“JE VEUX QU’ON SE SOU­VIENNE DE MOI”

Be - - TOUT DE SUITE -

À 23 ANS, LA BELLE PLANTE AUS­TRA­LIENNE FLEU­RIT EN TÊTE DES CHARTS U.S., ET EN­TEND POUS­SER EN­CORE PLUS

HAUT AVEC SON PRE­MIER AL­BUM.

Ni queue-de-che­val SM ni air bit­chy comme dans le clip de “Pu$$y” : notre rap­peuse, bru­shing du ma­tin, plus polychrome qu’une pho­to de La­Cha­pelle, entre gen­ti­ment dans la suite, cha­loupe à peine, mou­lée dans sa robe Ma­ry Ka­trant­zou, or­née d’oi­seaux exo­tiques. Puis ré­pond à tout, avec une ma­tu­ri­té qu’on ne lui soup­çon­nait pas. Ig­gy Aza­lea (re)vient de loin, il est vrai. Du bush aus­tra­lien exac­te­ment.

On m’a dit que vous étiez ti­mide. Ça me sur­prend un peu...

Oui, moi aus­si.

... alors que vous in­car­nez le rap fé­mi­nin white trash.

Je ne pense pas être white trash. Mes clips, à la li­mite. Il me semble que c’est une per­cep­tion eu­ro­péenne. Aux États-Unis, n’im­porte quelle fille danse comme moi en club, et là-bas, on ne di­rait pas que mon rap sonne white trash, mais plu­tôt “Mia­mi bass”. Amu­sant, ce dé­ca­lage.

C’est fa­cile d’en­trer dans le mi­lieu du rap US quand on est une femme ?

C’est com­pli­qué, a for­tio­ri parce que je suis blanche. Le blo­cage est mar­ke­ting : ce sont les la­bels qui freinent, ils craignent que tu ne vendes pas. Par contre, je n’ai ob­ser­vé ni ma­chisme ni ra­cisme an­tib­lanc des ar­tistes eux-mêmes. J’ai même été plu­tôt sou­te­nue.

Pour avoir un flow pa­reil, vous vous êtes en­traî­née long­temps de­vant la glace ?

[Rires.] Vous avez rai­son, dans ma chambre d’ado, j’es­sayais des play­backs sur l’al­bum “Ka­mi­kaze” du rap­peur de Chi­ca­go, Twis­ta, qui a la ré­pu­ta­tion d’avoir le flow le plus ra­pide. J’écri­vais même dans un ca­hier tous ses ly­rics, et j’al­lais cor­ri­ger ceux que je trou­vais sur In­ter­net. Ça im­pres­sion­nait mes potes.

Votre en­fance en Aus­tra­lie res­sem­blait à quoi ?

Une en­fance hip­pie. Mes pa­rents étaient “dé­crois­sants” (an­ti­con­som­ma­teurs) et se sont ré­fu­giés dans le bush, au sein d’une com­mu­nau­té ru­rale, où l’on se soigne à coup de mé­de­cine chi­noise et de cris­taux de gué­ri­son, et où tout le monde fume de la ma­ri­jiua­na. Ils m’ont éle­vée dans le ques­tion­ne­ment des choses. Co­ol.

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