Dé­co : Mar­gaux Kel­ler, la jeune Mar­seillaise qui monte

Be - - SOMMAIRE - — MA­RIE FARMAN

LA DE­SI­GNER MAR­GAUX KEL­LER VIT DANS LE QUAR­TIER DU VIEUX-PORT. SON LOFT NOUS INS­PIRE DE GRANDES IDÉES POUR LES PE­TITS ES­PACES.

De­puis quelques mois, Mar­gaux Kel­ler, 26 ans à peine, crée le buzz dans le monde du de­si­gn, et les grandes en­seignes, comme La Re­doute, lui font les yeux doux. Le bu­reau Scri­ban qu’elle a créé pour l’en­seigne car­tonne de­puis deux sai­sons. Après cinq ans d’études de de­si­gn à Pa­ris, à Oli­vier de Serres (En­saa­ma) puis à l’École Boulle, elle fait ses armes au sein de l’agence de Phi­lippe Starck. Puis elle dé­cide de se lan­cer en so­lo et de re­des­cendre à Mar­seille, sa ville na­tale. Un choix mo­ti­vé par son amour pas­sion­nel pour la ci­té pho­céenne. “C’est une ville apai­sante, har­mo­nieuse, ins­pi­rante, sans ar­ti­fices, et sur­tout les gens y sont heu­reux de vivre, ça fait du bien !”, ré­sume-t-elle. Mar­gaux ima­gine des meubles et des ob­jets pra­tiques, dé­ca­lés et poé­tiques pour Ha­bi­tat, La Re­doute, Yves Saint Laurent Beau­té, la Mon­naie de Pa­ris... Son style lui vaut les hon­neurs de la presse et des édi­teurs, qui aiment “son cô­té frais, joyeux et l’élé­gance des formes qu’elle pro­pose”, pré­cise Pierre Fa­vresse, le di­rec­teur ar­tis­tique d’Ha­bi­tat. Comme beau­coup de jeunes de­si­gners, elle est par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible aux sa­voi­sa­voir-faire. Elle aime col­la­bo­rer avec les ar­ti­sans,

les ébé­nistes, les cé­ra­mistes ou les maîtres ver­riers. Il y a deux ans, elle a re­ta­pé ce jo­li loft avec ver­rière et poutres en bois, si­tué dans un des plus an­ciens im­meubles de Mar­seille. “C’était un en­tre­pôt à grains, le blé ar­ri­vait par ba­teau sur le Vieux-Port et était sto­cké dans cet en­droit, d’où la belle hau­teur sous pla­fond”, ex­plique-t-elle. Jeu­nesse oblige, son ap­par­te­ment lui sert aus­si de bu­reau-ate­lier. Dans la pièce prin­ci­pale se cô­toient ca­na­pé, table basse et mur d’ins­pi­ra­tion. Mar­gaux vit en­tou­rée de ses créa­tions, une bonne ma­nière de les tes­ter au quo­ti­dien. Elle coule ici des jours heu­reux avec son amou­reux et Pis­touille, son chat.

SA LE­ÇON DE STYLE

1. Mi­sez sur la lu­mière Élé­ment pri­mor­dial d’un in­té­rieur, elle per­met de créer de grandes sur­faces claires. Par exemple, pla­cez une lampe tour­née vers un mur blanc plu­tôt que vers la pièce pour un ef­fet éclat ga­ran­ti. Tra­vailler la lu­mière per­met de trans­for­mer un es­pace au­tant que si on chan­geait de meubles !

2. Met­tez en va­leur vos ob­jets pré­fé­rés Pour ce­la, jouez en­core une fois sur l’éclai­rage. À chaque lu­mi­naire, son at­mo­sphère : une lampe en pa­pier type Aka­ri d’Isa­mu No­gu­chi (en vente

chez Sen­tou) pour une am­biance “le­ver de so­leil au pays du Le­vant”, un lustre en verre strié pour une lu­mière à la fois gé­né­reuse et écla­tante, ou en­core une ap­plique en por­ce­laine pour un ef­fet ta­mi­sé. 3. Prô­nez l’apai­se­ment Mar­gaux conseille de ne pas se perdre dans le mul­ti­ma­té­riau. Con­crè­te­ment, ça si­gni­fie de ne pas mé­lan­ger plus de trois ou quatre ma­tières dif­fé­rentes, et de faire de même pour les cou­leurs. La sim­pli­ci­té épure l’es­pace et calme les es­prits. 4. Ayez la main lé­gère La cou­leur des murs est tou­jours un su­jet dé­li­cat. Comment choi­sir la bonne teinte sans as­som­brir ni se las­ser trop vite ? Comme Mar­gaux, on garde de grandes sur­faces blanches et on ap­plique une touche de cou­leur sur un mur sombre, afin de le ré­veiller. 5. Li­bé­rez vos murs Au lieu d’ac­cro­cher vos cadres, pla­cez-les au pied du mur ou dis­po­sez-les sur une fine barre de bois à hau­teur de bu­reau. Ce­la don­ne­ra un ef­fet moins ri­gide qu’un simple cadre au mur.

Mar­gaux Kel­ler, ins­tal­lée dans la ca­pi­tale eu­ro­péenne de la cul­ture,

a eu un coup de coeur pour cet ex-en­tre­pôt à grains qui lui

sert aus­si d’ate­lier.

Des ob­jets mi­ni­ma­listes et fonc­tion­nels pour jouer l’apai­se­ment sans sur­char­ger l’es­pace. À gau­che_ Une créa­tion de Mar­gaux Kel­ler : la bou­teille Bo­tu­ru qui s’in­vite à table ou s’ex­pose (CFOC, 190 €).

Console d’en­trée ou bu­reau d’ap­point, le Scri­ban qu’elle a ima­gi­né

pour La Re­doute (199,99 €).

Son trio de so­li­flores Ba­ry­ton pour

Ha­bi­tat (de 12 à 19 €).

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