SAVOIR AIMER

Be - - SEXE ET AMOUR - — GAËL L E BELLEGO

Il y a les er­reurs à ne pas faire et, en creux, les ef­forts à réa­li­ser. Condi­tion sine qua non de l’amour adulte : faire confiance à l’autre, car ce­la prouve qu’on a as­sez confiance en soi-même. En notre ca­pa­ci­té à lui plaire, à le re­te­nir. Da­vid Ri­cho met en garde : “Épier les faits et gestes de l’autre, même dans le but de le pro­té­ger, ce n’est pas de l’at­ten­tion, mais de l’in­tru­sion ou de la sur­veillance.” Aie confiance… crois en lui. Tout bé­nef. Yu­lia, 27 ans, té­moigne : “Avant Clé­ment, j’étais « contrôle » au lit. Su­rat­ten­tive à tout, mes bour­re­lets, mon ha­leine, mon souffle, à tem­pé­rer même mes or­gasmes. Avec lui, j’ai ap­pris à me lâ­cher. On s’en­traîne l’un et l’autre, on ose da­van­tage. Avec ce sentiment gri­sant de ne pas être ju­gés.” Il y a le re­gard po­sé sur l’autre, mais aus­si sur l’amour lui-même. Da­vid Ri­cho alerte contre le risque in­fan­tile de croire que ce sentiment est un dû. “Nous de­vons aban­don­ner cette il­lu­sion, car, à la moindre écharde, des réac­tions ex­ces­sives sont à re­dou­ter : l’im­pres­sion de s’être fait avoir ou cette convic­tion que le par­te­naire vous doit quelque chose.” Il faut aus­si ac­cep­ter l’autre en en­tier, avec ses qua­li­tés et ses dé­fauts. Da­vid Ri­cho pour­suit : “Vous ju­gez l’autre digne de confiance, com­pris et ap­prou­vé dans ce qu’il a d’unique. On sou­tient ses pas avec bien­veillance, même s’ils suivent un sen­tier peu fré­quen­té. On ac­cepte ses sen­ti­ments, même s’ils dé­rangent. On com­prend ses fai­blesses, même si elles ir­ritent.” Bon, tout ça sonne un peu pa­roles d’évan­gile. Rien n’em­pêche heu­reu­se­ment de cor­ri­ger le tir quand notre mec s’égare ! Mais avec tact. Y a-t-il un mo­ment de bas­cu­le­ment ? Un tour­nant de vie qui nous fe­rait pas­ser d’im­ma­ture à ma­ture ? Raphaëlle, 30 ans, en couple de­puis deux ans avec un pa­pa di­vor­cé, tente de ré­pondre : “De me re­trou­ver belle-mère, même si l’en­fant n’est pas le mien, ça donne de nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés. Ça élève, même dans sa relation à l’autre. On a les yeux moins ri­vés sur son pe­tit nom­bril, on se dé­centre. Si son fils a faim ou mal au ventre, on s’oc­cupe de lui. Et tant pis si on vou­lait cra­pu­ler à deux ou si j’avais en­vie de lire un bou­quin seule. On ver­ra plus tard. Rien ne rend plus adulte que d’avoir des mômes.” L’échec vaut éga­le­ment son pe­sant d’hor­mones de crois­sance. Une rup­ture, une im­passe, une bles­sure d’amour. En­core faut-il en ti­rer les conclu­sions. Notre psy Da­vid Ri­cho re­com­mande, en cas de dis­pute XXL ou de sé­pa­ra­tion, “de l’in­té­grer, sans re­non­cer à ex­pri­mer sa peine, et en le pre­nant comme une in­for­ma­tion. Plu­tôt que de jouer la vic­time et perdre le res­pect de soi (« Les mecs, tous des sa­lauds »), de se ven­ger ou de re­je­ter la res­pon­sa­bi­li­té sur l’autre”. D’abord, ça per­met d’évi­ter le script de ré­pé­ti­tion. En­suite, on bouge ses lignes in­té­rieures. Car, et voi­là l’idée maî­tresse, l’état adulte n’est pas fi­gé dans du for­mol. Ouf ! C’est un work in pro­gress pa­tient, per­ma­nent. Qui, on vous l’ac­corde, pour­ra don­ner à cer­taines quelques che­veux blancs. *Se­lon une étude de 2012 réa­li­sée par le Na­tio­nal Ins­ti­tute of Men­tal Health.

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