‘‘J’ai com­pris que moins on se crée un per­son­nage, plus on est soi, plus on plaît’’

Be - - PRECIOUS -

pour meu­bler. Puis je ten­te­rais l’hu­mour, en es­pé­rant que ce­la prenne. Mon­ter dans un as­cen­seur, c’est tou­jours un peu une prise d’otage, la bulle d’in­ti­mi­té qui en­toure chaque être hu­main est for­cé­ment écla­tée. D’au­tant plus qu’on ne choi­sit pas la musique qui y passe. Vous y dif­fu­se­riez quoi, vous ? Le rêve se­rait d’avoir un juke-box, mais si­non, des trucs plu­tôt Na­ture et Dé­cou­vertes : des bruits de pluie, d’oi­seaux, de feuilles qui bruissent ... On est loin du rock sa­ta­nique de “Pop Redemption” ! C’est vrai, mais le film est fi­na­le­ment loin du me­tal. C’est un long-mé­trage sur une bande de potes, sur l’ami­tié. La ca­mion­nette sur les routes pen­dant des heures, la tour­née en pro­vince, les prises de bec où tu te fais la gueule une de­mi-heure, puis où tu te sautes dans les bras, les coups d’oeil sur scène où l’autre com­prend en une frac­tion de se­conde qu’il a dé­con­né... Ce road-trip, je l’ai vé­cu des di­zaines de fois avec Dig Up El­vis, mon pre­mier groupe. L’ami­tié en prend par­fois un coup, mais n’en est en­suite que plus forte. Et, comme dans le film, il y a un mo­ment où, même si on a tout par­ta­gé de­puis l’ado­les­cence, qu’on se connaît par coeur, l’âge adulte vous rat­trape et des choses changent né­ces­sai­re­ment. Ah, la crise de la tren­taine... Vous l’avez vé­cue ? Pour moi, ça a été l’in­verse d’une crise. J’ai eu 30 ans l’an der­nier et je n’ai ja­mais été aus­si bien. C’est comme un apai­se­ment par rap­port à toutes ces choses un peu ra­pides qui me sont ar­ri­vées après la “Nou­velle Star”. L’en­droit où tu vis, les gens que tu ren­contres, les ré­ac­tions des autres : quand toute ta vie change en trois mois, c’est gé­nial mais violent. Au­jourd’hui, j’ai la sen­sa­tion que les pièces d’un puzzle se sont mises en place. Ma vie con­corde avec ce qu’il y a en moi. Je me sens mieux dans ma peau, avec ma musique, mon tra­vail, les gens au­tour de moi. Avec les femmes aus­si ? Oui. Di­sons que j’ai com­pris que moins on se crée un per­son­nage, plus on est soi, plus on plaît. Ce qu’il y a de vrai dans un vi­sage ou dans les mots, même ce qui est mal­adroit, est en réa­li­té beau­coup plus sé­dui­sant. Ça m’a pris beau­coup de temps pour in­té­grer ça, pour me ras­su­rer. Au dé­but, avoir du suc­cès était flat­teur, mais je me de­man­dais pour­quoi, d’un coup, je plai­sais. Alors, je me suis construit une ca­ra­pace. Mais, sur­tout, je me suis ren­du compte que la sé­duc­tion, si plai­sante soit-elle, est une sur­face. L’amour dé­passe tout. Je n’ai été amou­reux qu’une fois dans ma vie, mais c’est au-de­là de tout le reste. C’est ce qui vous rend vi­vant. Ce­ci dit, je ne suis pas amou­reux au­jourd’hui, je suis seul avec ma musique et mes potes, et c’est très bien aus­si ! Les amis, c’est im­por­tant ? Les vrais. Oui. J’ai vé­cu pas mal de dé­cep­tions. Au dé­but, on a l’im­pres­sion d’être at­ta­chant et tou­chant parce qu’on est soi, mais quand on s’aper­çoit

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