CEN­DRILLON AU RÉ­VEIL

Be - - DRESS CO D E S -

La suite im­pé­riale, 220 m2 de mo­quette feu­trée, a été ré­ser­vée pour le shoo­ting. Avec dix mi­nutes de re­tard, la voi­là qui dé­boule, en­tou­rée d’une garde rap­pro­chée, dé­vouée. Des pois­sons-pi­lotes – sty­liste, coif­feur, bo­dy­guard, pu­blic re­la­tions ma­na­ger..., qui la suivent de­puis ses 15 ans ; ils savent en su­per­pré­da­teurs hol­ly­woo­diens, que Se­le­na peut les nour­rir long­temps. Une chose sur­prend, au pre­mier contact : ce dé­ca­lage entre son air ju­vé­nile – ba­by face, at­taches fines, voix de Min­nie Mouse – et un sang-froid de vé­té­ran qui en a vu. Il fau­dra que l’on s’y penche d’ailleurs, plus tard dans l’ar­ticle. Pour l’heure, elle est as­sise en tailleur sur la ban­quette, prête pour la promo de “Stars Dance”*. Un pre­mier al­bum so­lo, pro­duit en par­tie par le col­lec­tif Star­gate (au­quel on doit des tubes pla­né­taires de Beyon­cé ou Ri­han­na), sur le­quel elle a gar­dé un contrôle ab­so­lu. “Pour avoir en­vie de le dé­fendre sur scène”, jus­ti­fie-t-elle, sa tour­née mon­diale de la ren­trée en tête**. Onze titres de dance floor donc, propres et re­muants, les ac­cus char­gés à bloc, la voix op­ti­mi­sée à l’Au­to-Tune. Voi­là pour le disque. Pas­sons aux choses in­té­res­santes. Non, il ne s’agit pas de Jus­tin Bie­ber. Pas de bol : le su­jet est ta­bou, il nous a été in­ter­dit d’évo­quer la “chose” en in­ter­view. Le tête-à-tête avec Se­le­na se dé­roule en pré­sence de son at­ta­chée de presse, sa sty­liste (Ba­sia Ri­chard), une amie (?), un garde du corps, et deux autres per­sonnes qui ne se sont pas pré­sen­tées. Ce qui vous laisse ima­gi­ner le de­gré d’in­ti­mi­té de la conver­sa­tion. Et la pro­fon­deur de l’échange. Dé­mar­rons d’ailleurs, l’heure tourne, les vingt mi­nutes vont fi­ler. Vite, on la sou­met au jeu du avant/après : ici, une pho­to d’elle de l’époque “Les Sor­ciers de Wa­ver­ly Place”, la sit­com Dis­ney Cha­nel (2007-2012) qui l’a ré­vé­lée. Elle est mi­mi en sor­cière bie­nai­mée Jr., avec sa ba­guette ma­gique, son gri­moire, et sa raie sur le cô­té. Là, une pho­to de “Spring Brea­kers”, où elle sur­joue la bitch aux cô­tés des trois autres ac­trices, décolleté pi­geon­nant et langue sor­tie. What the fuck ?! Au­tre­ment tra­duit, “Que s’est-il pas­sé entre les deux ?” Se­le­na, après un éclat de rire, se re­prend et rai­sonne : “C’est simple : ici j’ai 14 ans, là, j’en ai 20. J’as­sume les deux. Ce n’est pas moi que vous mon­trez. Mais deux per­son­nages que j’ai in­car­nés fiè­re­ment, nuance.” Et toc.

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