LES SOEURS ROUACH

Be - - PSYCHO -

Ka­ren, 24 ans, ré­dac­trice mode, et Lau­ra, 20 ans, étu­diante en fi­nance.

“Per­sonne ne nous croit quand on dit qu’on est soeurs, ex­plique Ka­ren. La seule chose qu’on a en com­mun, c’est un com­plexe sur nos hanches. Tout nous op­pose, de la ma­nière de pen­ser jus­qu’à notre look. Elle me trouve trop dé­jan­tée, moi je la trouve trop sé­rieuse. Je pense que c’est pour ça qu’on s’en­tend aus­si bien, nos dif­fé­rences de­viennent drôles : elle se moque de mon cô­té un peu snob, de mes his­toires sans queue ni tête, et moi je la chambre sur sa vie hy­per ran­gée. Quand on était plus jeunes, la dif­fé­rence d’âge de quatre ans se res­sen­tait beau­coup, mais en gran­dis­sant, on est vite de­ve­nues de vraies co­pines. Plus on avance dans l’âge, plus on est proches. Même si, du haut de mes 24 ans, je la vois tou­jours comme « la pe­tite ». Mon meilleur sou­ve­nir d’en­fance avec elle ? On jouait à « On s’échange » : une sorte de bro­cante à deux où l’on tro­quait les pires hor­reurs que nous pos­sé­dions comme une bague-co­quillage ache­tée sur une plage de Deau­ville contre une fi­gu­rine Kin­der Sur­prise. Ce que je lui en­vie ? Son per­mis de conduire. Je sais qu’elle est là pour moi, comme le prouve ce jour où elle m’a fait un bu­si­ness plan en ur­gence quand j’ai lan­cé mon site de vente en ligne (al­chi­mis­te­shop.com). Elle m’a ap­pris à me ré­veiller le ma­tin et à cui­si­ner des pâtes al dente. Je lui ai ap­pris qu’en 2013, on ne met­tait plus d’es­car­pins à bouts ronds, mais, elle, elle ne m’écoute pas... Je pense quele fait d’avoir une soeur donne vrai­ment plus d’as­su­rance, plus de confiance en soi. La mienne me rend beau­coup plus heu­reuse, parce que je me dis que si un jour, je n’ai plus au­cune amie, il me res­te­ra tou­jours ma soeur.”

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