AZ­ZE­DINE, EN LIGNES COURBES

Be - - BAZAR - Qu’a-t-il donc de plus que les autres ? Il est adu­lé dans le monde en­tier, mais reste en re­trait du fashion cir­cus. Pour­quoi ? Si sa mode est luxueuse donc chère, lui-même semble conscient de la réa­li­té de la vie...

3 ques­tions à Lau­rence Be­naïm, au­teure de “Az­ze­dine Alaïa, le prince des lignes” (éd. Grasset, pa­ru­tion le 2 oc­tobre), et di­rec­trice du ma­ga­zine “Sti­let­to”.

C’est un prince ! Sa mode, très struc­tu­rée mais ner­veuse, est à la fois éro­tique et d’une chas­te­té presque mo­na­cale qui touche au sa­cré. Il n’est ja­mais dans la ca­ri­ca­ture de la sé­duc­tion. Chez lui, la femme n’est pas of­ferte, elle est triom­phale. Il sculpte le corps sans pro­thèses, sans pad­dings, sans ar­ma­tures, et fait des femmes des sou­ve­raines, pas des tro­phées : avec lui, ce sont elles qui dé­cident.

Il n’est ab­so­lu­ment pas mon­dain, re­fuse tous les hon­neurs, toutes les va­ni­tés. Ce qui compte pour lui, c’est son tra­vail, même s’il est d’une grande cu­rio­si­té et qu’il puise beau­coup d’éner­gie dans ses liens ami­caux. Sa cui­sine, cette Fac­to­ry Alaïa où il re­çoit, est un chau­dron qui le nour­rit constam­ment, entre une hé­ri­tière ca­saque, un ou­vrier, une ar­tiste... Il mé­lange les gens sans dis­tinc­tion so­ciale. Une étran­ge­té dans un monde qui passe son temps à ju­ger, à jau­ger.

Il connaît le prix des choses. Il a vrai­ment les pieds sur terre et un grand dé­ta­che­ment par rap­port à l’exis­tence : il dit sou­vent qu’il pour­rait vivre avec du pain, des to­mates et de l’huile d’olive, pour­vu qu’il puisse conti­nuer de faire des robes... Nao­mi Camp­bell par Do­mi­nique Is­ser­mann en Alaïa en couv de “Sti­let­to” spé­cial 10 ans, à pa­raître le 9 oc­tobre.

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