“Une pé­riode d’es­sai de deux mois non ré­mu­né­rée ? Dé­goû­tée, j’ai pré­ve­nu l’ins­pec­tion du tra­vail”

Be - - SOCIÉTÉ -

“Une fois mes études de com­mu­ni­ca­tion ter­mi­nées, je dé­chante vite. La crise étant pas­sée par là, les places sont de­ve­nues très rares. Je fi­nis quand même par dé­cro­cher un en­tre­tien, dans la pub. Mais le ren­dez-vous tourne à la pro­po­si­tion abu­sive. Mon re­cru­teur me dit avec aplomb que le poste de chef de pub ne se­ra ré­mu­né­ré qu’à la com­mis­sion. En gros, pas de sa­laire fixe. Son ar­gu­ment ? « C’est un peu la­bo­rieux au dé­but mais c’est un énorme vec­teur de mo­ti­va­tion. » Je ré­flé­chis puis dé­cline l’offre quelques jours plus tard, sûre de trou­ver mieux. Un deuxième en­tre­tien pour le même type de mis­sion. Mais le re­cru­teur m’an­nonce vite la cou­leur : une pé­riode d’es­sai de deux mois non ré­mu­né­rée est obli­ga­toire. Je vois rouge et lui dis il­li­co que je ne tra­vaille­rai pas dans une en­tre­prise qui ex­ploite les jeunes di­plô­més en ga­lère. Il me sou­tient que sa pro­po­si­tion est lé­gale et que, de toute fa­çon, « c’est comme ça que ça marche ». Dé­goû­tée, je pré­viens l’ins­pec­tion du tra­vail. Les pro­po­si­tions abu­sives s’ac­cu­mulent. Bref, le coeur n’y est plus. Je dé­cide de ré­orien­ter mes re­cherches dans un sec­teur plus por­teur : le com­merce. Après huit mois d’in­ac­ti­vi­té, je dé­croche un job de ven­deuse puis de res­pon­sable bou­tique. Au­jourd’hui, je gagne mieux ma vie que si je m’étais obs­ti­née à cher­cher dans la com. Quand je vois tous ces jeunes à qui on n’offre que des stages ou des mis­sions mal­hon­nêtes, je me dis que j’ai fait le bon choix.”

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