Alors, on aime ?

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CONNUS OU ANO­NYMES, CINQ LEC­TEURS LIVRENT LEUR AVIS TRAN­CHÉ SUR LES RO­MANS DE LA REN­TRÉE.

La pre­mière ligne du livre ?

“J’al­lais naître. Pour moi, l’en­jeu était de taille. Si c’était à re­faire, je naî­trais beau­coup moins – on naît tou­jours trop.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire…

Les huit pre­miers mois de la vie de l’au­teur.

Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ?

Mille ans pour mille pages. Ré­glo.

La phrase qui vous a mar­quée ?

L’art de la pun­chline est l’exer­cice pré­fé­ré de Yann Moix. S’il faut choi­sir : “Quant à moi, je vou­lais bien être le fils, mais à condi­tion de ne pas avoir de père. L’au­teur de mes jours, n’était pas, loin s’en faut, un de mes au­teurs pré­fé­rés.”

Une bonne rai­son de le lire ?

Se ras­su­rer sur le fait que les autres ont les mêmes né­vroses que nous.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

Je l’of­fri­rais à mon père bio­lo­gique, il y a tout ce que je pense de lui de­dans...

Note at­tri­buée ?

Pas de note, une cou­leur : rouge. Celle du ventre d’où l’on vient et de la rage d’écrire de l’au­teur.

Yann Moix, “Nais­sance” (éd. Grasset).

La pre­mière ligne du livre ?

“Tout ce que l’on aime de­vient une fic­tion.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire…

À l’oc­ca­sion d’un re­por­tage pour France 5, la Belge Amé­lie No­thomb re­tourne sur les terres de son en­fance, le Ja­pon. Ce sé­jour est bien plus qu’un al­ler-re­tour, c’est un voyage in­time au­quel nous convie celle qui, à l’âge de 5 ans, a quit­té le pays de ses mer­veilles.

Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ?

Deux heures.

La phrase qui vous a mar­qué ?

Il y en a quelques-unes. “Je pleure comme j’au­rais vou­lu pleu­rer à l’âge de 5 ans.” “Ses yeux tra­giques parlent une langue in­sou­te­nable.” “Je suis une as­pi­rine ef­fer­ves­cente qui se dis­sout dans To­kyo.”

Une bonne rai­son de le lire ?

Pour pas­ser des larmes au rire en moins d’une phrase.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À ceux prêts à s’en­vo­ler pour le Ja­pon en re­fer­mant ce livre.

Note at­tri­buée ?

Une note ? De musique alors. Ce livre est une chan­son douce.

Amé­lie No­thomb, “La Nos­tal­gie heu­reuse” (éd. Al­bin Mi­chel).

La pre­mière ligne du livre ?

“J’avais écrit une chan­son pen­dant la nuit. Et cette chan­son di­sait : mais comment oses-tu ?”

Ra­con­tez-nous l’his­toire…

Celle de Da­niel, cé­lèbre mu­si­cien pop, au sein d’une in­dus­trie mu­si­cale en chute libre. En pa­ral­lèle, le per­son­nage parle de sa vie avec Ra­chel, qui l’avait quit­té, et qui dé­cide sou­dain de re­ve­nir.

Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ?

Cinq jours.

La phrase qui vous a mar­qué ?

“Je ne me mas­tur­bais ja­mais mieux que de­vant le por­trait de cette fille qui joue dans « Crash » et Ra­chel m’y fai­sait im­man­qua­ble­ment pen­ser […].”

Une bonne rai­son de le lire ?

Dé­cou­vrir l’uni­vers de la musique vu de l’in­té­rieur.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À un ami qui aime la musique et les muses in­fer­nales.

Note at­tri­buée ?

A. C’est un bon bou­quin : l’écri­ture est fluide, le su­jet est in­té­res­sant et il y a des re­bon­dis­se­ments. Phi­lippe Djian, “Love Song” (éd. Gal­li­mard).

La pre­mière ligne du livre ?

“Com­men­cer par sa bles­sure, com­men­cer par ça – der­nier stig­mate d’un ca­po­ra­lisme au­quel Sa­mir Ta­har avait pas­sé sa vie à se sous­traire.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire…

Le ré­cit d’une ex­trême vio­lence so­ciale, où Sa­mir, fils d’im­mi­grés tu­ni­siens, contracte son pré­nom en Sam et pille l’iden­ti­té de son ami d’en­fance, juif, pour em­bras­ser une brillante car­rière d’avo­cat.

La phrase qui vous a mar­qué ?

Quand la mère de Sa­mir lui dit : « Sois un bon mu­sul­man. » Non pas au sens de “Fais bien tes prières”, mais au sens de “Ne te fais pas re­mar­quer, fonds-toi dans le dé­cor sans faire de bruit”.

Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ?

Quatre nuits.

À qui l’of­fri­rez-vous ?

À Ma­nuel Valls, en tant que mi­nistre des Cultes.

Note ?

A. Pour l’épais­seur nar­ra­tive de Sa­mir, sym­bole de toutes les trans­gres­sions – cultu­relle, so­ciale, sexuelle –, et pour l’hé­roïne fé­mi­nine. Ka­rine Tuil, “L’In­ven­tion de nos vies” (éd. Grasset).

La pre­mière ligne du livre ?

“Mère lave les cuillères.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire…

La vie d’une jeune fille de 18 ans à Seat­tle. Ida, sur­nom­mée Do­ra, est dé­lu­rée et très in­stable. Obli­gée de consul­ter un psy­cha­na­lyste, elle livre ses pen­sées sur la so­cié­té, son en­tou­rage et sa fa­mille. Elle se dit per­due entre deux mondes, ce­lui de l’en­fance et ce­lui des adultes.

Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ?

Une jour­née et de­mie.

La phrase qui vous a mar­quée ?

Plu­sieurs… J’ai ai­mé celles qui dé­crivent la vie et les fa­çons de par­ler de cette ado­les­cente car elles se rapprochent de si­tua­tions réelles que j’ai vé­cues.

Une bonne rai­son de le lire ?

La lec­ture est fa­cile et la ca­ri­ca­ture de la crise d’ado est co­mique.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À une bonne amie qui ri­go­le­ra elle aus­si de la fo­lie de Do­ra.

Note at­tri­buée ?

B+, ce livre m’a fait réa­li­ser qu’il y a des ados bien pires que moi ! “Do­ra la Dingue”, de Li­dia Yuk­na­vitch (éd. Denoël & d’ailleurs). En li­brai­rie le 10 oc­tobre.

AUDE PÉ­PIN Co­mé­dienne

STÉ­PHANE DE GROODT

Hu­mo­riste belge

CHARLES BOURDON, Chan­teur de Youn­gerSON

KA­RIM ACHOUI Avo­cat, fon­da­teur de la LDJM

GA­BRIELLE HAOUR

Ly­céenne

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