51 ANS… ET APRÈS ?

Autoflash - - Éditorial -

La Porsche 911 vient de fê­ter ses cin­quante ans. Avec plus ou moins de

bon­heur, les ma­ga­zines spé­cia­li­sés se sont lan­cés dans de di­thy­ram­biques com­mé­mo­ra­tions ten­dant à faire croire que le mo­dèle n’a fi­na­le­ment que très peu évo­lué de­puis sa pré­sen­ta­tion au salon de Franc­fort 1963. Ce­la re­lève de l’im­pos­ture, évi­dem­ment. Hor­mis le nombre de cy­lindres et leur dis­po­si­tion, il n’existe ab­so­lu­ment au­cune pas­se­relle tech

nique, ni même sty­lis­tique entre la 9O1 de Franc­fort et la 991 ac­tuelle. Dans les an­nées soixante, soixante- dix et même jus­qu’aux an­nées quatre- vingt, une Porsche 911 était une voi­ture d’ex­cep­tion pour gens ex­cep­tion­nels. Ce n’était pas une ques­tion d’ar­gent. On pou­vait “en avoir“et choi­sir une Ja­guar ou un cou­pé Mer­cedes. Cer­tains, à la ri­gueur, op­taient pour une BMW. À l’époque, ce n’était pas en­core vul­gaire. Au­jourd’hui, n’im­porte qui roule en Porsche 911. Et quand je dis “n’im­porte

qui“, c’est vo­lon­tai­re­ment pé­jo­ra­tif et dé­li­bé­ré­ment pro­vo­ca­teur. En dou­blant, tri­plant, qua­dru­plant sa pro­duc­tion, Porsche a vou­lu qu’il en soit ain­si. Si l’on ex­cepte quelques mo­dèles comme la GT3 ou la GT2 -

ré­ser­vée aux pu­ristes consti­tuant moins de 5 % de la clien­tèle du construc­teur al­le­mand - une Porsche 911 mo­derne ne fait plus rê­ver per­sonne. Même pas son pro­prié­taire, in­ca­pable d’en ti­rer la quin­tes­sence et

n’en éprou­vant pas l’en­vie de toutes les ma­nières. Car en­fin, quoi ! Rou­ler en Porsche 911 de nos jours, c’est exac­te­ment comme si votre per­mis dé­ci­dait de se sui­ci­der ! Où ré­side l’in­té­rêt de pous­ser une pe­tite pointe en hy­po­crite ? La po­lice est par­tout, les gen­darmes sont par­tout, les ra­dars sont par­tout… Bien­tôt, nous en trou­ve­rons dans nos rampes de par­king. Bien­tôt, les en­fants se­ront fla­shés

dans les squares pour ex­cès de vi­tesse en voi­tures à pé­dales. Une Porsche 911 dans ces condi­tions, non mer­ci. Très peu pour moi… Mais une « an­cienne » , alors là, d’ac­cord ! Une de mes vagues re­la­tions vient d’ac­qué­rir une 964 Car­re­ra 2 boîte Tip­tro­nic. Lui, au moins, on peut dire qu’il se fait plai­sir quand il conduit. Un peu peur, aus­si, de temps en temps… Il n’a pas sai­si la sub­ti­li­té du trans­fert des masses sur une 911 de cette gé­né­ra­tion, mais ce n’est qu’une ques­tion de temps. Je lui ai conseillé de rem­pla­cer ses pneus ja­po­nais par des Pi­rel­li ou des Mi

che­lin, mais il ne veut rien sa­voir. Tant pis pour lui.

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