Peu­geot en forme

Grâce au re­nou­vel­le­ment de sa gamme et au ra­chat d’Opel-Vaux­hall qui gonfle les ventes, le groupe fran­çais a le vent en poupe.

Auto Moto - - [automenu] - PAR S. LARROUMET, PHO­TO DR

C’est un chi re his­to­rique. Au 1er oc­tobre 2018, le groupe PSA (Peu­geot, Ci­troën, DS, Opel-Vaux­hall) a ven­du 2 884 085 mil­lions de vé­hi­cules dans le monde. Un re­cord qui s’ex­plique, entre autres, par les 778 895 Opel-Vaux­hall dé­sor­mais in­té­grées aux ventes to­tales du groupe fran­çais. Mieux : en sep­tembre, le groupe fran­çais s’est même payé le luxe de dou­bler son ri­val al­le­mand Volks­wa­gen en nombre de li­vrai­sons, sur un mar­ché eu­ro­péen cha­hu­té par l’en­trée en vi­gueur de la nou­velle norme d’ho­mo­lo­ga­tion WLTP. Chez Peu­geot, les suc­cès des SUV 3008 & 5008 ont gran­de­ment par­ti­ci­pé à la mon­tée en gamme de la marque, après une com­pacte 308 qui, elle aus­si, a très vite trou­vé son pu­blic. Si elle n’est pas vouée à éta­blir des scores mi­ro­bo­lants, la nou­velle 508, à peine com­mer­cia­li­sée, contri­bue­ra aus­si à l’image de marque de Peu­geot. En­fin, en des­cen­dant dans la gamme, la 208, mo­dèle à très fort vo­lume (211 045 uni­tés en neuf mois), se­ra re­nou­ve­lée l’an­née pro­chaine.

Pour toutes les marques du groupe (DS, Ci­troën, Opel, Peu­geot, Vaux­hall), ré­duire la di­ver­si­té des gammes per­met de li­mi­ter les coûts de dé­ve­lop­pe­ment. Ce­ci ex­plique donc la dis­pa­ri­tion des grands mo­no­spaces, cou­pés et ca­brio­lets des ca­ta­logues du groupe, alors qu’une Peu­geot 208 ca­brio­let était dans les car­tons. Dé­sor­mais da­van­tage axé sur le confort et se vou­lant plus gé­né­ra­liste que son cou­sin Peu­geot, Ci­troën vend bien sa C3 et sa dé­cli­nai­son SUV C3 Air­cross. Mais le dé­ve­lop­pe­ment de la marque pas­se­ra sur­tout par un C5 Air­cross am­bi­tieux, qui dé­barque en France à la fin de l’an­née, après avoir été com­mer­cia­li­sé en Chine. Quant à DS, après le lan­ce­ment réus­si du SUV DS 7 Cross­back (18 530 ventes

dans le monde de­puis mars), la marque compte sur le DS 3 Cross­back, lan­cé en mars 2019, pour in­car­ner l’un de ses fers de lance en Eu­rope. Car c’est sur le Vieux Conti­nent que PSA réa­lise l’es­sen­tiel de ses ventes (76,6 %). Pro­gres­si­ve­ment, le groupe gri­gnote des parts de mar­ché en Al­le­magne, Grande-Bre­tagne, Ita­lie et Es­pagne, no­tam­ment grâce aux suc­cès des 3008 & 5008. Du cô­té des uti­li­taires, les chiffres at­testent aus­si de la bonne san­té du fran­çais, puis­qu’un quart de ceux ven­dus en Eu­rope sont des PSA. Une va­leur forte, que de­vrait ac­cen­tuer le re­nou­vel­le­ment du trio Ber­lin­goPart­ner-Com­bo. En­fin, en Eu­rope, PSA, contrai­re­ment à cer­tains de ses concur­rents, main­tient ses ventes de voi­tures die­sel (52 % du mix) grâce, se­lon le groupe, au res­pect des nou­velles normes WLTP, ne li­mi­tant pas les li­vrai­sons. Hors du Conti­nent, en re­vanche, la tâche s’avère plus com­pli­quée. À l’ex­port, sur le pre­mier mar­ché mon­dial, la Chine, le groupe fran­çais n’a ven­du que 212 000 vé­hi­cules sur neuf mois, en comp­ta­bi­li­sant l’Asie du sud-est, alors que Peu­geot était l’une des pre­mières marques, avec Volks­wa­gen, à s’y im­plan­ter au dé­but des an­nées 1980. Idem pour le reste de la pla­nète, où seule­ment 133 600 uni­tés ont trou­vé pre­neurs en Amé­rique du Sud, 11 000 en Eu­ra­sie, 19 100 dans le Pa­ci­fique et 250 000 en Afrique. Tou­ché de plein fouet par “l’in­ter­dic­tion” amé­ri­caine aux en­tre­prises eu­ro­péennes de com­mer­cer avec l’Iran, sous peine de sanc­tions, PSA se prive ain­si, “po­li­ti­que­ment”, de près de 450 000 voi­tures par an (444 600 voi­tures en 2017), qui fai­saient de l’Iran son pre­mier mar­ché à l’ex­port. La po­li­tique ex­té­rieure de Trump ne fait dé­ci­dé­ment de bien à per­sonne. ●

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