In­va­der s’en­voie en l’air

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COMME LA TERRE EST TROP ÉTROITE, L’AR­TISTE A REN­VOYÉ SON HÉ­ROS CHEZ LUI, DANS L’ES­PACE, AC­COM­PA­GNÉ D’UNE CA­MÉ­RA.

Ses voi­sins pensent qu’il est car­re­leur. Pion­nier du street art fran­çais, In­va­der a co­lo­ni­sé le monde avec son oeuvre en dé­cli­nant les icônes des pre­miers jeux vidéo en mo­saïques pour les col­ler en­suite dans l’es­pace pu­blic. Der­nière fo­lie ? L’es­pace, le vrai. Ren­contre avec un ex­tra­ter­restre.

Ton Space In­va­der ne se plai­sait plus sur Terre ?

Je rê­vais de conqué­rir l’es­pace sans être en contact avec la Na­sa ! Pen­dant trois mois, mon ate­lier s’est trans­for­mé en un im­mense bor­del pour la construc­tion du sys­tème. Avec la pré­pa­ra­tion du film qui re­trace l’aven­ture, il y a un an de tra­vail. J’aime in­ves­tir des ter­ri­toires où l’on n’at­tend pas for­cé­ment que l’art soit pré­sent.

Pour­quoi tu conti­nues d’avan­cer mas­qué ?

À l’ère de la sur­mé­dia­ti­sa­tion, je consi­dère que c’est un beau geste de pré­fé­rer mon­trer mon tra­vail plu­tôt que mon vi­sage. Il y a un as­pect su­per­hé­ros dans le fait d’oeu­vrer dans les rues, la nuit.

Quel est le but de ton oeuvre pixel­li­sée ?

C’est une in­va­sion ar­tis­tique pa­ci­fique. Du­champ a dit que l’art est un jeu, alors j’ai ré­cu­pé­ré une icône des jeux vidéo pour créer le mien, avec mes règles, l’ob­ses­sion du score et de la re­cherche du spot par­fait.

Comment te po­si­tionnes-tu dans le street art ?

J’ai un rap­port amour-haine avec ce mou­ve­ment que j’ai vu naître à l’époque des Zevs, Bank­sy, She­pard Fai­rey... Je m’y as­so­cie plei­ne­ment, mais les choses ne sont plus comme avant : beau­coup d’ar­tistes s’y mettent juste parce que c’est à la mode.

Comme She­pard Fai­rey (Obey), pour­rais-tu mettre ton Space In­va­der au ser­vice d’un politique ?

Je ne veux pas être aus­si fron­tal. Le street art est dé­jà un acte politique : c’est une prise de po­si­tion de tra­vailler illé­ga­le­ment dans les rues.

Tes fans collent leurs Space In­va­ders dans la rue. L’as­pect par­ti­ci­pa­tif de ton tra­vail est im­por­tant ?

J’édite des “kits d’in­va­sion” avec une mo­saïque qu’on peut col­ler chez soi ou dans la rue. Beau­coup de gens font aus­si des sa­fa­ris pho­to pour les re­trou­ver. Je dé­ve­loppe aus­si un es­pace sur mon site qui per­met­tra aux gens d’y pu­blier leurs cli­chés.

Les pro­jec­tions du film sont pu­bliques, pour­quoi ?

Par gé­né­ro­si­té. Il se­ra pro­je­té plu­sieurs fois dans la nuit. J’es­père que beau­coup de gens pour­ront le voir.

1. L’ate­lier où naissent les en­va­his­seurs. 2. Le film “Art 4 Space” se­ra pro­je­té à l’es­pace Pierre-Car­din (Pa­ris 8) le 7 oc­tobre, de 21 heures à mi­nuit. En­trée libre et gra­tuite. space-in­va­ders.com. Sor­tie le 14 oc­tobre. 3. In­va­der avance mas­qué. 4. L’in­va­sion a aus­si tra­ver­sé l’At­lan­tique.

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