Jeep Wran­gler

Pour les ba­rou­deurs, une vé­ri­table Jeep ne peut être qu’un Wran­gler. Ça tombe bien, cette icône de l’uni­vers des 4x4 fait peau neuve.

Auto Moto - - [automenu] - PAR L. PI­NEL, PHO­TOS F. BOLUSSET, T. AN­TOINE/ACE TEAM

Après quelques an­nées de car­rière, de nom­breux chan­teurs sortent ce qu’ils ap­pellent “l’al­bum de la ma­tu­ri­té”. Chez Jeep, on fait la même chose avec le mo­dèle le plus ico­nique : le Wran­gler. Pour­quoi ma­ture ? Parce que le digne hé­ri­tier de la my­thique Willys, créée se­lon un ca­hier des charges de l’ar­mée amé­ri­caine, pré­tend pro­gres­ser en o -road, son ter­rain de pré­di­lec­tion, tout en amé­lio­rant ses pres­ta­tions rou­tières. Pour ce­la, il dis­pose d’une trans­mis­sion que l’on peut blo­quer en deux roues mo­trices (pro­pul­sion), en 4x4 “au­to”, avec une ré­par­ti­tion au­to­ma­tique – non constante – du couple sur le train avant, en 4x4 per­ma­nent (ré­par­ti­tion fixe 50/50) ain­si qu’en “rap­ports courts”, pour sor­tir un ba­teau de l’eau ou s’ex­traire d’une si­tua­tion com­plexe.

Si les es­sais mis en place par Jeep ne nous ont pas per­mis de mettre les pneus dans la boue ni de s’es­sayer au fran­chis­se­ment, le par­cours rou­tier était, c’est vrai, moins fa­ti­gant qu’avec l’an­cienne mou­ture. Alors que la gé­né­ra­tion JK, ven­due de­puis 2006, mon­trait une fâ­cheuse ten­dance à tré­pi­der sur chaque gra­vier, obli­geant le conduc­teur à cor­ri­ger constam­ment la tra­jec­toire, la nou­velle, bap­ti­sée JL, se ré­vèle moins exi­geante. Le Wran­gler “new ge­ne­ra­tion” se montre plus ri­gou­reux et plus sé­cu­ri­sant. Il sou re tou­jours d’une di­rec­tion un peu floue et, pour ex­pli­quer au conduc­teur que le rythme est trop sou­te­nu, ses gros pneus crient avant d’avoir mal, lorsque le train avant est trop sol­li­ci­té. C’est donc qu’il est temps de ré­ajus­ter le rythme, et de se sou­ve­nir que ce lourd baroudeur, per­ché sur un châs­sis échelle, ne se ma­noeuvre pas comme une ber­line.

Dès lors, c’est avec plai­sir que l’on cir­cule dans ce 4x4 de 4,88 m, même si la sus­pen­sion a conser­vé un ca­rac­tère sau­tillant. Ani­mé par un die­sel 2.2 Mul­ti­jet de 200 ch (ou un 2.0 es­sence tur­bo 272 ch, ven­du au même ta­rif) par­ta­gé au sein du groupe FCA, se­con­dé par une boîte de vi­tesses au­to­ma­tique à 8 rap­ports, d’ori­gine ZF, le Wran­gler pro­fite de son couple de 450 Nm pour ré­pondre aux sol­li­ci­ta­tions du pied droit. Et la trans­mis­sion se ré­vèle douce. L’en­semble se­rait même plai­sant si l’in­so­no­ri­sa­tion était plus soi­gnée mais, pas­sé le cap des 100 km/h, il faut haus­ser le ton pour te­nir une dis­cus­sion avec son pas­sa­ger. Pour­tant, outre une po­si­tion de conduite ré­glable à sou­hait, mais ty­pée uti­li­taire, avec les ge­noux bien pliés, l’ha­bi­tacle de­meure plai­sant.

La planche de bord, très ver­ti­cale, pen­sée pour ne pas que l’on se cogne sur le mo­bi­lier en fai­sant du tout-ter­rain, peut être co­lo­rée et jouit d’un des­sin ori­gi­nal. L’er­go­no­mie pro­fite d’un écran tac­tile com­pa­tible Apple CarP­lay/An­droid Au­to, les ran­ge­ments sont nom­breux, l’es­pace à bord su t am­ple­ment pour quatre adultes et on trouve des prises USB et 230 V par­se­mées dans l’ha­bi­tacle. Et le co re, même si son ou­ver­ture en deux par­ties de­meure contrai­gnante, se montre vo­lu­mi­neux.

Mais ce qui fait le charme de cet amé­ri­cain, outre ses nou­veaux feux de jour sur les ailes avant et ses pro­jec­teurs qui em­piètent sur la ca­landre, c’est son ap­pa­rence de pur et dur. Et les spé­ci­fi­ci­tés qui vont avec. Le Wran­gler, ven­du à en­vi­ron 60 % en dé­cli­nai­son 4 portes Un­li­mi­ted en France, a conser­vé ses portes dé­mon­tables et son pare-brise ra­bat­table sur le ca­pot. Mais il est in­ter­dit de rou­ler ain­si, sur route, dans notre beau pays. Le hard-top, qu’il est pos­sible de dé­mon­ter in­té­gra­le­ment, dis­pose do­ré­na­vant d’un toit souple (en fi­ni­tion Over­land), qui cou­lisse élec­tri­que­ment vers l’ar­rière, en quelques se­condes, pour don­ner l’im­pres­sion aux oc­cu­pants de rou­ler à bord d’un ca­brio­let. Une as­tuce uti­li­sable même sous la pluie, puisque l’in­té­rieur ne craint pas l’hu­mi­di­té ; il peut même être la­vé au jet d’eau ! ●

1 La po­si­tion de conduite est bonne. Mais il faut ti­rer sur une sangle mal pla­cée pour ré­gler l’in­cli­nai­son du dos­sier. 2 En es­sence et die­sel, le Wran­gler s’en re­met à des mo­teurs dé­jà ren­con­trés sous le ca­pot de l’Al­fa Ro­meo Stel­vio. 3 4 Clin d’oeil his­to­rique : la my­thique Jeep Willys ap­pa­raît sur le le­vier de vi­tesses et à la base du pare-brise.5 Pro­po­sé avec 3 portes (4,33 m) ou en ver­sion 5 portes Un­li­mi­ted (4,88 m), le Wran­gler au­ra droit, en 2020, à une dé­cli­nai­son pick-up. 5

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