ON BAISSE LE VO­LUME

Des doigts en­flés comme des sau­cisses cock­tail, un ventre rond comme un bal­lon… ça vous rap­pelle quel­qu’un ? Pres­crip­tion de la mi­cro­nu­tri­tion­niste Va­lé­rie Espinasse pour dé­gon­fler fis­sa.

Be - - NUTRI - — AU­RÉ­LIE LAMBILLON

S’il est ha­sar­deux de pa­la­brer sur le su­jet, on fi­nit tou­jours par lâ­cher l’in­fo ain­si : “Je me sens toute gon­flée.” Un res­sen­ti qui tra­duit un trouble réel. Il se ma­ni­feste dans la ré­gion ab­do­mi­nale et s’ag­grave au cours de la jour­née, trans­for­mant un ventre plat au ré­veil à ce­lui por­teur d’un foe­tus de 6 mois au cou­cher. Un pro­blème qui af­fecte 2 femmes sur 3 de fa­çon ponc­tuelle et bé­nigne, 1 sur 5 de ma­nière ré­pé­tée et han­di­ca­pante (c’est une cause d’ab­sen­téisme au tra­vail), se­lon The Gut Foun­da­tion, un centre de recherche aus­tra­lien contre les ma­la­dies in­tes­ti­nales. Mais ce désa­gré­ment af­fecte éga­le­ment d’autres par­ties du corps : une bague qui serre, une che­ville ta­touée par l’élas­tique d’une chaus­sette, un pied bou­di­né dans un es­car­pin, des yeux de gre­nouille... n’en né­ces­site que 6 grammes. On sale donc trop, et on ou­blie aus­si que le sel se cache par­tout – char­cu­te­rie, fro­mage, plats pré­pa­rés, cé­réales, gâ­teaux in­dus­triels...

La sa­lade mixte reste le plat pré­fé­ré de celles qui sur­veillent leur ligne, sauf que les lé­gumes crus fer­mentent dans l’in­tes­tin et ra­len­tissent la di­ges­tion. Cuits, leurs fibres sont mieux di­gé­rées, donc moins ir­ri­tantes.

On croit à tort qu’il faut boire ex­ces­si­ve­ment pour éli­mi­ner. Or la ré­ten­tion d’eau n’est pas liée à un manque de li­quide, mais à sa li­bé­ra­tion dans les tis­sus. On veille donc à ne pas ab­sor­ber plus de 1,5 litre d’eau par jour, et on la pré­fère plate et peu mi­né­ra­li­sée.

On li­mite les cru­di­tés

On sur­veille sa consom­ma­tion de li­quide

Mé­lange d’eau et de lé­gumes char­gés en mi­né­raux, qu’on ne peut éli­mi­ner avant le cou­cher, et qui en­trave le drai­nage noc­turne.

Com­po­sées d’acides ami­nés, elles em­pêchent l’eau de fuir dans les tis­sus. Il est donc né­ces­saire d’in­clure des pro­téines en quan­ti­té suf­fi­sante dans tous les re­pas. Si un soup­çon de pou­let dans un pad thaï ne rem­place pas un steak, at­ten­tion à ne pas tom­ber dans un ré­gime ul­tra pro­téi­né. Et on pense à tou­jours les ac­com­pa­gner de lé­gumes cuits. Non car­ni­vore, on mise sur leurs sources vé­gé­tales, les lé­gu­mi­neuses (len­tilles, qui­noa), le fro­mage de so­ja, les oléa­gi­neux (noix, amandes, noi­settes).

Pour dé­tec­ter soi-même une in­to­lé­rance sans faire de prise de sang, on ex­clut pen­dant deux se­maines un ali­ment que l’on consomme beau­coup pour ob­ser­ver s’il y a une amé­lio­ra­tion de l’état gé­né­ral. Puis on passe à un autre pen­dant quinze jours, et ain­si de suite. Après, on les ré­in­tro­duit pro­gres­si­ve­ment en par­tant du der­nier.

Se­lon les pro­blé­ma­tiques, on se tourne vers des in­fu­sions de vigne rouge, d’ha­ma­mé­lis et de mé­li­lot (vei­no­to­niques), de pis­sen­lit et d’hor­to­si­phon (drai­nants).

On ou­blie la soupe du soir

On fonce sur les pro­téines

On recherche le cou­pable

On si­rote des ti­sanes

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