Dans la peau de... Fri­da Kah­lo

Be - - SOMMAIRE - — FIO­NA SCH­MIDT

On me dit sur­réa­liste, alors que j’ai tou­jours re­pré­sen­té ma réa­li­té, cette souf­france phy­sique, qui froisse le vi­sage et l’es­prit. Mon cô­té sombre a juste em­prun­té les cou­leurs du Mexique, au­quel j’étais si at­ta­chée.

J’ai pas­sé la plu­part de ma vie à l’ho­ri­zon­tale, au lit, soit parce que j’étais ma­lade, soit parce que j’étais amou­reuse. J’ai eu au­tant de maux que d’amants, par­mi les­quels Léon Trots­ky, dont je par­ta­geais les idées.

L’AR­TISTE MEXICAINE EST PAR­TOUT : AU MU­SÉE, DANS LES LI­BRAI­RIES, AU THÉÂTRE... ET SOUS LA MOUS­TACHE DE FIO­NA SCH­MIDT.

Sur les 144 ta­bleaux que j’ai lais­sés à ma mort en 1954, le tiers est des au­to­por­traits. Je suis ve­nue à la pein­ture par ac­ci­dent : je vou­lais être mé­de­cin quand un bus m’a broyé les os. Pour échap­per à la dou­leur et à l’en­nui de ma conva­les­cence, j’ai peint ce que je voyais dans le mi­roir : on di­rait qu’un chat noir a dé­ra­pé sur mon vi­sage, non ?

Fé­mi­niste, bi­sexuelle, es­tro­piée puis am­pu­tée, ca­rac­té­rielle, in­tel­lec­tuelle – j’ai été l’une des pre­mières femmes ad­mises dans un éta­blis­se­ment sco­laire d’élite au Mexique –, ré­vo­lu­tion­naire... Pas éton­nant que mon ami An­dré Breton ait dit de mon art qu’il était “un ru­ban au­tour d’une bombe” !

L’amour de ma vie avait 21 ans de plus que moi, c’était un peintre et un fils de pute. Die­go Ri­ve­ra m’a trom­pée avec la terre en­tière, dont ma propre soeur, et mal­gré ce­la, je l’ai épou­sé une se­conde fois, deux ans après le di­vorce. J’ai fi­ni par m’en dé­ta­cher en me sui­ci­dant. “Fri­da” de Hay­den Her­re­ra (éd. Flam­ma­rion). “Fri­da Kah­lo/Die­go Ri­ve­ra - l’art en fu­sion”, mu­sée de l’Oran­ge­rie, Pa­ris 1. À par­tir du 9 oc­tobre. mu­see-oran­ge­rie.fr “Fri­da Kah­lo : at­ten­tion, pein­ture fraiche”, théâtre Dé­ja­zet, Pa­ris 3. À par­tir du 9 oc­tobre. de­ja­zet.com

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