Bru­shing po­wer

Be - - SOMMAIRE - —ALICE CHARAMEL

DLES SÉ­RIES AMÉ­RI­CAINES DE LA REN­TRÉE AC­CORDENT LE PRE­MIER RÔLE À DES FEMMES DE POU­VOIR. LEUR POINT COM­MUN ? UNE MISE EN PLIS À TOUTE ÉPREUVE.

e belles na­nas, au tem­pé­ra­ment bien trem­pé, qui ont de la suite dans les idées : voi­là la dé­fi­ni­tion des hé­roïnes té­lé amé­ri­caines d’au­jourd’hui. “The Good Wife”, “Bo­dy of Proof”, “Re­venge”, “Un­for­get­table”, “Bones”, “Jes­si­ca King” ou “Scan­dal” : à chaque fois, des filles à poigne y en­dossent des rôles au­tre­fois ré­ser­vés aux hommes (flic/mé­de­cin lé­giste/po­li­ti­cien), taclent les ma­chos et ne lâchent rien. Sur­tout pas leur bru­shing. Qu’elles soient blondes, brunes ou rousses, qu’il soit mi­nuit ou 6 heures du ma­tin, pas un che­veu ne dé­passe. En par­faites Fran­çaises, on reste in­ter­lo­quées par tant de so­phis­ti­ca­tion. Bien sûr, comme l’ex­plique le cher­cheur Mi­chel Mes­su dans son livre “Un eth­no­logue chez le coif­feur” (éd. Fayard) : “La coif­fure est une pré­sen­ta­tion de soi vi­sant un good loo­king es­sen­tiel dans le dé­ve­lop­pe­ment des rap­ports so­ciaux. « Bien pré­sen­ter » est tou­jours un gage de réus­site.” Pour au­tant, le bru­shing fait-il la femme de pou­voir ? Au-de­là des sé­ries té­lé­vi­sées, on sait bien que les Amé­ri­caines et leurs che­veux, c’est toute une his­toire. Sham­poings et pro­duits coif­fants-lis­sants-struc­tu­rants-tex­tu­ri­sants virent chez ces per­fec­tion­nistes gon­flées à bloc à l’ob­ses­sion quo­ti­dienne. Sur In­ter­net, les tu­tos de bru­shing US sont à mou­rir de rire vu que la fille qui ar­rive pour se faire bros­ser est mieux coif­fée avant l’opé­ra­tion que n’im­porte quelle Frenchy qui sort de sa salle de bains... “Le bru­shing en soi est une arme de sé­duc­tion, mais, chez nous, il est vo­lon­tiers plat et lisse, plus en dou­ceur, re­con­naît le coif­feur Ch­ris­tophe-Ni­co­las Biot. Sauf chez les wor­king girls des mi­lieux clas­siques comme la fi­nance ou le droit, pour qui le vo­lume dit en ef­fet la puis­sance.” Vous sa­vez ce qu’il vous reste à faire pour vous im­po­ser ? Un pe­tit coup de brosse ronde ou de fer à lis­ser, deux pschitts d’El­nett (dont le pa­cka­ging vient tout juste d’être ri­po­li­né par des street ar­tists), et, hop, vous êtes au top.

1. Emi­ly VanCamp, dans “Re­venge”. 2. Emi­ly Des­cha­nel, dans “Bones”. 3. Da­na De­la­ny, dans “Bo­dy of Proof”. 4. Ker­ry Wa­shing­ton, dans “Scan­dal”. 5. Amy Pri­ceF­ran­cis, dans “Jes­si­ca King”.

Gon­flées, des coif­fures à l’épreuve des mâles.

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