LES FILLES DU MOYEN ÂGE FONT LE MAXI­MUM

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“Game of Th­rones”, “Vi­kings”, “The White Queen”… : à voir la flo­pée de sé­ries mé­dié­vales qui car­tonnent, les femmes d’alors en avaient. Ain­si, Eli­za­beth Wood­ville (ci-des­sus), fière et cou­ron­née, dra­pée d’or et d’hermine, fait noble fi­gure. Le quo­ti­dien an­glais “The Te­le­graph” iro­nise même, la trou­vant trop “ma­nu­cu­rée” pour être hon­nête. Notre White Queen d’An­gle­terre du XVe siècle as­sure les belles au­diences, cet été, de la BBC. Et tord le cou à un pon­cif : non, le Moyen Âge n’était pas aus­si mi­so­gyne que ça. On re­pense alors aux sé­ries épiques “Vi­kings” et “Game of Th­rones”, à leurs hé­roïnes éman­ci­pées, La­ger­tha ou Arya Stark, bien loin de “Sois bo­bonne et tais-toi”. La créa­tion té­lé 2013, dans sa fas­ci­na­tion mé­dié­vale, au­rait-elle ten­dance à su­bli­mer le fé­mi­nin ? À lui in­ven­ter un pou­voir et des droits qu’il n’avait pas ? Nous in­ter­ro­geons l’his­to­rienne So­phie Cas­sagnes-Brou­quet, pro­fes­seure à l’uni­ver­si­té Tou­louse II-Le Mi­rail* : “À tort, le Moyen Âge a été long­temps per­çu comme ré­gres­sif. Or, il fut, au contraire – en rup­ture avec l’An­ti­qui­té du­rant la­quelle Aris­tote as­si­mi­lait la femme à un « mâle man­qué » ! –, une pé­riode de pro­grès et de plus grande pa­ri­té. Ain­si a-t-on vu des femmes tra­vailler, exer­cer des mé­tiers in­at­ten­dus (for­ge­ron, gar­dienne de tour…), dé­fendre des théo­ries fé­mi­nistes (comme la poé­tesse Ch­ris­tine de Pi­san), et ac­cé­der au pou­voir. Épi­dé­mies de peste et guerres leur lais­saient de la place. Pas d’an­gé­lisme tou­te­fois, le dis­cours res­tait sexiste : la femme est l’in­fé­rieur de l’homme. À no­ter en­fin, l’ex­cep­tion fran­çaise : au XIVe, la loi sa­lique in­ter­di­sait aux femmes de pré­tendre au trône de France. Alors que par­tout ailleurs do­mi­naient des Ma­rie Tu­dor et Isa­belle de Cas­tille…” Stop. Les sé­ries made in Hol­ly­wood ou ailleurs ne s’em­bar­rassent pas de ces nuances. *Au­teure de “La Vie des femmes au Moyen Âge” (Édi­tions Ouest-France) et de “Che­va­le­resses : une che­va­le­rie au fé­mi­nin” (Éd. Per­rin, à pa­raître en oc­tobre). L’avis de Gaël Le Bellego, ré­dac­teur cul­ture et so­cié­té : “L’au­baine est trop belle : glis­ser, dans un uni­vers vi­ril à sou­hait (fait de rois fous, de traîtres et d’épées phal­liques), ce soup­çon de gla­mour pour plaire à tous les pu­blics, mas­cu­lin et fé­mi­nin. Car, voyez-vous, la course à l’au­dience, c’est une autre His­toire.”

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