F 512 m La der­nière de La Fa­mille

Autoflash - - Sommaire - Texte : Jean-Fran­çois Louviers Pho­tos : Sven Nils­sen

Pour sa fin de car­rière, la Tes­ta­ros­sa ne mé­ri­tait sans doute pas les re­touches de style qui abou­tirent à la F 512 M. Pi­nin­fa­ri­na abî­ma sans conteste une lé­gende, et fit en sorte que la 550 Ma­ra­nel­lo, qui lui suc­cé­da en 1996, ter­mi­na le tra­vail. Elle reste la der­nière des Fer­ra­ri à mo­teur 12 cy­lindres boxer construites à ce jour.

La Fer­ra­ri F 512 m (mo­di­fi­ca­ta) pré­sen­tée au sa­lon de pa­ris 1994 fut ar­rê­tée en juin 1996, soit quatre mois avant la sor­tie de sa rem­pla­çante au sa­lon de pa­ris, la 550 ma­ra­nel­lo. en moins de deux ans, il en fut fa­bri­qué 503 exem­plaires, ce qui est loin d’être ri­di­cule com­mer­cia­le­ment par­lant. Les clients qui ve­naient d’une 512 Tr et pas­saient à la F 512 m avaient tous la même ré­ac­tion : pas vrai­ment dé­çus, pas vrai­ment en­chan­tés… Le de­si­gn était le point faible de la der­nière Fer­ra­ri à mo­teur 12 cy­lindres boxer. Ce­la al­lait des phares fixes aux jantes bou­lon­nées asy­mé­triques en pas­sant par les feux ar­rière ronds sem­blant hâ­ti­ve­ment ajou­tés. Com­men­taires su­per­flus.

Une bi­cy­clette par rapport à la Dia­blo !

La voi­ture que nous avons reprise en mains le temps d’une ma­ti­née ne nous est pas ap­pa­rue dif­fé­rente de la 512 Tr que nous avions quit­té une se­maine plus tôt. en pas­sant de 428 à 440 che­vaux, le flat 12 Fer­ra­ri ne don­nait pas l’im­pres­sion d’être plus puis­sant, seule­ment plus souple, plus li­néaire à partir de 4 000 tr/mn avec la pos­si­bi­li­té de re­prendre vers 70 km/h en qua­trième avec une force bien su­pé­rieure à sa de­van­cière.

on com­pa­rait la F 512 m à la Lam­bor­ghi­ni dia­blo cou­rant 1995, mal­gré le fait que cette der­nière dé­ve­lop­pa 492 ch. en per­for­mances pures (327 km/h et 21“0 au ki­lo­mètre contre 315 km/h et 22“7), la Fer­ra­ri était lo­gi­que­ment dé­pas­sée. en termes de fa­ci­li­té d'ex­ploi­ta­tion, il en al­lait au­tre­ment. Face à la dia­blo, cette Fer­ra­ri était une bi­cy­clette ! Beau­coup moins fa­ti­gante à maî­tri­ser que la Lam­bor­ghi­ni car moins pe­sante, plus spon­ta­née, pro­cu­rant des in­for­ma­tions plus claires et des ré­ponses plus nettes dans tous les do­maines, la Fer­ra­ri nous est re­ve­nue comme la splen­dide spor­tive qu’elle était à la fin des an­nées 1990. en­core au­jourd’hui, je pré­fère cent fois conduire une F 512 m qu’une dia­blo, même si je pré­fère cent fois re­gar­der une dia­blo qu’une F 512 m…

Dé­pha­sés par les spor­tives mo­dernes…

pour au­tant, et mal­gré l'abais­se­ment des centres de gra­vi­té et de rou­lis, le tra­di­tion­nel bal­lant qui af­fec­tait la Tes­ta­ros­sa, puis la 512 Tr dans les chan­ge­ments de cap n'a pas en­tiè­re­ment dis­pa­ru. avec une cer­taine in­sta­bi­li­té au frei­nage (do­té de l’aBs), lorsque ce­lui-ci doit s'opé­rer en phase de dé­bat­te­ment de sus­pen­sion, ou sur une tra­jec­toire pas tout à fait rec­ti­ligne. Ces phé­no­mènes re­pré­sentent les fac­teurs les plus li­mi­ta­tifs af­fec­tant le com­por­te­ment, par ailleurs des plus sains, de la F 512 m. sans doute sommes-nous dé­pha­sés par le sans-faute des spor­tives ac­tuelles qui passent 500 che­vaux à la route sans don­ner l’air d’y tou­cher, avec leurs aides élec­tro­niques à la conduite.

Ma­niable jus­qu’à un cer­tain point

Le train avant se montre au­tre­ment plus in­ci­sif que sur la Tes­ta­ros­sa et la mo­tri­ci­té, grâce aux p Ze­ro sans doute, mais aus­si à l'au­to­blo­quant ren­for­cé, est im­pres­sion­nante. La li­mite de dé­cro­chage est at­teinte à des vi­tesses plus

éle­vées que sur la 512 Tr et sans com­mune me­sure avec la Tes­ta­ros­sa qui prend un sa­cré coup de vieux. évi­dem­ment, les ré­ac­tions du châs­sis dans les ma­noeuvres d’ur­gence n’ont rien de com­pa­rable avec une pe­tite Fer­ra­ri style 360 mo­de­na ou F430. sans as­sis­tance, la di­rec­tion est d’une fran­chise ab­so­lue, mais ne par­donne rien sur mau­vais re­vê­te­ment. quant au 12 cy­lindres boxer, il se ré­vèle un vé­ri­table en­chan­te­ment comme d’ha­bi­tude et l'on en pro­fite d'au­tant mieux que la ma­nia­bi­li­té de la boîte de vi­tesses – sur­tout dans l’en­ga­ge­ment des 3e et 4e rap­ports – reste d’une sur­pre­nante agi­li­té, pour au­tant que l’huile soit en tem­pé­ra­ture. re­frain connu sur une Fer­ra­ri. La F 512 M n’est pas notre pré­fé­rée dans la fa­mille Tes­ta­ros­sa. Il fau­drait conser­ver son châs­sis et son mo­teur, et mettre des­sus la caisse de la 512 TR pour ob­te­nir l’ac­cord par­fait. Ce bref re­tour en ar­rière au­ra au moins confir­mé une chose : entre la Tes­ta­ros­sa de 1984 et la F 512 M de 1996, la com­pa­rai­son s’ar­rê­tait aux cotes du mo­teur boxer, iden­tiques sur les deux voi­tures. Pour le reste, c’était la nuit et le jour.

La F 512 M, der­nière évo­lu­tion de la dy­nas­tie Tes­ta­ros­sa, res­ta en pro­duc­tion moins de deux ans (oc­tobre 1994 – juin 1996). De­puis, Fer­ra­ri n’a plus ja­mais fa­bri­qué de voi­ture à mo­teur 12 cy­lindres boxer en po­si­tion cen­trale.

En pas­sant de 428 ch à 440 ch, le 12 cy­lindres Boxer ne condi­tion­nait pas un ac­crois­se­ment spec­ta­cu­laire des per­for­mances. Prio­ri­té était don­née à la sou­plesse à moyen ré­gime.

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