Bu­gat­ti Vey­ron

La Bu­gat­ti Vey­ron est la voi­ture la plus stu­pé­fiante du siècle nais­sant. Sa puis­sance et ses per­for­mances dé­passent l’en­ten­de­ment. Douze ans après sa com­mer­cia­li­sa­tion, le mis­sile sol-sol est il “ache­table” d’oc­ca­sion ?

Auto Moto - - AUTO MENU - PAR A. MATAL, PHO­TOS DR

On ai­mait

Au-de­là de ses ca­rac­té­ris­tiques a olantes, la Vey­ron a mar­qué les es­prits de tous les pas­sion­nés d’au­to­mo­bile. À l’ini­tia­tive de Fer­di­nand Piech, le pe­tit construc­teur de Mol­sheim s’est lan­cé dans son dé­ve­lop­pe­ment in­ter­mi­nable et fort coû­teux. L’am­bi­tieux pa­tron du groupe Volks­wa­gen, à l’époque, rê­vait d’une GT ca­pable de dé­pas­ser le 400 km/h en pointe… comme d’être uti­li­sée par son épouse pour al­ler faire du shop­ping. En 2005, la co­pie est fin prête. Dans un pre­mier temps, Bu­gat­ti réa­lise une “top speed” à 408 km/h sur sa piste d’es­sais d’Eh­ra-Les­sien, au nord de Wolf­sbourg. En oc­tobre de la même an­née, les 417 km/h sont at­teints à Bon­ne­ville, sur le lac sa­lé le plus cé­lèbre de l’Utah. La Vey­ron pa­raît sans li­mite, mais le plus éton­nant est qu’elle de­meure uti­li­sable sur route. Son confort de rou­le­ment est même stu­pé­fiant, compte te­nu de ses in­croyables per­for­mances. La prise en mains ne de­mande au­cune com­pé­tence par­ti­cu­lière, la boîte à double em­brayage et 7 rap­ports dé­ve­lop­pée par Ri­car­do (qui pèse 120 kg à elle seule) fa­ci­li­tant gran­de­ment la tâche du conduc­teur. L’ha­bi­tacle ex­hibe une fi­ni­tion ex­cep­tion­nelle, tout en sé­dui­sant par sa so­brié­té. Les ma­té­riaux nobles cô­toient les plus belles sel­le­ries, sans chi­chis. En 2010, l’usine de Mol­sheim pré­sente la ver­sion Su­per­sport, à la mé­ca­nique et l’aé­ro­dy­na­mique re­vues. Do­tée de 1 200 ch, elle est chro­no­mé­trée, le 4 juillet 2010, à 431 km/h… Sé­rie li­mi­tée à 450 exemplaires (300 cou­pés & 150 road­sters Gran Sport), la Vey­ron exige trois se­maines d’as­sem­blage à 5 per­sonnes. La cel­lule en car­bone fai­sant o ce d’ha­bi­tacle est bou­lon­née à la par­tie mo­teur par 14 vis en ti­tane, dont le couple de ser­rage est vé­ri­fié lors des main­te­nances an­nuelles. Monstre d’in­gé­nie­rie et gou re fi­nan­cier pour VW, cet en­gin du diable n’a cé­dé sa place de “voi­ture de sé­rie la plus ra­pide du monde” qu’en 2016, à sa rem­pla­çante, la Chi­ron (à l’es­sai, p. 78), pro­pul­sée par ses 1 500 ch.

On ai­mait moins

De telles pres­ta­tions se paient d’abord… sur la ba­lance. Avec près de 2 tonnes, tous pleins faits, la Vey­ron n’a rien d’une bal­le­rine. Son com­por­te­ment rou­tier ul­tra sé­cu­ri­sant n’o re donc pas la ma­nia­bi­li­té pro­po­sée par ses (loin­taines) concur­rentes, certes (beau­coup) moins puis­santes, mais aus­si beau­coup plus lé­gères. Im­pos­sible de par­ler de la Vey­ron sans évo­quer son prix. In­dé­cent au lan­ce­ment en 2005 ( 1,3 M€ HT), il ne cesse d’aug­men­ter au gré des évo­lu­tions, pour at­teindre 2 M€ HT à par­tir de 2013… Après une forte dé­gres­sion, elle a vu ré­cem­ment sa cote re­mon­ter. Il est d’ailleurs très di cile de trou­ver un exem­plaire à moins de 900 000 €. En ima­gi­nant que vous ayez la somme de cô­té, il faut en­suite pré­voir l’en­tre­tien du bi­jou. Et là, ac­cro­chez-vous. Le pro­gramme de main­te­nance pré­co­ni­sé par le construc­teur est com­pa­rable à ce­lui d’un Jet d’a aire. La ré­vi­sion an­nuelle, e ec­tuée par

l’usine, coûte plus de 15 000 €, mais elle in­tègre une qua­si mise à nu de l’en­semble, pour en ins­pec­ter les moindres dé­tails. Bu­gat­ti sug­gère éga­le­ment le chan­ge­ment des pneu­ma­tiques tous les 4 000 km, soit un e ort sup­plé­men­taire de 30 000 € en­vi­ron pour les quatre en­ve­loppes Mi­che­lin, dé­ve­lop­pées spé­cia­le­ment pour la Vey­ron. Ras­su­rez-vous, si votre but n’est pas de rou­ler à 400 km/h (pos­si­bi­li­té o erte aux pro­prié­taires, à leurs frais, sur la piste d’es­sai VW), vous pou­vez es­pa­cer l’opé­ra­tion. Un pro­prié­taire nous a même avoué que les siens avaient te­nu plus de 12 000 km sans pro­blème... Les contraintes étant telles à très haute vi­tesse, Bu­gat­ti in­vite aus­si au chan­ge­ment des jantes ( 35 000 € les 4), tous les 16 000 km, afin d’évi­ter l’ap­pa­ri­tion de criques (mi­cro-fis­sures), comme peuvent en sou rir les car­lingues d’avions. Reste le ta­rif de cer­taines pièces dé­ta­chées : une boîte de vi­tesses coûte, à elle seule, 100 000 €. À bon en­ten­deur...

Hor­mis la cou­leur des sièges, l’ha­bi­tacle de la Vey­ron n’a rien d’os­ten­ta­toire, mais brille par sa fi­ni­tion ex­cep­tion­nelle. En 2010, la ver­sion Su­per­sport de 1 200 ch a at­teint les 431 km/h, tout de même… Pré­sen­tée au Sa­lon de Ge­nève 2015, la Fi­nale, une Gran­sport Vi­tesse, est l’ul­time Vey­ron pro­duite.

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