LE FILM DU MOIS

Be - - TOUT DE SUITE -

“Qu’est-ce qui dé­conne chez nous ?” En pa­triarche d’une fa­mille qui part en su­cette, Leon s’in­ter­roge comme on lâche un sou­pir. Ses deux fils, Ch­ris et Franck, lui causent du sou­ci et, ajou­té au ta­bac, lui coûtent un pou­mon. Mon pre­mier in­carne le Mal, tai­seux mais sé­duc­teur. Il sort de taule après une peine de douze ans pour meurtre. Mon se­cond in­carne le Bien, l’ordre, la po­lice, humble ma­gni­fique, au vi­sage gen­til. Il aide son frère, lui file une piaule et un sous-job dans un ga­rage. Leur dua­li­té, thème clas­sique du film de gang­ster des an­nées 30, va bien sûr tour­ner au vi­naigre. Clas­sique aus­si, ce­lui du pas­sé qui colle tel un che­wing-gum, “truand tu as été, truand tu res­te­ras”. Par contre, leurs fa­meux “liens

GUILLAUME CANET RE­VI­SITE L’HIS­TOIRE DE CAÏN ET ABEL DANS “BLOOD TIES”. OH MY GOD !

du sang” (pour re­prendre le titre de l’oeuvre ori­gi­nelle si­gnée Jacques Maillot) corsent l’af­faire. Ch­ris et Franck mènent ain­si une danse re­la­tion­nelle faite de pe­tites loyau­tés et de grandes tra­hi­sons. Le film de Canet, à l’ac­tion du thril­ler, pré­fère une suc­ces­sion de scènes théâ­trales, de dia­logues et de champs-contre­champs pour un ef­fet loupe sur les émo­tions. L’exer­cice, par­fois ba­vard, crée l’en­nui à mi-film. Mais les scènes d’ac­tion re­donnent un pur coup de fouet. En­fin, bien meilleure que les ac­trices (Cotillard et Ku­nis, qui sur­jouent les pau­mées), New York tient ici l’un de ses plus beaux rôles.—

“Blood Ties” de Guillaume Canet. Avec Clive Owen, Billy Cru­dup, James Caan. En salles le 30 oc­tobre.

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