‘‘Il n’y a rien de mal à de­ve­nir une jeune femme après avoir été une ado. J’y vais step by step’’

Be - - DRESS CO D E S - — GAËL L E BELLEGO

cas­ser son image à coup de fourche ? La voir chez Har­mo­ny Ko­rine (cos­cé­na­riste de “Kids” !), se dé­han­cher en Bi­ki­ni ou su­ço­tant un flingue, ca­goule rose sur la tête, tranche sé­vère avec ses teen mo­vies (ineptes) d’avant. Que celles qui n’ont pas eu une ca­rie rien qu’en ma­tant le su­cré “Bien­ve­nue à Monte-Car­lo” nous jette la pre­mière rou­lette de den­tiste... La sa­voir bien­tôt à l’af­fiche de “The Ge­ta­way”, po­lar bur­né avec Ethan Hawke, ou de “Rud­der­less”, sombre mé­lo sur le deuil, confirme le bou­le­ver­se­ment. Idem avec le clip de son single “Come And Get It” où, de robes ajou­rées en lèvres pur­pu­rines, l’ado la­ti­na est de­ve­nue une bom­ba li­bi­do. Elle tem­père : “Je sais d’où je viens, et que c’est un tour­nant. La tran­si­tion est dé­li­cate. Mais il n’y a rien de mal à de­ve­nir une jeune femme après avoir été une ado, et ga­gner en confiance. C’est un nou­veau dé­part pour moi. Je vais veiller à ne pas par­tir trop vite, et ex­plo­rer le monde adulte step by step.” Peut-être, comme des pa­rents qui ne voient pas leurs en­fants gran­dir, avons-nous au­jourd’hui le ré­veil bru­tal... Mais a-t-elle dé­jà été en­fant ? On re­voit les images du di­no­saure vio­let et de la pieuvre. Ef­froi : sous l’ap­pa­rence pou­pine de ses 9 ans, il y a cette dé­ter­mi­na­tion. Dé­jà. On se re­fait alors un ka­léi­do­scope de sa vie en ac­cé­lé­ré : des pa­rents qui l’ont eu à 16-17 ans, et se sé­parent quand elle en a 5, une mom­ma­ger (Man­dy Tee­fey) qu’elle veut sé­duire à tout prix, une soif de re­vanche so­ciale, l’école Dis­ney qui forme des bêtes à promo, du suc­cès qui blinde, de l’en­tou­rage qui cui­rasse (“J’aime qu’on me pro­tège”, se dé­fend-elle, quand on se moque de son en­tou­rage sur les dents), des mil­liers d’in­ter­views au comp­teur, une ligne de vê­te­ments (Dream Out Loud) à 17 ans... Se­le­na a de l’aplomb, trop par­fois, au risque de te­nir, en en­tre­tien, plus du ro­bot mul­ti­fonc­tion que de l’ar­tiste sen­sible. “C’est vrai que je peux don­ner cette im­pres­sion. Mais je pré­fère res­ter fo­ca­li­sée sur la musique ou le ci­né­ma, et ne pas dé­ri­ver sur... autre chose. Je com­prends que ce­la puisse frus­trer.” Se­le­na, comme pour prou­ver son hu­ma­ni­té, nous par­le­ra alors de son goût pour les tor­tillas de sa grand-mère, les films d’hor­reur et les chiens. Mais au gong fi­nal, d’ins­tinct, elle change de masque, et se fen­dra d’un “thank you” qui veut dire “au re­voir”. * Dans les bacs le 23 juillet (Mer­cu­ry). ** Une tour­née qui dé­marre le 14 août et l’em­mène de Van­cou­ver à New York, avec un stop au Zé­nith de Pa­ris le 5 sep­tembre pro­chain.

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