Hip hip hop ho­neys !

Be - - SOMMAIRE - — ANNE- LAURE GRIVEAU

CLES DANSEUSES HOT DES CLIPS DE RAP ET DE R’N’B INS­PIRENT LE PHO­TO­GRAPHE BRIAN FINKE. NOU­VELLES STARS ?

an­dy Shop” de 50 Cent, “Best I Ever Had” de Drake, “Fron­tin’” de Phar­rell, “Hey Pa­pi” de Jay-Z... Vidéo de hip-hop rime sou­vent avec ces filles qui dansent en mi­cro-top : les ho­neys. Ma­chisme ? Bu­si­ness, plu­tôt. Met­tez dans un clip une tri­po­tée de vi­deo vixens, comme on les ap­pelle aus­si (“vixen” si­gni­fiant “chi­pie”), et vous ren­drez très vi­sible, donc ren­table, n’im­porte quel na­vet rap­pé. En­fin, crise de l’in­dus­trie du di­ver­tis­se­ment oblige, les règles changent. Si les ho­neys à suc­cès pou­vaient au­tre­fois très bien vivre du clip, elles sont au­jourd’hui très peu payées, voire pas du tout. Qu’est-ce qui les pousse alors à “boo­ty sha­ker” – et à être tou­jours plus nom­breuses à se pres­ser à ces cas­tings ? “Beau­coup es­pèrent que ce rôle se­ra une rampe de lan­ce­ment”, ex­plique le New-Yor­kais Brian Finke, qui leur consacre ac­tuel­le­ment un re­por­tage pho­to*. Elles rêvent en ef­fet de faire comme leur idole, Me­lys­sa Ford, qui, après avoir dan­sé pour Jay-Z, Usher ou Sis­qó, est de­ve­nue co­mé­dienne. Ou comme Kar­rine Stef­fans, de­ve­nue au­teure à suc­cès, no­tam­ment grâce à “Confes­sions of a Vi­deo Vixen” (éd. Har­perCol­lins), dans le­quel elle ra­conte la vie des danseuses et avoue avoir cou­ché pour ob­te­nir cer­tains rôles. Sex­ploi­tées, les ho­neys ? “Elles savent très bien ce qu’elles font, ex­plique Oli­vier Ca­chin, jour­na­liste spé­cia­liste du hip-hop. Dans ce mi­lieu, la sé­duc­tion fait par­tie du con­trat. Pen­dant le tour­nage... ou après.” Alors, pour se faire re­pé­rer et ga­gner un hy­po­thé­tique ti­cket pour la cé­lé­bri­té, les fi­gu­rantes donnent tout. Dans des cho­rés flir­tant par­fois avec le porn, elles tentent de s’ap­pro­cher au plus près du chan­teur et font tout pour ac­cro­cher la ca­mé­ra. Les réa­li­sa­teurs et les ama­teurs les ap­pellent “vi­deo-ho” (“ho” pour “whore”, “pute” en VF), et les pre­mières danseuses (celles qui ont un so­lo ou même, consé­cra­tion, un rôle) les dé­testent. Elles s’ap­prochent tel­le­ment que, par­fois, comme sur n’im­porte quel lieu de tra­vail, des couples se forment. Ri­han­na chante ain­si dans “Emer­gen­cy Room” avoir trou­vé dans la poche du jean de son ex, Ch­ris Brown, le nu­mé­ro de la dan­seuse Na­ta­sha El­lie, ac­cu­sée d’être à l’ori­gine de leur sé­pa­ra­tion... “Chan­teurs comme danseuses, tous sont des pros sur le pla­teau. Les filles sont pour la plu­part mo­dèles et re­pré­sen­tées par des agents”, nuance Brian Finke. Et, à dé­faut de dé­cro­cher un vrai rôle ou un gros con­trat, “elles de­viennent égé­ries de marques ou épouses de rap­peurs, dans le meilleur des cas”, pré­cise Oli­vier Ca­chin. Mais pour une égé­rie, com­bien d’ano­nymes ? “Pour un Emi­nem, com­bien de rap­peurs qui ne per­ce­ront ja­mais ?” En ef­fet.

*brian­finke.com

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