LET’S TALK ABOUT SEX

Be - - TOUT DE SUITE - — CLA­RENCE ED­GARD- RO­SA

QLE 29 SEP­TEMBRE DÉ­BARQUE SUR LA CHAÎNE AMÉ­RI­CAINE SHOW­TIME UNE SÉ­RIE INS­PI­RÉE DE LA VIE DE WILLIAM MAS­TERS

ET VIR­GI­NIA JOHN­SON, PION­NIERS DE LA SEXOLOGIE ET COUPLE MY­THIQUE.

ue se passe-t-il dans le corps hu­main pen­dant un rap­port sexuel ? C’est la ques­tion à la­quelle les scien­ti­fiques William Mas­ters et Vir­gi­nia John­son ont dé­dié leur vie. Dès le 29 sep­tembre, “Mas­ters of Sex”, nou­velle sé­rie de la chaîne amé­ri­caine Show­time, nous pose la même colle. Après “Dex­ter”, “Californication” et “Ho­me­land”, cette nou­velle ma­chine à Au­di­mat de douze épi­sodes ex­plore la col­la­bo­ra­tion pro­fes­sion­nelle et l’his­toire d’amour tu­mul­tueuse des deux cher­cheurs, cam­pés par Mi­chael Sheen (To­ny Blair dans “The Queen”) et Lizzy Ca­plan (Ge­na dans “Bachelorette”). Dans l’Amé­rique d’après-guerre, on pense en­core que la mas­tur­ba­tion est dan­ge­reuse pour la san­té. Le sexe est ta­bou, sur­tout au fé­mi­nin. Alors, quand Mas­ters et John­son en­tament leurs re­cherches en ob­ser­vant leurs pa­tientes, go­de­mi­ché entre les cuisses, pour me­su­rer les ef­fets chi­miques de l’or­gasme, c’est un scan­dale ! Taxés de per­ver­sion dès leur pre­mière pu­bli­ca­tion en 1957, Mas­ters et John­son tra­vaille­ront en étroite col­la­bo­ra­tion pen­dant trois dé­cen­nies, po­sant les bases de la sexologie telle qu’on la connaît au­jourd’hui. De leurs re­cherches, on re­tient sur­tout la dé­cou­verte scien­ti­fique de l’or­gasme mul­tiple, la re­con­nais­sance du cli­to­ris et le fa­meux adage : “La taille, ça ne compte pas.” Mais l’ex­ploit de ces deux ex­perts en sexe, c’est d’avoir fait fi­gu­rer la ba­ga­telle au rang des su­jets de dis­cus­sion ad­mis­sibles en so­cié­té. “Ce n’est rien de moins que la nais­sance de la vie !”, ré­pon­dait William Mas­ters sur les pla­teaux té­lé dans les an­nées 70, quand on lui di­sait que son duo avec Vir­gi­nia John­son avait contri­bué à ou­vrir le dé­bat dans les foyers amé­ri­cains. Le di­vorce du couple en 1994, après vingt et un ans de ma­riage, fut vé­cu par leurs nom­breux ad­mi­ra­teurs comme un ca­ta­clysme. Dans une in­ter­view don­née au “New York Times”, Vir­gi­nia John­son, 69 ans à l’époque, ra­con­tait son éton­ne­ment en dé­cou­vrant la “tonne de lettres” re­çue à l’an­nonce de la sé­pa­ra­tion. “C’est comme si mes pa­rents di­vor­çaient”, écri­vait une fan éplo­rée. “Comment pou­vez-vous ai­der les autres si vous ne pou­vez pas vous ai­der vous-mêmes ?”, pleur­ni­chait une autre. “C’est drôle, les gens sup­posent que nous avions for­cé­ment un pro­blème d’ordre sexuel !”, iro­ni­sait la cher­cheuse. À l’heure où le plai­sir fé­mi­nin reste un mys­tère pour beau­coup, l’his­toire de ces deux-là pro­met d’être riche d’en­sei­gne­ments.

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