EVA MENDES, L’IN­TER­VIEW 100 % MODE

Be - - XOXOX E - — PRO­POS RE­CUEILLIS PAR F IONA SCH­MIDT

NOU­VELLE ÉGÉ­RIE DE VOGUE EYEWEAR, LA FEMME LA PLUS EN­VIÉE AU MONDE (ELLE A CHO­PÉ

RYAN GOS­LING) NOUS PARLE DE MODE, DE DÉ­CO ET... DE PLATS PI­MEN­TÉS.

Eva Mendes a fait son en­trée à Hol­ly­wood sur un bran­card, dans la sé­rie “Ur­gences”. C’était en 1997 et, de­puis, comme son col­lègue George Cloo­ney, elle a pris du ga­lon, au ci­né­ma comme en mode. Dans “The Place Beyond the Pines”, son der­nier film en date – sur le tour­nage du­quel elle a conquis Ryan Gos­ling –, elle ap­pa­rais­sait cer­née et ébou­rif­fée, nue sous un dé­bar­deur trop court, trois mé­dailles au ras des sa­lières, ses jambes ca­ra­mel fu­sant d’une mi­ni­jupe en jean. Évi­dem­ment, elle était tor­ride : même sa­pée comme un cau­che­mar d’An­na Win­tour, cette fille ba­lance des phé­ro­mones par poi­gnées. Dans la suite de cet hô­tel de luxe où nous la ren­con­trons, elle est tout aus­si spec­ta­cu­laire, cha­leu­reuse, mais ré­ser­vée, presque ti­mide. On la com­pli­mente sur sa robe Dolce&Gab­ba­na, et, sou­dain, c’est comme si l’on avait ap­puyé sur un in­ter­rup­teur dans son es­prit : schling, le sou­rire, hel­lo, les fos­settes ! “En gé­né­ral, je n’aime pas quand... [Elle agite les mains de­vant sa gorge avec une gri­mace co­mique, ndlr.] Vous sa­vez, je suis as­sez à poil dans mes films ! Mais cette robe-ci, je ne sais pas, je l’aime bien.” Son at­ta­chée de presse nous a in­ter­dit de lui po­ser la moindre ques­tion per­son­nelle – comme si c’était notre genre ! –, alors on a ti­tillé sa fibre mode. “Pour une fois !”, s’ex­clame-t-elle, ra­vie. En­tre­tien dou­ble­ment ex­cep­tion­nel, donc. Vous in­té­res­sez-vous à la mode en de­hors des pé­riodes de pro­mo­tion ? C’est le ci­né­ma qui m’a fait ai­mer ça. La fa­çon dont s’ha­bille un per­son­nage dit beau­coup sur lui, sur son en­vi­ron­ne­ment, ses goûts, ses as­pi­ra­tions... De ma­nière gé­né­rale, les vê­te­ments sont un moyen d’exal­ter cer­tains traits de sa per­son­na­li­té. Même si je m’y suis mise par conscience pro­fes­sion­nelle, au­jourd’hui, j’adore la mode. Vous avez d’ailleurs suc­cé­dé à Kate Moss et à Gi­sele Bünd­chen pour re­pré­sen­ter la marque Vogue Eyewear, alors que vous pos­sé­dez toutes les trois des styles très dif­fé­rents. Si vous étiez une paire de lu­nettes, quel mo­dèle se­riez-vous ? Une paire as­sez large, un peu ré­tro, comme celles que je porte dans la cam­pagne shoo­tée par Ma­rio Tes­ti­no [pho­tos ci-contre]. Et si vous étiez un vê­te­ment ? Une robe, sans au­cun doute – je ne mets qua­si­ment ja­mais de pan­ta­lon –, comme celle que je porte au­jourd’hui, aux ge­noux, fluide mais qui marque la taille, très fé­mi­nine, as­sez old school, et pas trop dé­col­le­tée ! Un ac­ces­soire ? Pro­mis, c’est la der­nière ques­tion du fashion por­trait chi­nois ! [Elle sou­rit, l’air amu­sé.] Ne vous gê­nez pas, au contraire. Per­sonne ne me parle ja­mais de mode, je ne dois pas être as­sez bien ha­billée... Pour ré­pondre à votre ques­tion, je di­rais... un col­lier. J’en porte de­puis peu, ne me de­man­dez pas pour­quoi j’ai at­ten­du si long­temps, mais je trouve que ça fi­nit une te­nue, ça la re­hausse même, si elle est trop ba­sique. Mon tic du mo­ment, c’est d’as­sor­tir col­lier et boucles d’oreilles : c’est un crime, en mode, non ? [Pas du tout ! Fri­da Gian­ni­ni en a fait un fashion sta­te­ment sur le dé­fi­lé prin­temps-été de Guc­ci, ndlr.] Vous n’avez ja­mais in­car­né une icône de mode, mais quel est se­lon vous votre film le plus fashion ? [Elle ré­flé­chit.] “Ho­ly Mo­tors”, le film que j’ai tour­né avec Leos Ca­rax. Ces ban­de­lettes, la robe dé­chi­rée... C’était très sexy, to­ta­le­ment im­por­table, plus ar­tis­tique que vrai­ment mode, en fait. Qui sont vos mo­dèles du style ? [Sans hé­si­ter.] So­phia Lo­ren et Va­nes­sa Pa­ra­dis. Elles n’ont pas du tout le même style mais, cha­cune à leur ma­nière, je les trouve tou­jours très fé­mi­nines, et ja­mais too much ni vul­gaires. Un fashion ta­bou ? Les Ugg ! Je ne les trouve pas moches, mais ce n’est pas du tout moi. Dom­mage, ça a l’air très confor­table. Si vous de­viez n’em­por­ter qu’une seule chose en va­cances, que choi­si­riez-vous ? Un bon bou­quin. J’adore les bio­gra­phies, no­tam­ment. Plus il y a de pages, mieux c’est ! Et si vous aviez une toute pe­tite va­lise ? En plus du livre ? Alors, je pren­drais un Bi­ki­ni, car je pars tou­jours au so­leil. Une paire de so­laires, de l’écran to­tal, un fla­con d’huile de co­co, un ex­cellent hy­dra­tant pour la peau et les che­veux, des gé­lules de zinc, très bon pour l’épi­derme, et du pi­ment en poudre. Ça rend man­geable n’im­porte quel plat, même le plus in­fecte ! En­fin, quel est le meilleur conseil mode qu’on vous ait ja­mais don­né ? J’ai tou­jours été une pas­sion­née de dé­co. Il y a quelques an­nées, une amie sty­liste m’a conseillé de faire avec mes vê­te­ments ce que je fai­sais avec les meubles et les ob­jets : mixer. Et oser. Ça va beau­coup mieux, de­puis. En­fin, j’es­père !

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