Mer­cedes Classe A 200

De­ve­nue in­con­tour­nable dans le pay­sage au­to­mo­bile pre­mium, la com­pacte à l’étoile se di­gi­ta­lise pour pa­raître plus mo­derne que ja­mais.

Auto Moto - - Contents - PAR R. VAN­NIER, PHO­TOS T. AN­TOINE/ACE TEAM

Les heu­reux ac­qué­reurs d’une Mer­cedes Classe A sont, en moyenne, dix ans plus jeunes que les clients ha­bi­tuels de la firme à l’étoile. Et la lutte an­ti-âge ne fait que com­men­cer. À bord de cette qua­trième gé­né­ra­tion, les écrans s’avèrent si om­ni­pré­sents que vos ados en bou­de­ront leur smart­phone ché­ri le temps du voyage. Exit les ai­guilles de la Peu­geot 205 de Ma­mie, l’ins­tru­men­ta­tion est ex­clu­si­ve­ment di­gi­tale. Sans par­ler de l’af­fi­chage tête-haute op­tion­nel, une pre­mière dalle nu­mé­rique fai­sant en ef­fet of­fice de comp­teurs, tan­dis qu’une deuxième, at­tei­gnant, elle aus­si, jus­qu’à 10” de dia­go­nale, sur­plombe la console cen­trale pour in­té­grer l’in­édite in­ter­face MBUX (pour Mer­ce­desBenz User Ex­pe­rience). C’est ain­si la pre­mière fois que la ri­vale des Au­di A3 et BMW Sé­rie 1 ac­cueille un écran tac­tile. Une bonne nou­velle n’ar­ri­vant ja­mais seule, une com­mande dé­por­tée trône tou­jours néan­moins sur le tun­nel cen­tral, pour évi­ter d’avoir à fixer l’af­fi­chage du re­gard en condui­sant. Mais pour ne pas quit­ter la route des yeux, il y a mieux en­core. Le sys­tème mul­ti­mé­dia in­clut un as­sis­tant per­son­nel, fonc­tion­nant à la ma­nière d’une en­ceinte connec­tée Google Home. Il suf­fit d’in­ter­pel­ler vo­ca­le­ment cette Mer­cedes pour connaître le temps qu’il fait à Li­moges (et dans d’autres grandes villes du monde…), re­fer­mer le toit ou­vrant, bais­ser la cli­ma­ti­sa­tion ou prendre ren­dez-vous pour de pro­chaines in­jec­tions de Bo­tox. Cette so­phis­ti­ca­tion achève l’im­pres­sion de mo­der­ni­té dé­ga­gée par un ha­bi­tacle re­la­ti­ve­ment épu­ré et sé­rieu­se­ment fa­bri­qué.

Ce­la dit, si la Classe A imite à mer­veille la Pon­tiac de Da­vid Has­sel­hoff dans la sé­rie culte K2000, ça ne fait tou­jours pas d’elle la plus fa­mi­liale des com­pactes. Si elle s’al­longe de 12 cm, pour culmi­ner à 4,42 mètres, l’em­pat­te­ment, lui, ne pro­gresse que de trois pe­tits cen­ti­mètres. De­ve­nues un peu plus fré­quen­tables, les places ar­rière se ré­servent donc tou­jours, de pré­fé­rence, à de jeunes pas­sa­gers ou… à des en­fants pas en­core trop grands. Et bien qu’il s’étoffe de 29 litres, le coffre af­fiche un vo­lume tout juste moyen pour la ca­té­go­rie, à 370 litres, avant que les dos­siers de ban­quette ne soient ra­bat­tus. Mais ne dit-on pas que les voyages forment la jeu­nesse… et dé­forment les va­lises ?

Au prin­temps de sa vie, les as­pects pra­tiques re­lèvent, en outre, d’une im­por­tance toute re­la­tive face aux dé­si­rs d’au­to­no­mie. Et ça tombe bien, car vo­ler de ses propres ailes, ou plu­tôt cir­cu­ler seule (ou presque), est aus­si l’une des am­bi­tions de la Classe A. En op­tion, l’as­sis­tance à la conduite en em­bou­teillage se voit com­plé­tée par une aide ac­tive au chan­ge­ment de voie ; il suf­fit d’au­to­ri­ser le dé­pas­se­ment d’une im­pul­sion sur le cli­gno­tant.

Comme au vo­lant de la plu­part de voi­tures pa­reille­ment équi­pées, dans la pra­tique, il n’est ce­pen­dant pas si rare de de­voir vo­ler au se­cours de cette in­tel­li­gence, ar­ti­fi­cielle à plus d’un titre. Ce qui n’est pas for­cé­ment re­gret­table. Agréable à me­ner, la com­pacte de Stutt­gart s’illustre par sa grande dou­ceur. En tout cas, dans cette ver­sion es­sence A 200. Le 4-cy­lindres tur­bo et la boîte de vi­tesses ro­bo­ti­sée 7G-DCT s’ac­cordent très bien à une conduite souple et fluide. Im­pos­sible d’ailleurs, pour le mo­ment, d’op­ter pour une quel­conque boîte mé­ca­nique… si ré­tro­grade.

Par­mi les prin­ci­pales fai­blesses de la pré­cé­dente gé­né­ra­tion, l’amor­tis­se­ment s’as­sor­tit dé­sor­mais bien mieux à ce ca­rac­tère mé­ca­nique do­cile. En pré­sence de la sus­pen­sion pi­lo­tée op­tion­nelle, quelques re­bonds in­dé­si­rables viennent en­core per­tur­ber le bien-être de l’équi­page. Mais ces désa­gré­ments n’ont rien à voir avec la fer­me­té ex­ces­sive dont sou rait jus­qu’ici la “A”.

Re­vers de la mé­daille, les sen­sa­tions de conduite se font rares, y com­pris en for­çant l’al­lure. Par son manque de res­sen­ti, la di­rec­tion sou­ligne la (trop ?) grande sa­gesse du com­por­te­ment de cette trac­tion. La fougue n’est pas non plus ce qui ca­rac­té­rise le plus la mé­ca­nique. D’ori­gine Re­nault, le 1 332 cm3 ta­pi sous le ca­pot ne s’avère guère dé­mons­tra­tif, mal­gré ses 163 ch. Et la trans­mis­sion à double em­brayage qui lui est as­so­ciée ne se montre pas aus­si ré­ac­tive et per­ti­nente que son ho­mo­logue du groupe Volks­wa­gen, ou qu’une plus tra­di­tion­nelle boîte au­to­ma­tique, dont peut bé­né­fi­cier la com­pacte de la marque à l’hé­lice.

La Classe A de­meure néan­moins digne de son bla­son. Sur­tout du point de vue du prix. Le ta­rif de base dé­pas­sant pour le mo­ment les 32 000 €, tout reste re­la­tif : d’une cer­taine jeu­nesse, la clien­tèle pa­tiente, en moyenne, jus­qu’à sa 50e an­née pour si­gner le bon de com­mande… ●

MER­CEDES CLASSE A 200 PRO­GRES­SIVE LINE ➜ 163 ch, 36 100 €

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