FLO­RENCE, 44 ANS,

consul­tante et for­ma­trice en com­mu­ni­ca­tion

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J’ai tro­qué les les­sives contre le yoga

J’étais LA ma­man hy­per dé­vouée. Celle qui ré­veille ses en­fants avec le pe­tit déj’ tout prêt, cui­sine des plats équilibrés, range les chambres, veille à ce qu’ils se tiennent en pu­blic et soient bien ha­billés. Celle qui fait taxi, in­fir­mière et pa­rent dé­lé­gué. Pas de temps mort : j’al­lais les cher­cher à l’école, m’oc­cu­pais d’eux jus­qu’au cou­cher et je re­bos­sais en­suite. Je n’étais pas dans le sa­cri­fice, je vou­lais juste que mes en­fants soient au top, dans leur vie mais aus­si vis-à-vis de la so­cié­té. Le hic, c’est que j’ai fait un burn out, il y a quatre ans. A force de me­ner de front ma vie de ma­man so­lo et la créa­tion de mon ac­ti­vi­té, je me suis écrou­lée. Ce qui m’a ai­dée ? Le livre d’Isa­belle Fillio­zat, Il n’y a pas de pa­rent par­fait (éd. Poche Ma­ra­bout), et ma for­ma­tion en CNV (Com­mu­ni­ca­tion non vio­lente). Sans par­ler du yoga… J’ai ar­rê­té de ré­pondre à toutes les sol­li­ci­ta­tions de mes en­fants. Car, au fond, c’était ça : je leur di­sais oui pour qu’ils me trouvent gé­niale et m’aiment. Au­jourd’hui, je reste à leur écoute mais pas for­cé­ment à l’ins­tant T, je lâche prise sur pas mal de choses (no­tam­ment le ran­ge­ment des chambres…) et je pense à moi. Ce qui si­gni­fie lais­ser ren­trer seule ma fille de l’école, faire gar­der mes en­fants par ma mère pour par­tir quinze jours en va­cances. Le re­gard so­cial, main­te­nant, je m’en fous. Ma fille s’ha­bille bi­zar­re­ment ? Pas grave. Il m’ar­rive en­core de cra­quer mais je n’ai pas de honte à pleu­rer de­vant mes en­fants. Je leur ex­plique que je ne suis pas Won­der Wo­man, qu’il m’ar­rive de me sen­tir nulle et que ça va pas­ser. Je suis de­ve­nue im­par­faite et j’as­sume.

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