Cin­quante nuances de gris

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Il sem­ble­rait qu’on ait ses pre­miers che­veux blancs de plus en plus tôt. Ce qui rend plus ur­gente la ques­tion de sa­voir quoi en faire. Ré­ponse ci-des­sous. Par Alice Elia.

LE PHÉ­NO­MÈNE

Les coif­feurs sont una­nimes : nous se­rions de plus en plus nom­breuses à avoir des che­veux blancs avant 30 ans. Un res­sen­ti confir­mé par une étude* qui ré­vèle qu’en Grande-Bre­tagne, 32 % des femmes dans la ving­taine se­raient concer­nées, contre seule­ment 18 % il y a vingt ans. Le constat a de quoi in­quié­ter. Mais, sur­tout, il ébranle des cer­ti­tudes bien an­crées. Tra­di­tion­nel­le­ment, les scien­ti­fiques consi­dé­raient que l’âge des pre­miers che­veux blancs (c’est-à-dire le mo­ment où les mé­la­no­cytes cessent de pro­duire les pig­ments don­nant leur cou­leur aux che­veux) était dé­ter­mi­né gé­né­ti­que­ment. Telle mère, telle fille. Mais, vu l’en­vo­lée ré­cente des chiffres, ils com­mencent à en­vi­sa­ger l’idée que le stress n’y soit pas pour rien. C’est en tout cas la convic­tion du hairs­ty­list John Frie­da, vé­ri­table gou­rou ca­pil­laire outre-Manche, qui a même in­ven­té un acro­nyme pour dé­si­gner cette ca­té­go­rie crois­sante de mal­chan­ceuses. Il les ap­pelle les Ghosts. Pas comme fan­tômes, mais comme “Grey Hai­red Over Stres­sed Twen­ty So­me­thing”. Tra­duc­tion : ving­te­naires ayant des che­veux blancs pour cause de stress ex­ces­sif. L’ar­gu­ment ? Le stress di­mi­nue les res­sources en vi­ta­mine B. Or des ex­pé­riences me­nées sur des rats montrent que, pri­vés de la­dite vi­ta­mine, leurs poils de­viennent blancs. Gloups. In­té­res­sés par la ques­tion, des cher­cheurs an­glais et al­le­mands ont ré­vé­lé, dans la re­vue de bio­lo­gie ex­pé­ri­men­tale “Fa­seb”, qu’ils avaient mis au point un trai­te­ment mi­racle, le PC-KUS, com­po­sé ca­pable de sti­mu­ler la pro­duc­tion d’en­zymes an­ti­oxy­dantes et donc de re­pig­men­ter les che­veux. Mais ce­lui-ci n’en est en­core qu’aux bal­bu­tie­ments...

LES SO­LU­TIONS

En at­ten­dant de pou­voir ou­vrir le cham­pagne, il faut bien se faire une re­li­gion. Les ca­cher ou les as­su­mer ? De plus en plus de (belles) filles dé­cident de les gar­der. Et la cri­nière sil­ver a ses adeptes chez les fa­shio­nis­tas, comme la top Kris­ten McMe­na­my, 48 ans, qui a ar­rê­té les co­los il y a huit ans. En­core faut-il avoir l’al­lure qui matche. Et se mettre en tête que, loin d’être une si­né­cure, ce genre de look de­mande beau­coup d’en­tre­tien. Et pour toutes les autres, chez qui les che­veux blancs ne sont pas un par­ti pris, quelles sont les so­lu­tions ? Le co­lo­riste Ro­main, de Ro­main Co­lors, pro­pose dif­fé­rentes op­tions... Le ba­layage, si on est châ­tain ou blonde : il nuance et fait dis­pa­raître les cou­pables dans les mèches plus claires. Le ton sur ton : il voile en trans­pa­rence pen­dant plu­sieurs se­maines, sans ef­fet ra­cines. L’in­con­vé­nient ? Les che­veux blancs res­tent sou­vent vi­sibles (en par­tie) et, entre-temps, on a quand même co­lo­ré ses che­veux (alors que cer­taines adorent leur nuance na­tu­relle). La “vraie” co­lo­ra­tion, en ap­pli­ca­tion ci­blée : tous les deux mois on teinte uni­que­ment les zones qui en ont be­soin, en es­sayant de ré­sis­ter au piège de co­lo­rer de plus en plus. Pour une opé­ra­tion ca­mou­flage at home, la hairs­ty­list Ma­ri­sol conseille de choi­sir plu­tôt une co­lo­ra­tion vé­gé­tale (en cas de ra­tage, elle est plus fa­cile à rat­tra­per par un pro) un ton plus clair que sa cou­leur (pour plus de na­tu­rel), qu’on ap­plique uni­que­ment sur les mèches en ques­tion.

*Pu­bliée en avril 2011 par le “Dai­ly Mail”.

Pré­fé­rence Mousse Ab­so­lue, L’Oréal Pa­ris, 14,90 €. Sham­pooing Sec Re­touche Éclat, Des­sange, 6,90 €. Mas­ca­ra Che­veux Ton sur Ton Cou­ver­ture des Che­veux Blancs, K pour Ka­ri­té, 4 nuances, 12,90 €. kpour­ka­rite.com. Ke­ra­tine Che­veux Blancs, Bio­cyte, 34 €.

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