant par les équi­pe­ments. Après tout, qui s’en plain­dra ? Lors­qu’il a été lan­cé, fin 2015, le pick-up nip­pon s’est po­si­tion­né comme l’une des ré­fé­rences d’un seg­ment, do­mi­né par le Ford Ran­ger aux cô­tés des Toyo­ta Hi­lux, Volks­wa­gen Ama­rok, Mit­su­bi­shi L200 ou Fiat Full­back. Le Nis­san se dis­tingue ce­pen­dant de tous ses concur­rents par sa sus­pen­sion ar­rière… dont pro­fite, évi­dem­ment, l’Alas­kan. Plu­tôt que des res­sorts à lames, on trouve, ici, un es­sieu à 5 bras, gé­né­rant net­te­ment moins de sou­bre­sauts, tré­pi­da­tions et autres vi­bra­tions. Même s’il de­meure ferme, l’amor­tis­se­ment se ré­vèle suf­fi­sam­ment confor­table pour dis­tan­cer la concur­rence sur ce point. Ce train ar­rière spé­ci­fique contri­bue éga­le­ment à l’ex­cel­lente te­nue de route du pick-up Renault, sans que ce­la nuise à sa ca­pa­ci­té de char­ge­ment. Car l’en­gin reste un be­so­gneux. Sa benne peut trans­por­ter jus­qu’à 1 024 kg (ou 1 035 kg, se­lon la ver­sion) et pro­fi­ter de cro­chets d’ar­ri­mage (en op­tion, 200 € ou en sé­rie sur la fi­ni­tion In­tens).

Re­po­sant sur un châs­sis échelle en acier haute ré­sis­tance, l’Alas­kan re­çoit aus­si des aides à la conduite bien­ve­nues pour le tout-ter­rain, comme le blo­cage de dif­fé­ren­tiel ar­rière et le contrôle de la vi­tesse en des­cente (à 4 km/h en fran­chis­se­ment). Il pro­fite, par ailleurs, d’un pont avant en­clen­chable. Simple “deux roues mo­trices” (pro­pul­sion) en uti­li­sa­tion rou­tière, l’en­gin peut pas­ser (en rou­lant) en mode 4x4, avec une ré­par­ti­tion fixe 50/50 entre les es­sieux avant et ar­rière. Pour une uti­li­sa­tion plus ex­trême, le mode “rap­ports courts”, ac­ti­vable à l’ar­rêt, sol­li­cite un dé­mul­ti­pli­ca­teur de couple pour se sor­tir des pires or­nières. Et ça marche ! Boue, trous, dé­vers, l’Alas­kan croise ses ponts sans flan­cher. L’aven­tu­rier ne re­cule de­vant rien… ou presque. Pro­po­sé à par­tir de 36 860 € en ver­sion de base (Life) avec un die­sel 2.3 dCi 160 ch, l’Alas­kan ap­par­tient à la ca­té­go­rie des uti­li­taires et n’est donc pas sou­mis au ma­lus en­vi­ron­ne­men­tal. Il se dé­cline en ver­sion 190 ch, avec une trans­mis­sion au­to­ma­tique à 7 rap­ports. Faute de choix, nous avons pris le vo­lant de cette coû­teuse ver­sion (45 960 €) en fi­ni­tion haute In­tens.

Si son mo­teur bi­tur­bo, d’ori­gine uti­li­taire, émet un bruit de chauffe-eau, son couple maxi­mal de 450 Nm, dis­po­nible dès 1 500 tr/min, lui ga­ran­tit une belle

sou­plesse. Il per­met sur­tout à l’Alas­kan de trac­ter du lourd ( jus­qu’à 3 500 kg en re­morque frei­née). Mal­gré sa puis­sance res­pec­table, ce quatre-cy­lindres pro­cure des per­for­mances as­sez quel­conques, le poids du vé­hi­cule flir­tant, il est vrai, avec les 2 100 kg. A chant 5,40 m de long, soit la lon­gueur de deux Smart Fort­wo, le Renault, fa­bri­qué en Es­pagne, n’est dis­po­nible qu’en ver­sion Double Ca­bine. Son ga­ba­rit, qui en im­pose, sa hau­teur de caisse, sa di­rec­tion très dé­mul­ti­pliée (plus de 3 tours de bu­tée à bu­tée) et son dia­mètre de bra­quage d’au­to­bus ( 12,4 mètres) le mettent à mal en ville. Pré­fé­rez plu­tôt les grands es­paces, où vous ap­pré­cie­rez son amé­na­ge­ment in­té­rieur très… Nis­san. Iden­tiques à celles du nip­pon, la présentation et l’er­go­no­mie de l’Alas­kan n’ont, tou­te­fois, rien à en­vier à celles de la concur­rence. On re­grette, en re­vanche, que le vo­lant soit ré­glable en hau­teur uni­que­ment et le po­si­tion­ne­ment trop bas de l’écran tac­tile du GPS. Les pas­sa­gers ar­rière jouissent d’un bel es­pace, mais ils pâ­tissent d’un dos­sier de ban­quette trop ver­ti­cal. En­fin, si les ma­té­riaux durs au tou­cher dé­notent, com­pa­rés à ceux des Renault plus luxueuses, ils semblent ro­bustes et cor­res­pondent à la phi­lo­so­phie d’un tel pick-up. Reste à sa­voir si Mer­cedes fe­ra mieux. Com­mer­cia­li­sé en fin d’an­née, le Classe X re­po­se­ra, en e et, sur la même plate-forme que les pick-up Renault et Nis­san.

1 Fi­dèle à l’es­prit Nis­san, la présentation de l’Alas­kan laisse peu de place à l’exu­bé­rance. Mais tout y est, ou presque.

2 À l’ar­rière, les pas­sa­gers pro­fitent d’un es­pace très généreux.

3 La sur­face de la benne at­teint 2,46 m2.

10 Pé­na­li­sé par son poids (2 100 kg), le pick-up Renault ne pro­met pas de ful­gu­rantes per­for­mances.

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